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Aztec fabrique en Haute-Savoie la première dameuse à pile à combustible

Dominique Largeron

Il s'agit d'un prototype dont l'industrialisation pourrait lui donner un avantage concurrentiel certain. Le fabricant de dameuses, Aztec, basé à Chavanod en Haute-Savoie s'est lancé, en compagnie de la société SymbioFcell, dans la fabrication de dameuses à piles de combustible. Ce serait la première dameuse zéro carbone au monde dans la mesure où l'hydrogène utile pour la pile serait de surcroît produit à l'aide de panneaux photovoltaïques installés à même les stations de ski. L'autonomie totale. Aztec sera présent au SAM.

Aztec fabrique en Haute-Savoie la première dameuse à pile à combustible

Des dameuses de piste avec des piles à combustible, propres silencieuses et respectueuses de leur environnement naturel, c'est possible.

Cette nouvelle génération de dameuses est en passe d'être signée du fabricant haut-savoyard Aztec basé à Chavanod. Son nom : “Galaxit” :il s'agit de l'adaptation électrique d'un modèle diesel. Il s'agit d'un « monstre » de cinq mètres de large doté à l'arrière d'une fraise et pesant pas loin de...dix tonnes !

Le premier prototype est en cours d'élaboration. Equipée de plusieurs moteurs électriques de forte puissance afin d'obtenir un véhicule aux performances équivalentes à la dameuse diesel, cette future dameuse disposera de la source d’énergie électrique fournie par une pile à combustible de 300 kW, l’énergie étant stockée dans des réservoirs hydrogène à haute pression.

Elle pourra fonctionner sans discontinuer pendant plus de dix heures par jour, cent jours par an, ne rejetant dans l'environnement montagnard que de l'eau.

Cette future dameuse électrique s’inscrit dans la démarche engagée par les stations de montagne pour proposer des sports d’hiver écologiquement plus responsables et durables. Actuellement, un certain nombre de stations se battent pour être les premières, dès la prochaine saison de ski, pour tester cette véritable innovation dans un monde où elles sont rares.

La réflexion va plus loin. L'idée est de rendre l'approvisonnement en hydrogène autonome. Ces dameuses à pile à combustible seraient approvisionnées par de hydrogène produit à même les stations de ski à l'aide ou non de panneaux photovoltaïques.

Une autonomie totale et locale : un rêve pour écolo qui devrait devenir réalité dès cet automne si les tests réalisés l'hiver prochain par la société Aztec, une start-up de quinze salariés créée en 2009, se révèlent positifs.

La pile à combustible sera fournie par une autre start-up de vingt salariés, elle, SymbioFCell, basée au Bourget-du-lac et qui est en passe de démarrer la première ligne de fabrication de piles à combustibles d'Europe.

Via un « pilote » d'abord, puis avec une ligne de fabrication capable de produire plusieurs centaines, puis plusieurs milliers de piles destinées à mouvoir dans un premier temps des véhicules à gros gabarit, comme les dameuses Aztec, mais aussi, dans un deuxième, des véhicules légers.

Mais d'abord qu'est-ce qu'une pile à combustible et quel est son intérêt ? Contrairement à la voiture électrique qui doit se recharger, elle permet de produire de l'électricité à partir de l'hydrogène avec l'insigne avantage de ne rejeter que de l'eau.

Son fonctionnement procède d'un simple processus électrochimique. On met d'un côté de l'hydrogène, de l'autre de l'oxygène. Tous deux se rencontrent à travers une membrane produisant des échanges de protons et donc de d'électricité. Il n'y a pas de combustion, et donc pas d'émission de CO2.

Avec un grand avantage par rapport aux batteries : l'autonomie est beaucoup plus grande et le temps de recharge guère plus long que celui que nous connaissons avec l'essence ou le diesel.

SymbioFCell a passé un accord avec l'Allemand Siemens qui disposait depuis 1920 à Grenoble d'une immense usine fabricant notamment des transformateurs haute puissance, en pleine reconversion.

Elle va donc utiliser en ce début 2012, entre 1 200 et 2 000 m2 de la superficie de cette usine pour commencer à produire des piles à combustible  « avec des possibilités importantes d'extension », précise Bertrand Chauvet, directeur marketing et développement de SymbioFcells.

Après les véhicules spéciaux, SymbioFcells compte bien dans un deuxième temps passer à la fabrication de piles à combustible pour les véhicules légers. A un coût qui ne soit pas prohibitif. Tout l'enjeu est là...

Publiée le 16 avril 2012 par LARGERON Dominique.
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