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J’ai testé… le dîner dans le noir !

Pascal Auclair

Aux frontières de l’insolite, le groupe Joa vient d’ouvrir à la Cité Internationale à Lyon, " La Table en Braille". Un voyage sensoriel surprenant et une expérience culinaire unique dans le noir absolu…

 J’ai testé… le dîner dans le noir !

Vous en avez vu de toutes les couleurs en cuisine ? Vraiment ? Alors, éteignez la lumière, coupez le courant et partez dîner… dans le noir.

Le concept, déjà développé avec succès dans quelques capitales européennes (Paris, Barcelone, Londres…), est en train d’alimenter la conversation des gastronomes lyonnais avec une idée simple et originale: découvrir les délices sucrés-salés concoctés par le chef (Laurent Trabelzini) dans l’obscurité la plus totale.

 Interdit aux claustrophobes

 Au sous-sol du Comptoir Joa, proche de la Salle 3000, à la Cité Internationale, il vous sera demandé en préambule de laisser au vestiaire tous vos objets susceptibles de générer le moindre halo de lumière : téléphone, briquet, jusqu’à la montre et ses aiguilles fluorescentes !

Après vous avoir dépouillé de tous ces ustensiles lumineux, la douce Manon vous demande ensuite de déposer délicatement la main sur son épaule. Puis, votre guide d’un soir, aveugle de naissance, lève le rideau et vous conduit jusqu’à votre siège dont vous prenez possession… à tâtons.

Dans cette atmosphère un brin lugubre (claustrophobes s’abstenir…), la première impression est… comment dire… déroutante ! Après quelques minutes d’accoutumance à l’obscurité, les plats s’enchaînent et tous vos sens sont soudain en éveil… à l’exception de la vue, évidemment !

L’ouïe vous permet de percevoir les chuchotements de vos voisins de table dont vous ne connaîtrez l’identité.

L’odorat et le toucher pour tenter de découvrir au nez et aux doigts les ingrédients bientôt ingurgités avec les mains, la découpe et le piquetage à la fourchette relevant de la mission impossible.

Le goût, enfin, pour que les papilles apprécient toutes les saveurs des plats composés par le chef.

 Tous les sens en éveil

 « On demande toujours avant de servir s’il n’y a pas d’allergie alimentaire ou d’ingrédients à éviter », précise Laurent Trabelzini. « Comme les clients ne voient pas les plats, on peut s’autoriser des associations que l’on ne mettrait pas sur une carte classique. On essaie aussi de jouer sur les textures pour tendre quelques pièges !».

Pour préserver l’effet de surprise, le menu est changé chaque mois. Lors de notre visite, il a fallu découvrir – sans trop de difficulté – la composition de l’entrée (saint-jacques, gambas, agrumes..), du plat principal (côte de bœuf, morilles, pommes grenaille) et du dessert (banane flambée, crème chantilly, glace vanille). Plus délicat, l’exercice de retrouver l’origine – et même la couleur - des breuvages servis dans des verres à pied en plastiques. Pas très sexy, certes, mais précaution fort utile lorsque votre charmante partenaire d’un soir renverse le verre et son contenant d’un geste maladroit !

 Menu unique à 42 euros

 Expérience excitante pour certains, hilarante pour d’autres, érotique pour les plus débridés, le dîner dans le noir ne laisse personne indifférent.

« L’idéal, c’est de venir en couple ou en groupe de six à dix personnes. La moitié des clients font la surprise à leurs invités », souligne le chef Trabelzini, qui privatise les lieux à l’heure du déjeuner à partir de 8 personnes sur réservation.

Sinon, le menu unique à 42 euros (deux verres de vin compris) est servi du mardi au samedi soir dans une salle de 24 couverts (chiffre évidemment invérifiable fourni par le chef).

A tester d’urgence pour chasser vos idées… noires.

Pascal Auclair

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La Table en Braille, 44, quai Charles de Gaule, 69006, Parking P2

Réservations au 04 72 39 92 31/www.table-enbraille.fr

Publiée le 27 avril 2016 par LARGERON Dominique.
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