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Le meilleur atout de la liaison ferroviaire Lyon-Turin : la crise...

Dominique Largeron

Tous ceux qui suivent le dossier de près en sont persuadés : on n'est pas passé loin de la catastrophe en ce qui concerne la liaison Lyon-Turin. Bruxelles a bien failli couper les vivres au projet. Heureusement, il est à nouveau relancé, recrédibilisé et plutôt bien parti désormais. Mais rien n'est encore gagné. Il faut désormais que Bruxelles vote des crédits pour les transports en Europe suffisamment copieux pour financer tous les projets en cours, dont le Lyon-Turin. Ce projet qui se retrouve en pleine concurrence avec un autre tunnel nord/Sud, cette fois, le Brenner a cependant un autre atout dans sa manche, alors que la crise commence à faire sentir ses effets : une fois lancé, il créera de 6 000 à 10 000 emplois dans la Région pendant dix à douze ans. L'argument choc.

Le meilleur atout de la liaison ferroviaire Lyon-Turin : la crise...

« Les Italiens ont fait une partie du chemin, je dirais même du calvaire ! » Tel est le salut apporté par le président « la Transalpine » à Mario Virano, au commissaire extraordinaire italien chargé de la liaison Lyon-Turin. Ce dernier était vendredi 2 décembre à Lyon l'invité de cette association créée par les collectivités de Rhône-Alpes et les décideurs économiques pour effectuer le lobbying le plus intense possible en faveur de la liaison ferroviaire sous les Alpes.

Celle-ci en a bien besoin. En témoigne le dernier épisode en date qui a bien failli faire définitivement capoter le projet. Bruxelles avait conditionné son apport financier au démarrage des travaux au Val de Suse, en Ialie où devait être construite la galerie d'exploration de La Maddalena. Les travaux ont bien débuté, mais dans une atmosphère de guérilla.

Surtout, précise le commissaire italien, Mario Virano, le vent a tourné depuis dans cette vallée où élus et populations étaient majoritairement contre le projet. « Un observatoire réunissant techniciens et élus a été mis en place. La méthode s'est révélée efficace puisque aujourd'hui la majorité des maires est favorable au projet dont neuf des onze localités directement concernées par le tracé, alors qu'ils y étaient auparavant opposés », explique Mario Virano.

On est donc passé tout près de la catastrophe, mais d'autres échéances suivent. Il va falloir d'abord que ces prochains jours, les 27 chefs d'Etat décident d'apporter les 40 milliards demandés par la Commission Européenne pour développer les infrastructures de transports en Europe. Pas obligatoirement gagné. « Je me souviens d'un conseil européen où Tony Blair avait obtenu la division par trois du budget transport de l'Europe en trois minutes ! », se remémore Bernard Soulage, vice-président chargé des transports à la région Rhône-Alpes.

Il faudra ensuite que le projet de Lyon-Turin soit effectivement doté : un financement indispensable dans la mesure où Bruxelles s'est engagé à prendre une part primordiale du projet : jusqu'à 40 %.

Outre l'évidence écologique, l'argument qui pourrait désormais le plus porter est celui de l'emploi. Des voix ne cessent de s'élever pour que, face à la rigueur qui étrangle la croissance, soit mise en place une relance économique européenne. Or, une part de cette relance, nous l'avons là sous nos yeux avec le Lyon-Turin.

C'est aussi la raison pour laquelle, le projet contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, la liaison ferroviaire transalpine n'est pas passée sous les fourches caudines de la rigueur italienne, encore accentuée avec l'arrivée du nouveau gouvernement de Mario Monti, comme le confirme Mario Virano : « Pour le gouvernement italien, le Lyon-Turin reste et restera une priorité ».

Pour 8,5 milliards d'euros, les travaux des 57 km de tunnel, entre Saint-Jean-de-Maurienne et le Val de Suse (hors voies d'accès) pourraient, si tous ces obstacles sont levés, commencer fin 2013. Une fois ceux-ci lancés, plus rien ne pourra arrêter le projet.

Les études réalisées montrent que les travaux, associés à la construction des accès, pourrait générer,de 6 000 à 10 000 emplois pendant dix à douze ans. Rien d'étonnant donc si La Transalpine entend accentuer ces prochains mois son lobbying pour assurer le coup de pouce final.

Reste une certitude pour l'heure : l'enquête d'utilité publique se déroulera du 16 janvier au 5 mars 2012. Malgré les obstacles, le train poursuit sa route...


Photo (DL) : Mario Virano, le commissaire extradordinaire italien, chargé par le gouvernement de Mario Monti de la liaison Lyon-Turin qui était à Lyon, vendredi 2 décembre à l'invitation de l'association « La Transapine ».

Publiée le 05 déc. 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 05 déc. 2011
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