Pour la 1ère fois depuis sa création : l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry atteint la neutralité carbone

Dominique Largeron

L'aéroport de Lyon-Saint Exupéry est entré cette année dans le top 25 des aéroports ayant atteint la neutralité carbone. Cela signifie qu'il a réussi à compenser intégralement sa consommation de carbone, soit 4 600 tonnes de CO2. Le fruit d'une stratégie qui vient de loin.

Pour la 1ère fois depuis sa création : l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry atteint la neutralité carbone

Emettant près de 5 % du carbone, le transport aérien est souvent montré du doigt sur le plan écologique. Ce n'est pas le plus gros responsable du changement climatique, mais la croissance du secteur au niveau mondial (de 5 à 6 % l'an) fait qu'il se retrouve souvent dans le viseur des ONG écologiques.

C'est la raison pour laquelle ses acteurs, du moins ceux qui ont compris l'enjeu, se veulent exemplaires dans ce domaine.

C'est le cas de l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry dont les responsables ont eu il y a dix ans assez de clairvoyance pour créer un poste de directeur du développement durable. Un service composé de cinq personnes dirigé par Lionel Lassagne.

Or ce dernier vient d'arborer le « V » de la victoire. Le Graal espéré par son service vient d'être atteint : la plateforme aéroportuaire est enfin arrivée à son objectif, la neutralité carbone. Ce qui lui permet d'arborer le diplôme ACA3+ (Airport Carbon Accreditation), délivré par l'organisme indépendant : Airport Council International Europe. Pour l'heure, seuls vingt-cinq aéroports à travers le monde peuvent se targuer d'avoir atteint ce niveau.

Ce diplôme concerne l'aéroport lui-même et ses services, mais aussi les 200 entreprises qui œuvrent au sein de la plateforme aéroportuaire

4 600 tonnes de CO2 compensées

Cela signifie que l'aéroport rhônalpin compense exactement, à hauteur de 4 600 tonnes de CO2, les émissions incompressibles de carbone, soit directement ou indirectement, à travers une démarche de compensation avec des ONG, comme on va le voir

Dans les calculs ne sont pris en compte que les avions lorsqu'ils sont au sol, pas lorsqu'il sont en vol.

La première action qui a d'abord été menée par l'aéroport a été de diminuer au maximum sa consommation énergétique liée au carbone : en n'utilisant, depuis 2012, que de l'énergie verte produite par la Compagnie Nationale du Rhône ; en développant un plan de déplacements inter-entreprise ; en faisant évoluer son parc de véhicules via l'acquisition de véhicules électriques ou GNV, ce qui pour ces derniers a nécessité l'installation d'une station de recharge.

Des bretelles de dégagement pour les avions

Des bretelles de dégagement rapide permettant aux avions de moins rouler sur le tarmac ont en outre été construites.

De même de nouvelles procédures intitulées CDM (Collaborative Decision Making) ont permis de réduire le temps d'attente des avions avant le décollage et la réduction du temps de roulage. Même s'il reste encore quelques avions les uns derrière les autres lors du rendez-vous lyonnais du matin, les avions décollent en général sitôt après avoir quitté leur stationnement : ce sont en effet les atterrissages, les décollages et le roulage qui produisent le plus de CO2.

Un nouveau système de chauffage, plus efficient, a également été mis en place.

Comme toutes ces actions ne suffisaient pas pour obtenir la neutralité carbone, une démarche a été engagée avec une ONG (le GERES), ce qui lui a permis d'acheter, à travers un programme CO2 Solidaire, des crédits carbone certifiés.

Une démarche de compensation à travers des projets mis en œuvre par cette ONG qui diffuse des solutions bas carbone qui à la fois améliorent les conditions de vie des populations et leur empreinte énergétique. Et ce à travers le développement de foyers de cuisson au Cambodge qui ont permis de sauver 1,8 millions de tonnes de bois et d'économiser 2,4 millions de TéqCO2 : une famille cambodgienne sur deux est en effet désormais équipée d'un tel cuiseur qui remplace le foyer à bois traditionnel, très polluant.

Et maintenant ? «  En faisant désormais partie du groupe Vinci, notre nouvel actionnaire, suite à la privatisation de l'aéroport, nous nous intégrons dans sa politique environnementale, ce qui va nous amener à renforcer encore nos actions », assure Lionel Lassagne.





Publiée le 29 mai 2017 par LARGERON Dominique.
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