"Le Bâtiment en zone de danger"

"Le Bâtiment en zone de danger"Jacques Blanchet, président de la Fédération du Bâtiment Rhône-Alpes.

" Conférences de presse, rencontres avec les élus, interventions auprès des parlementaires, échanges avec les maîtres d’ouvrage... Face à une conjoncture qui se dégrade et un niveau d’activité qui plonge, les Fédérations départementales du BTP et la FFB Rhône-Alpes multiplient les alertes sur la nécessité de relancer sans délai un secteur qui risque de décrocher et d’entraîner une chute brutale des emplois locaux.

Un secteur au bord du trou d’air

Les statistiques nationales du secteur sur les 5 premiers mois de l’année sont mauvaises avec une baisse de 14 % des mises en chantier, tant pour le logement que pour le non-résidentiel. Les derniers chiffres rhônalpins connus ne sont pas meilleurs avec -12% de logements mis en chantier sur un an à fin avril. Les autorisations de programmes, qui présagent de l’activité future, ne sont pas mieux orientées, donnant le sentiment d’être au bord d’un sérieux trou d’air, pouvant conduire à une irrémédiable et brutale chute de l’activité.

Jacques BLANCHET, Président de la FFB région Rhône-Alpes, a relayé le 20 juin dernier auprès de Sylvia Pinel, la Ministre du Logement, lors de son déplacement à Lyon, les attentes et demandes de la FFB, rappelant l’urgence de remédier à la panne sèche du secteur de la construction neuve : seulement 36 000 logements ont été construits sur l’année en Rhône- Alpes, 16 % en dessous de la moyenne annuelle de longue période (43 000 logements depuis 1975) !

Les mesures de relance à mettre en œuvre sans délai

C’est précisément pour éviter ce choc sur l’activité et l’emploi que les pouvoirs publics viennent de mettre en place un plan de relance du logement, articulé autour de 3 volets principaux : l’allègement normatif, la transition énergétique et la relance de la construction neuve.

Les annonces récentes sur la transition énergétique constituent une impulsion importante pour lancer le marché de la rénovation et notamment le CIDD porté au taux unique de 30% et le tiers financement. Pour l’éco-prêt à taux zéro, la responsabilité de l’éligibilité des travaux confiée aux entreprises RGE constitue une mesure très favorable au déploiement du produit. Il faut que le décret sorte rapidement !

Concernant la relance de la construction neuve, les mesures prises confirment le diagnostic fait depuis plusieurs années par la profession.

En jouant principalement sur le Prêt à Taux Zéro Plus (PTZ+) dans les zones B et C où les effets de levier de l’aide sont les plus grands et sur l’adaptation des paramètres du « Duflot » aux conditions du marché, le gouvernement, sous les contraintes financières qui s’imposent à lui, fait preuve de pragmatisme.

Parmi les autres mesures, on notera également l’ouverture du PTZ+ à l’ancien sous condition de travaux en zone rurale et le renforcement de la mobilisation du foncier.

L’ensemble de ces mesures est de nature à réduire le choc mais elles ne pourront pas produire d’effets immédiats. « La priorité doit être aujourd’hui à la rapidité de leur mise en œuvre, condition essentielle de leur efficacité », selon Jacques Blanchet qui ajoute que « les entreprises sont arrivées au bout de leur capacité de résistance. »

Maintenir l’investissement public local

La commande publique représente près de 30 % de l’activité pour le bâtiment et 70 % pour les travaux publics. Dans le nouveau contexte de réduction des concours de l’Etat, les inquiétudes sont grandes sur les arbitrages budgétaires auxquels les collectivités seront confrontées. Le BTP plaide pour que les économies ne se fassent pas au détriment des investissements productifs, créateurs de richesses et d’emplois locaux : 85 000 euros de travaux garantissent sur le territoire régional un emploi à plein temps pendant un an e tdeux emplois induits.

Stopper la complexité ingérable et contreproductive, à l’image du compte pénibilité

A l’occasion de sa rencontre avec Sylvia Pinel, Jacques Blanchet a rappelé qu’en Rhône- Alpes, 93% des entreprises ont moins de 9 salariés !

Les entrepreneurs vivent très mal la surproduction normative et particulièrement le nouveau compte pénibilité dont ils ne pourront pas gérer la mise en place : « A un moment où l’on tente de réduire les distorsions de concurrence européenne, le risque est d’inciter au recours de travailleurs détachés au détriment de l’emploi local.

La mise en place de ce compte pénibilité aboutirait à ce paradoxe de favoriser un modèle économique délocalisé que l’ensemble des acteurs souhaitent tous combattre, pouvoirs publics, entreprises et maîtres d’ouvrage. »

Après des mois de protestation et plus de 86 000 entrepreneurs qui ont signé la pétition FFB pour marquer leur opposition au dispositif, le gouvernement a annoncé le report partiel du dispositif au 1er janvier 2016.

La FFB a salué la prise de conscience du premier Ministre, mais le Président national Jacques Chanut a aussitôt ajouté que « dans la nouvelle concertation qui s’ouvre, la FFB ne baissera pas la garde et cherchera tous les moyens pour sécuriser les entreprises."

Publiée le 08 juil. 2014 par LARGERON Dominique.
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Commentaires

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la solution est politique[ 16/09/14 ]
Les politiques devraient se rémémorer le dicton "quand le bâtiment va tout va". Il est urgent d'entreprendre des réformes, et l'orientation vers la transition énergétique est en effet pleine de promesses. Je travaille à http://www.qualiconsult-formation.fr/ , et je peux en témoigner !


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