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La saison d’été contrastée : la montagne boudée, Lyon plébiscitée

Le point fort de Rhône-Alpes en matière du tourisme est la montagne (Savoie et Haute-Savoie) qui draine près de 60 % des touristes. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pic de fréquentation n’est pas l’hiver, mais août, suivi de juillet. Or, contrairement à l’année dernière où la montagne avait drainé les foules, cette année, hôtels, gites et camping n’ont pas fait le plein. Le mauvais temps de juillet ? Certainement. Mais pas seulement. En revanche, par un phénomène de vases communicants, le grand bénéficiaire de cette relative désaffection à été le tourisme urbain, avec Lyon en grand vainqueur.

En cette fin de saison d’été, les opinions des professionnels du tourisme en montagne illustrent amplement le phénomène : seulement 63 % d’entre eux estiment avoir connu une bonne fréquentation en juin, juillet et août, contre une moyenne rhônalpine de 71 % (*). A comparer avec le taux de satisfaction enregistré l’année dernière : 68 %.

Très décevant pour les hôteliers ou restaurateurs qui s’attendaient, au contraire à une très belle saison, suite au reflux vers l’Hexagone des touristes se rendant habituellement au Maghreb.

La raison de cette désaffection de la montagne tient bien sûr d’abord au mauvais temps qui a marqué juillet. Rédhibitoire. Plus d’un tiers des touristes fréquentant la montagne l’été sont des Rhônalpins, or, ceux-ci vivant sur place décident d’ordinaire de leur destination au dernier moment. On comprend mieux cette relative désaffection pour la randonnée, mais et surtout les lacs qui par beau temps drainent les foules. Autre déception, les dix jours de canicule d’août n’ont pas réussi à changer la donne.

Mais selon Marc Béchet, directeur de Rhône-Alpes Tourisme, le bras armé de la région dans ce domaine, là ne réside pas la seule raison de cette (relative) désaffection estivale. Il constate en effet que les professionnels qui avaient investi pour monter en gamme ou qui ont mis au point un système de pass attractif, de prix attrayants, ou qui, tout simplement, ont fait preuve de créativité et qui le font savoir sur Internet, s’en sont, eux, plutôt bien tirés. Ceux qui se sont reposés sur leurs seuls lauriers passés ont plus souffert.

Outre la Drôme et l’Ardèche qui ont cette année bénéficié d’une forte activité (neuf professionnel sur dix se félicitent d’une bonne affluence entre juin et août), la grande destination gagnante de cet été 2011 a été…Lyon !

Cela fait plusieurs années que dans la foulée du classement au patrimoine mondial de l’Unesco la capitale des Gaules voit sa fréquentation croître. Mais cette année, elle se présente comme la grande gagnante. Lorsque le temps est mauvais, on se replie sur la ville, les musées, les monuments à visiter : neuf professionnels sur dix s’affichent satisfaits de la fréquentation de l’été (contre 69 % en 2010). Et précise Marc Béchet, ce plébiscite émane aussi bien de la clientèle française qu’internationale.

Ce bel été touristique lyonnais a aussi été tiré par les manifestations culturelles, à commencer par les Nuits de Fourvière qui ont connu une fréquentation en hausse de 10 % avec 133 000 entrées. Cette affluence s’est répercutée sur l’hôtellerie haut de gamme quatre et cinq étoiles, notamment, qui a vu son chiffre d’affaires hébergement (le RevPar, revenu par chambre), croître de 17 % en juin, dernier chiffre connu.

Au bilan, la saison estivale a drainé à Lyon 1,5 million de touristes générant 2,5 millions de nuitées, soit la moitié des nuitées annuelles du Rhône. Avec, côté clientèle étrangère un trio de tête composé des Néerlandais, des Allemands et des Anglais.

Un point commun néanmoins relevé par tous les professionnels du tourisme : le maintien du refrain entendu depuis près de quatre ans : les touristes consomment de moins en moins, le panier moyen par touriste diminuant une nouvelle fois cette année. Durée de séjour moins longue, tentatives de négociation sur les prix, moins d’achats, des commandes réduites au minimum au restaurant : la saison a une fois de plus reflété la crise.

Globalement, sur l’ensemble de la région Rhône-Alpes, cette saison d’été, si elle se révèle décevante en montagne, a tout de même été satisfaisante pour près de deux professionnels sur trois (71 % très précisément). Avec à la clef, un million de nuitées en plus par rapport à l’année dernière. Même s’ils restreignent leur consommation, les Français ont toujours pour objectif n°1 de continuer à prendre des vacances.

(*) Sondage Ipsos pour Rhône-Ales Tourisme auprès de 703 professionnels, via trois vagues d’enquête en juin, juillet et août, méthode des quotas.

Photo (RAT) : Malgré la vogue grandissante de la randonnée et des sports spectaculaires comme le canyoning (ici, dans le Vercors), la fréquentation touristique a été décevante en montage cette année.