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Philippe Grillot prépare le recentrage de la CCI de Lyon

Le 21 septembre prochain, Philippe Grillot, le nouveau président de la CCI de Lyon, élu en décembre dernier présentera son bilan de mandat pour la période 2011/2015. Il s’appuiera pour ce faire sur une vaste enquête baptisée états-généraux des entreprises qui a permis à 2 000 chefs d’entreprises d’exprimer leur attentes. Le nouveau président est bien décidé à en tenir compte, ce qui devrait faire évoluer la grande machinerie consulaire. Ce qui se dessine en filigrane est une manière différente de gérer les ressources de la CCI. Dans le même temps, le nouveau président entend assumer pleinement les fonctions régaliennes de la Chambre, à commencer par la gestion de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry. L’appel d’offres visant à sa privatisation est lancé et les grandes manœuvre vont pouvoir débuter…

Philippe Grillot débute son mandat sous de meilleurs auspices que prévu. Il était convenu que dans la cadre de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), le budget des CCI devait baisser de 5 % pendant trois ans. Or, avec la reprise économique et par un effet d’assiette, le nouveau président de la CCI a eu le bonheur de constater que les ressources tirées de la taxe additionnelle rentraient beaucoup mieux qu’annoncé.

Cela mettra incontestablement de l’huile dans les rouages de son plan de mandat 2011/2015 que le président élu sur la liste de la CGPME, annoncera le 21 septembre prochain.

Pourquoi neuf mois après son élection ? Parce qu’il voulait auparavant interroger ses ressortissants pour savoir ce qu’ils attendent véritablement d’une CCI. Dans le cadre de ce que l’organisme consulaire a baptisé les « états généraux de l’entreprise », près de 2 000 chefs d’entreprises et commerçants ont ainsi été interrogés.

Le bilan n’est guère flatteur pour la CCI de Lyon : seuls 27 % des chefs d’entreprise savent à quoi sert une CCI ! Un manque évident de lisibilité s’est fait jour. Pour Philippe Grillot qui pratique la litote, « La notoriété de la CCI reste à conquérir. »

Autre constatation : les entreprises et pas seulement les plus petites ont exprimé un véritable besoin d’accompagnement de manière continue tout au long de leur existence. Et ce, sous trois formes : la mise en relation avec les différents réseaux qui existent, à l’instar, par exemple des clusters et autres pôles de compétitivité : « elles recherchent les bons réseaux pour faire du bon business ». Elles expriment également un vrai besoin de conseil et de formation.

Enfin, la gestion des ressources territoriales ne sont pas jugées satisfaisantes dans les domaines des transports en commun et de l’enseignement professionnel et supérieur pour les chefs d’entreprise industriels et de services ; en ce qui concerne le foncier et les locaux commerciaux pour les commerçants.

Les commentaires effectués par Philipe Grillot sur ce sondage montrent en filigrane le recentrage qui s’annonce et que devrait traduire le plan de mandat.

Il se dessine une CCI qui veut rompre avec l’image « d’assemblée de notables » qui lui colle à la peau et dont les trois maîtres-mots seraient désormais « écoute, solidarité et humilité ». On a souvent reproché, à la CCI à travers ses différentes actions, de capter, avec l’argent public, les marchés des consultants et des sociétés de services installées sur les mêmes secteurs. Pour Philippe Grillot : «Notre rôle est simplement d’amorcer, pour ensuite, non pas créer une nouvelle structure au sein de la CCI, mais de passer ensuite le relais aux sociétés et consultants spécialisés. » Ce qu’il entend mettre en œuvre dès maintenant avec la nouvelle priorité mise en avant : la veille économique des entreprises.

Pour Philippe Grillot, « les vrais patrons de la CCI doivent devenir ses ressortissants, c’est la raison pour laquelle nous mettrons l’accent sur l’entrepreneuriat et la proximité : il nous faut casser le moule. » Ainsi, par exemple, chaque entreprise aura un référent au sein de l’organisme consulaire.

Pour le reste, le nouveau président entend bien conserver les fonctions régaliennes qui sont celles de l’organisme consulaire, à commencer par la gestion de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry qu’elle pourrait perdre lors du processus de privatisation qui va effectivement s’enclencher à partir de la mi-juillet.

Philippe Grillot entend mettre la CCI dans tous les projets susceptibles de répondre à l’appel d’offres de l’Etat. Pour que l’aéroport continue d’être géré en fonction des intérêts économiques de la région et non pas selon d’autres contingences extérieures.

Pour mieux peser dans les grandes manœuvres cruciales qui vont démarrer, Philippe Grillot a pris en février dernier la présidence du CASA, l’association qui regroupe les CCI gestionnaires d’aéroports. Un levier qui pourrait se révéler bien utile !

Photo (Jean-Jacques Reynal)Philippe Grillot (au premier plan) et son bureau qui sera chargé de mettre en œuvre le plan de mandat: « Trois maîtres-mots : écoute, solidarité et humilité ».