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Economie de la culture en Rhône-Alpes : le spectacle vivant absorbe 50 % des crédits de l’Etat, le patrimoine, 19 %

Le nouveau préfet de la région Rhône-Alpes se félicite que la culture soit cette année l’un des rares budgets à ne pas subir les effets de la rigueur. Il augmente en 2011 de 2,29 %. Double bémol néanmoins : la plus grosse part de cette hausse bénéficie à l’Opéra de Lyon et au TNP de Villeurbanne. D’autre part, si près de 50 % de ce budget de 70 millions d’euros bénéficie au spectacle vivant, les troupes verront néanmoins pour la plupart leurs ressources diminuer car s’agisssant de financements croisées, les collectivités ont, pour un certain nombre d’entre elles, diminué leurs aides. Avec 13,50 millions d’euros, soit 19 % de l’enveloppe, le patrimoine représentera cette année 90 chantiers soutenus par l’Etat.

L’un des plus petits budgets de l’Etat, la culture, ne passera pas sous les fourches caudines de la rigueur, contrairement à la majorité des autres. Ce dont se félicitent d’une même voix Jean-François Carenco, nouveau préfet de la région Rhône-Alpes et Alain Lombard, directeur dela DRAC (Direction régionale des affaires culturelles).

Ainsi, en 2011, le budget alloué par l’Etat à la culture en Rhône-Alpes s’établit à près de 70 millions d’euros. En prenant en compte les crédits d’investissement, cela représente une hausse de 2,29 % par rapport à 2010. Une des raisons de cette hausse que l’on ne trouve pas dans la plupart des autres ministères est que le gel de 5 % appliqués aux crédits de l’Etat, comme réserve de précaution, n’a pas été appliqué à la culture.

Il reste que si près de 50 % de ces crédits vont au spectacle vivant (le théâtre, la danse, la musique le cirque, etc.), soit 35,26 millions d’euros, les troupes ne verront pas pour autant, pour la plupart, leur budget se maintenir cette année.

La hausse dont bénéficie le spectacle vivant ne s’établit elle qu’à 1 %, soit 400 000 euros. La plus grosse part de cette hausse bénéficiera à l’Opéra de Lyon, gros consommateur de crédits (+ 60 000 euros cette année) et au TNP de Villeurbanne qui réouvrira ses portes après gros travaux en novembre prochain (+ 150 000 euros). Des travaux pour lesquels l’Etat aura investit au total 500 000 euros en trois ans.

D’autre part, de nombreuses collectivités ont diminué cette année leurs écot à destination de ce même spectacle vivant.

Après le spectacle vivant, le patrimoine, avec près de 19 % de ce budget, soit 13,50 millions d’euros, est le second budget culturel. Il est en hausse de 2 %. Comme pour le spectacle vivant, il pèse lourd en termes d’emplois car fait vivre, avec l’apport des collectivités, bon nombre de PME et de TPE, très spécialisées, dans les métiers d’art notamment. Ainsi, près de 90 chantiers en 2011 seront soutenus par l’Etat. Engagé depuis plusieurs années, l’un des plus prestigieux, celui de la restauration extérieure de la cathédrale Saint-Jean à Lyon, s’achève cette année. La prochaine étape sera celle de la réhabilitation intérieure.

A noter que 25 % du total des crédits dédiés au patrimoine bénéficeront aux châteaux ou aux monuments appartenant à des propriétaires privés (château de Longpra ou couvent de la Tourette, par exemple) . Mais là encore, il s’agit le plus souvent-pour les monuments publics, du moins- de financements croisés avec les collectivités locales qui n’ont pas toujours les moyens de leurs ambitions et deviennent chiches de leurs deniers.

Enfin, un budget de 13 millions d’euros (+ 6 %) est consacré à la « démocratisation culturelle ». En priorité, les actions menées concernant l’enseignement supérieur et spécialisé et d’éducation culturelle et artistique. Trois nouveaux programmes seront en outre consacrés « à l’action culturelle en milieu rural, aux nouvelles pratiques numériques des jeunes et à la diversité culturelle et au dialogue interculturel, dans le cadre de la politique de la ville », précise Alain Lombard, directeur de la DRAC. Ils donneront lieu à des appels à projets. Voilà qui devrait susciter l’émulation des nombreuses structures suceptibles d’être concernées en Rhône-Alpes…

Illustration : Les deux principaux budgets de la culture en Rhône-Alpes sont le spectacle vivant (en bleu), soit près de 50 % de l’enveloppe dédiée et le patrimoine (en vert) soit 19 %.