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Florence Poivey, lauréate Rhône-Alpes-Auvergne 2010 de la Victoire des Autodidactes

Ce prix quelque peu hors normes récompense les chefs d’entreprise autodidactes ayant particulièrement réussi. Le jury a distingué cette année le traiteur intraitable Pierre Martinet ( Saint-Quentin-Fallavier, prix spécial du jury), Paul Lardet (Tedral Environnement à Yssingeaux en Haute-Loire), coup de cœur de ce même jury ; et surtout une femme, Florence Poivey, lauréate régionale 2010 qui dirige Union Plastique, à Saint-Didier-en-Velay. Un prix qui témoigne d’un parcours d’exception, à la fois personnel et entrepreneurial.

Une fois n’est pas coutume : c’est une femme qui triomphe cette année dans le Trophée qui met en concurrence des patrons et en l’occurrence des patronnes sans (ou ayant peu de formation) ayant réussi : la Victoire des Autodidactes Rhône Alpes Auvergne dont les prix ont été remis lundi 6 décembre à l’Hôtel-de-Ville de Lyon.

C’est une femme de 63 ans, mariée, trois enfants, qui triomphe cette année. Autre originalité, sa société, Union Plastique est basée en Haute-Loire, à Saint-Didier-en-Velay, mais elle demeure à Lyon avec son époux, lui aussi chef d’entreprise.

Rien ne prédisposait cette petite fille élevée en Suisse par une mère veuve et courageuse à vivre une vie faite d’aventure et de passion.

A 18 ans, avec en poche pour seul viatique une « maturité cantonale » (le bac suisse) Florence Poivey part à la conquête de l’Australie, de l’Arabie Saoudite puis du Liban.

Elle se découvre une passion pour ce dernier pays et a l’opportunité, en tant qu’assistante d’un avocat de suivre la création de l’université de Riyadh.

De retour en France…sept ans plus tard, elle continue à défendre la cause des Chrétiens du Liban mais se sent parallèlement attirée par le monde de la politique. Elle entreprend alors le tour de France des congrès des partis à l’exception du FN et des communistes pour se faire une idée des projets des uns et des autres !

Sa personnalité va séduire un homme politique français qu’elle épouse et s’installe en 1983 en Haute-Loire à Yssingeaux où elle va élever ses trois enfants.

1988 constitue un nouveau tournant dans sa vie : son beau-père est actionnaire d’une société de plasturgie spécialisée dans la production de pièces plastiques pour les industries vétérinaires, pharmaceutiques et médicales dont le garant souhaite passer la main.

Florence se voit proposer la direction d’Union Plastic, une entreprise de 11 personnes qui réalise un chiffre d’affaires de 600 000 euros.

Elle a 35 ans et aucune expérience du management. Elle accepte parce que son frère, architecte, décide de partir avec elle dans cette aventure.

Elle découvre très vite que si l’aspect économique l’intéresse, c’est surtout l’aventure humaine qui la motive. Sa devise «  grandir et faire grandir ensemble » sera le ciment de sa démarche qui consiste à mettre en permanence en éveil les talents que chaque collaborateur de l’entreprise porte en lui.

Et chez elle, ce ne sont pas que des mots : elle développe au fil des ans avec ses salariés des projets exceptionnels : une comédie musicale, un défilé de mode à partir de produits de l’entreprise, une ascension du Mont Blanc avec seize participants tous arrivés au sommet, une sculpture monumentale ou encore un déplacement massive (33 personnes) au Marathon de New York, sans oublier des opérations caritatives avec l’Afrique !

Cet engagement humain qui guide en permanence les salariés d’Union Plastic ne s’est pas fait, comme on pourrait le craindre, au détriment de la prospérité de l’entreprise.

La petite société de onze personnes en 1988, compte aujourd’hui cent soixante collaborateurs. Elle s’est déplacée d’Yssingeaux à St-Didier-en-Velay où elle dispose désormais de deux sites de production représentant au total plus de 10 000 m2…

Le chiffre d’affaires n’a cessé d’augmenter : 4 millions d’euros en en 1997 ; 11,8, en 2003 ; 18,4, en 2008. Il devrait atteindre 20 millions d’Euros en 2010 plaçant Union Plastic dans le peloton de tête des entreprises françaises dans son secteur d’activité.

La Fédération Nationale de la Plasturgie ne s’y est pas trompée : elle vient de confier à Florence Poivey la vice-présidence en charge des richesses humaines de la profession.

Au fil des ans, la petite fille qui depuis sa Suisse natale voulait découvrir le monde, a pris conscience qu’elle avait en elle des ressources qu’elle ne soupçonnait pas et n’a pas hésité également à faire évoluer sa vie personnelle.

Installée à Lyon depuis 2004, elle partage désormais la vie d’Yves Poivey, lui-même chef d’entreprise et très engagé comme elle dans la fondation d’entreprises «  Emergence ».

Photo (DR) : Florence Poivey, lors de la remise de la Victoire des autodidactes, à Lyon, en présence des deux autres lauréats, Pierre Martinet (à gauche) et Paul Lardet.