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Conseil régional : 35 millions d’euros pour soutenir la filière photovoltaïque

Près de 400 emplois à la clef : le Conseil régional veut soutenir le développement de l’industrie photovoltaïque. En accompagnant financièrement le développement de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) à Chambéry et celui de deux sociétés, Solsia et Adixen.  La première veut percer dans les panneaux photovoltaïques en couches minces, la seconde dans les pompes à vide, indispensables dans le processus de fabrication des plaques de silicium.
Une filière engagée dans une compétition mondiale.

La filière photovoltaïque est un des chevaux de bataille du Conseil régional Rhône-Alpes. On devrait le constater le vendredi 4 décembre lors de l’assemblée pleinière réunissant les conseillers régionaux à Charbonnières. Le rapport  portant sur le soutien financier à la filière photovoltaïque devrait passer comme une lettre à la poste. Plus facilement sans doute que les débats qui s’annoncent tendus sur la discussion du budget primitif qui s’affiche cette année à  2,4 milliards d’euros et reste étale pour cause de crise et de restrictions gouvernementales.

Jean-Jack Queyranne, le président de la région va demander leur feu vert aux élus pour apporter 35 millions d’euros à une filière qui a l’ambition de devenir n°1 hexagonale et de se frotter aux plus grands centres mondiaux. Il est vrai que ladite filière bénéficie de la présence en Savoie de l’Institut National de l’Energie Solaire (Ines) qui ne cesse de prendre du volume. Créé en 2005, cet Institut de recherche fait actuellement travailler 190 chercheurs. Ils devraient être près de 500 à l’horizon 2013/2014.

La Région accompagne cette phase II d’Ines à hauteur de 25 millions d’euros, au côté du Conseil général de Savoie et de l’Etat qui apporte la plus grosse part, en participant à un développement budgété à 250 millions d’euros.

Outre l’accélération de la recherche via la création de nouvelles plateformes de R & D au sein d’un « Solar innovation center », l’objectif est d’amplifier la création d’entreprises innovantes et le transfert de technologie vers les PME-PMI, en mettant en place un certain nombre de structures dédiées : incubateurs, pépinières, hôtels d’entreprises.
S’y ajoute un important volet formation à hauteur de 50 millions d’euros.

Pourquoi la région est-elle présente de manière aussi importante dans ce projet particulièrement lourd ? « 60 % des investissements de l’Institut du solaire bénéficient à l’économie locale », explicite le président de la Région.

A noter que le Grand Emprunt devrait également abonder ces chiffres car le développement d’Ines a été intégré dans le rapport remis par Michel Rocard et Alain Juppé.

Mais la Région s’est également donné pour tâche d’accompagner l’installation en Rhône-Alpes, de deux sociétés qui, en matière photovoltaïque, affichent chacune un projet qui permettrait à l’écosystème régional de s’étoffer dans deux nouvelles directions.

Le premier projet concerne la société parisienne Solsia qui veut développer dans la « Solar valley », près de Bourgoin-Jallieu (Isère), une unité industrielle de fabrication de panneaux photovoltaïques en couches minces. Une technologie naissante (- de 10 % du marché), mais qui présente actuellement la plus forte progression.

Une première unité pilote sera installée près d’Ines, avant la construction d’un « Lab Fab » sur le territoire de la communauté de communes « Porte de l’Isère. » A terme, Solsia devrait créer 120 emplois pour 80 millions d’investissements, la région apportant de son côté 6 millions d’euros.

Le second projet concerne la société Adixen, nom commercial d’Alcatel Vacuum, installée à Annecy et leader mondial sur le marché de la pompe à vide, indispensable à la fabrication des plaques de silicium. L’objectif est là, de pérenniser cette activité en diversifiant « massivement » avant ses concurrents internationaux, l’activité d’Adixen vers le marché du photovoltaïque. La région apporterait 4 millions d’euros à cette entreprise  pour l’accompagner dans ses projets de R & D affichés à 29 millions d’euros.

But du jeu : favoriser la création de 120 emplois nouveaux au sein de cette entreprise qui fait déjà travailler 550 personnes.

Il va sans dire que tant Solsia qu’Adixen sont membres du pôle de compétitivité Tenerrdis consacré aux énergies renouvelables. De tels projets sont susceptibles de mettre en œuvre de nombreux partenariats industriels au sein du riche terreau solaire rhônalpin.