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À Lyon, des capteurs prêtés aux habitants pour mieux comprendre la pollution de l’air

Rendre la qualité de l’air plus concrète, plus lisible, et surtout plus accessible : c’est l’objectif de La Captothèque, le service de mesure citoyenne porté par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’observatoire agréé par l’État pour la surveillance de la qualité de l’air. Le dispositif remet en circulation ses micro-capteurs, prêtés gratuitement aux habitants, pour leur permettre de suivre les particules fines au plus près de leur quotidien : à la maison, au travail, dans la rue ou pendant les trajets.

Un service public gratuit, entre pédagogie et science participative

Lancée en 2020, La Captothèque repose sur une idée simple : permettre au grand public de produire des mesures de proximité, puis d’en comprendre les mécanismes. Atmo insiste sur la dimension pédagogique du dispositif : aider chacun à se forger une lecture plus éclairée des phénomènes de pollution, en reliant des données scientifiques au vécu (routine quotidienne, mobilité, ventilation, chauffage, circulation…).

La relance 2026 s’inscrit aussi dans un contexte où la qualité de l’air progresse sur le long terme, mais où l’exposition aux particules fines reste un sujet sensible dans les grandes agglomérations. Le programme vise notamment à mieux caractériser les variations selon les saisons et les usages.

Comment ça marche : un capteur envoyé par la Poste, des mesures visibles sur smartphone

Les habitants peuvent emprunter gratuitement un micro-capteur mobile, appelé Mobi, conçu pour mesurer les particules fines PM10, PM2,5 et PM1. L’appareil est expédié directement au domicile, puis utilisé en mobilité : le capteur se connecte à un téléphone pour afficher les mesures en temps réel.

Le prêt est généralement proposé pour une durée d’environ 15 jours. Les participants peuvent ensuite consulter leurs résultats et comparer les situations : intérieur/extérieur, proximité d’un axe routier, trajet domicile-travail, zones plus calmes, etc. Les données peuvent aussi être consultées en ligne sous forme agrégée, dans une logique d’observation collective.

Une campagne 2026 déployée sur deux périodes pour comparer les saisons

Pour favoriser les comparaisons, Atmo organise le dispositif en deux temps : de janvier à mai, puis d’octobre à décembre. L’enjeu est de mieux comprendre l’impact des conditions météorologiques et des usages saisonniers sur les niveaux de particules fines (trafic, épisodes froids, chauffage, etc.).

Des capteurs fixes dans certains quartiers, avec l’ALEC et des acteurs locaux

En complément des prêts individuels, Atmo s’appuie aussi sur des capteurs fixes déployés localement dans la métropole. L’initiative « Observatoire du Grand Lyon » est menée avec l’ALEC Lyon et des partenaires de terrain (entreprises, associations, écoles), afin d’obtenir une lecture plus fine à l’échelle d’un quartier ou d’un secteur.

Ce maillage permet d’identifier plus précisément certaines influences : proximité d’un trafic dense, effets du chauffage au bois, configuration urbaine, ou encore variations entre rues et axes de circulation.

Ateliers de restitution : comprendre les résultats et discuter des leviers d’action

Au-delà des mesures, le dispositif prévoit des temps d’échange : à la fin de certaines campagnes, des ateliers collectifs sont organisés pour lire les résultats, comprendre les causes possibles et discuter des actions concrètes (comportements, aménagements, choix de mobilité, ventilation, bonnes pratiques en intérieur…).

Une mobilisation déjà importante depuis le lancement

Depuis 2020, La Captothèque a déjà mobilisé des milliers de participants. Le dispositif revendique notamment près de 3 000 participants sur la métropole lyonnaise et plus de 10 000 citoyens à l’échelle régionale. Pour Atmo, cette mesure citoyenne complète les réseaux de surveillance réglementaires, tout en renforçant l’appropriation du sujet par le grand public.

À Lyon, où la qualité de l’air fait l’objet de politiques publiques et de débats récurrents, La Captothèque propose une approche très concrète : mettre des chiffres sur des situations du quotidien, et mieux comprendre ce qui fait varier l’air que l’on respire.