Dans les quartiers prioritaires d’Auvergne-Rhône-Alpes, l’accès à l’emploi reste nettement plus difficile
Selon une étude publiée par l’Insee en février 2026, les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville en Auvergne-Rhône-Alpes rencontrent davantage de difficultés sur le marché du travail que le reste de la population. En 2021, seuls 47 % des 15-64 ans y occupaient un emploi, contre 66 % dans les intercommunalités environnantes.
145 quartiers concernés dans la région
Les quartiers prioritaires de la politique de la ville regroupent, en Auvergne-Rhône-Alpes, 463 000 habitants répartis dans 145 quartiers en 2020, soit 5,7 % de la population régionale.
Deux habitants sur trois vivent dans l’une des quatre métropoles régionales. Ces territoires concentrent les ménages aux revenus les plus faibles et font l’objet de politiques publiques spécifiques visant à réduire les écarts de développement.
Un taux d’emploi inférieur de près de 20 points
D’après l’Insee, en 2021, seuls 47 % des habitants des QPV en âge de travailler occupaient un emploi, contre 66 % dans les établissements publics de coopération intercommunale englobants et 68 % à l’échelle régionale.
Le taux de chômage atteint 26 % dans ces quartiers, soit plus du double de celui observé dans les territoires voisins (12 %).
Les emplois occupés y sont également plus précaires :
- 25 % sont à durée limitée, contre 15 % hors QPV
- 23 % relèvent du temps partiel, contre 18 % dans les autres territoires
Des écarts marqués selon les territoires
L’étude met en évidence de fortes disparités entre les quartiers. Dans la métropole de Lyon, par exemple, le taux d’emploi varie de 36 % dans le quartier des Vernes à Givors à 64 % dans le quartier Laennec, dans le 8e arrondissement.
À Montluçon, le quartier Bien-Assis affiche un taux d’emploi de 32 %, contre 64 % pour Laennec à Lyon. Dans certains cas, ces écarts s’accompagnent de niveaux de pauvreté élevés, même lorsque l’emploi est plus fréquent.
Des disparités similaires sont observées dans les métropoles de Saint-Étienne, Grenoble et Clermont-Ferrand.
Des inégalités renforcées entre femmes et hommes
Les femmes sont particulièrement pénalisées dans les quartiers prioritaires. Seules 40 % d’entre elles occupent un emploi, contre 54 % des hommes.
Dans les territoires environnants, ces taux s’élèvent respectivement à 63 % et 69 %. L’écart femmes-hommes est donc plus marqué dans les QPV que dans le reste de la région.
L’Insee souligne également une proportion plus importante de femmes en situation d’inactivité, qu’elle soit choisie ou subie.
Des jeunes moins souvent en emploi et moins scolarisés
Les jeunes de moins de 25 ans résidant dans les quartiers prioritaires sont également moins insérés professionnellement. Un quart d’entre eux occupent un emploi, contre un tiers dans les intercommunalités englobantes.
Dans certains quartiers, comme Monery à Vénissieux, seuls 15 % des jeunes travaillent, contre 31 % à l’échelle métropolitaine.
La scolarisation est également plus faible : 59 % des jeunes sont scolarisés en QPV, contre 68 % hors QPV. Par ailleurs, 26 % ne sont ni en emploi ni en formation, soit deux fois plus que dans les autres territoires.
Un niveau de diplôme plus faible
Le faible niveau de qualification constitue un facteur central des difficultés d’insertion. En 2021, 44 % des habitants non scolarisés âgés de 15 ans ou plus vivant en QPV étaient sans diplôme, contre 24 % dans les EPCI englobants.
Seuls 16 % disposaient d’un diplôme supérieur au bac, contre 36 % hors QPV.
Cette situation se traduit par une concentration des emplois peu qualifiés, principalement dans les catégories d’ouvriers et d’employés, qui représentent près des trois quarts des actifs en emploi dans ces quartiers.
Une forte dépendance aux dispositifs d’accompagnement
En 2024, 67 500 habitants des QPV étaient inscrits à France Travail en Auvergne-Rhône-Alpes. Neuf sur dix relevaient des catégories immédiatement disponibles pour travailler.
Parmi eux, trois sur dix bénéficiaient du RSA, contre deux sur dix dans les territoires voisins.
Les dispositifs d’accompagnement mobilisent également les missions locales pour les 16-25 ans et des contrats aidés soutenus par l’État afin de favoriser l’insertion professionnelle.
La mobilité, un enjeu complémentaire
L’étude souligne aussi l’importance des déplacements domicile-travail. Les habitants des QPV utilisent davantage les transports en commun (26 % contre 15 %), mais moins la voiture (59 % contre 68 %).
Selon la localisation des quartiers, l’accès aux réseaux de transport peut constituer un frein supplémentaire à l’emploi, notamment dans les zones périurbaines ou peu denses.
Un défi durable pour les politiques publiques
Pour l’Insee, ces résultats confirment la persistance d’inégalités structurelles en matière d’emploi dans les quartiers prioritaires d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Faible qualification, précarité des contrats, difficultés de mobilité et moindre insertion des jeunes et des femmes constituent autant de freins durables à l’accès à l’emploi.
L’étude rappelle ainsi le rôle central des contrats de ville et des dispositifs d’insertion dans la réduction de ces écarts, dans un contexte où les enjeux sociaux et économiques restent particulièrement marqués sur ces territoires.
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