Comment Orange structure sa recherche entre IA, cybersécurité et réseaux du futur
Un des plus grands programmes de recherche privé en Europe
Lors du salon tech & fest à Grenoble, nous avons rencontré Lyse Brillouet, directrice de la recherche d’Orange. L’occasion de revenir sur la stratégie scientifique du groupe, qui pilote l’un des plus importants programmes de recherche privé en France comme en Europe.
Orange compte plus de 700 chercheurs répartis dans 13 laboratoires, dont sept à l’international. Parmi ces implantations, le site de Grenoble occupe une place stratégique. Il rassemble plus de 50 chercheurs et s’inscrit dans un écosystème académique et industriel particulièrement dense, à l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes comme au niveau européen.
Trois priorités stratégiques : IA, cybersécurité et réseaux du futur
Les investissements en recherche sont aujourd’hui structurés autour de trois grands axes : l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les réseaux du futur. Trois domaines directement liés aux enjeux opérationnels de l’opérateur télécom, mais également à sa vision à moyen et long terme.
À chaque étape, la responsabilité constitue un principe structurant. En tant que leader technologique, le groupe considère que l’innovation ne peut être dissociée de ses impacts sociétaux, économiques et environnementaux. Cette approche irrigue l’ensemble des travaux menés dans ses laboratoires.
L’intelligence artificielle transforme aussi la recherche
Sur le terrain de l’intelligence artificielle, l’enjeu ne se limite pas au développement de nouvelles offres ou à l’optimisation des services existants. L’IA transforme également la manière même de conduire la recherche.
Les cycles d’innovation s’accélèrent, les temporalités se raccourcissent et les chercheurs sont davantage ancrés dans les réalités business afin de bénéficier de boucles de rétroaction rapides avec les équipes opérationnelles et marketing. L’objectif est clair : renforcer la pertinence et l’impact concret des travaux scientifiques.
Par ailleurs, les outils d’intelligence artificielle viennent assister les chercheurs dans certaines tâches, comme la veille scientifique ou la structuration d’articles. Sans se substituer à la réflexion humaine, ces technologies permettent de concentrer l’expertise sur ce qui constitue la véritable valeur ajoutée du chercheur : l’analyse, la créativité et la capacité d’innovation.
Grenoble, un ancrage stratégique au cœur d’un écosystème d’excellence
L’implantation des laboratoires d’Orange s’inscrit dans une histoire longue, héritée notamment du CNET. À Grenoble, cette stratégie prend tout son sens grâce à la richesse de l’écosystème scientifique local.
Les coopérations avec des acteurs majeurs comme le CEA ou l’Université Grenoble Alpes illustrent cette dynamique. Ces partenariats favorisent des projets de recherche de haut niveau, mais aussi l’implication des chercheurs dans l’enseignement supérieur, facilitant l’identification et l’accompagnement de futurs talents : doctorants, stagiaires et post-doctorants.
Maintenir l’investissement en 2026 pour préserver l’avantage compétitif
Pour 2026, Orange confirme le maintien de ses investissements en recherche, à Grenoble comme dans l’ensemble de ses laboratoires. L’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’évolution des réseaux et les technologies émergentes comme le quantique sont considérées comme des leviers stratégiques majeurs.
Dans un contexte de mutation technologique rapide, le groupe estime que le renforcement des sciences fondamentales constitue un atout compétitif déterminant. À Grenoble, cette ambition se traduit par une volonté affirmée de contribuer activement à l’écosystème local tout en bénéficiant de sa dynamique. Une stratégie qui place l’innovation responsable au cœur du développement économique et technologique.
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