Santé : les médecins libéraux interpellent les nouveaux maires en AURA
À l’issue des élections municipales, la question de l’accès aux soins revient au premier plan en Auvergne-Rhône-Alpes. Alors que 15,5 % des habitants n’ont pas de médecin traitant, les médecins libéraux appellent les nouvelles équipes municipales à co-construire des réponses territoriales adaptées.
Une tension croissante sur l’accès aux soins
La situation sanitaire régionale illustre une pression durable sur l’offre de soins. En Auvergne-Rhône-Alpes, la démographie médicale reste fragile, notamment en médecine générale. La région compte aujourd’hui 7 001 médecins généralistes libéraux, soit 84 pour 100 000 habitants, en recul de 234 praticiens depuis 2016. À l’inverse, le nombre de spécialistes progresse légèrement, avec 6 744 professionnels recensés.
Ce déséquilibre se traduit concrètement sur le terrain. Plus d’un habitant sur six âgé de plus de 16 ans ne dispose pas de médecin traitant. Une donnée qui confirme les difficultés d’accès aux soins, en particulier dans les territoires périurbains et ruraux, mais aussi dans certaines zones urbaines sous tension.
Les collectivités locales en première ligne
Dans ce contexte, les maires issus des dernières élections municipales se retrouvent en première ligne. Les attentes des habitants sont fortes et immédiates. L’accès à un médecin, la continuité des soins ou encore la présence de structures de santé deviennent des enjeux structurants pour l’attractivité des communes.
La santé s’impose ainsi comme un levier de politique publique locale, au même titre que le logement ou les mobilités. Pour les collectivités, il ne s’agit plus seulement d’accompagner, mais bien d’initier des projets concrets capables de répondre aux besoins spécifiques de leur territoire.
Une coopération renforcée avec les médecins libéraux
Face à ces enjeux, l’URPS Médecins Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes appelle à une coopération étroite entre élus et professionnels de santé. L’organisation souligne que « les élus locaux sont en première ligne pour répondre aux attentes des habitants et porter des initiatives visant à améliorer l’accès aux soins au sein de leur commune ».
Elle invite les nouvelles équipes municipales à s’appuyer sur l’expertise des médecins libéraux afin « d’élaborer et mettre en œuvre des projets territoriaux de santé adaptés aux spécificités locales et aux besoins des populations ».
L’objectif est clair. Adapter les réponses aux réalités locales, favoriser l’installation de praticiens et structurer une offre de soins cohérente à l’échelle des bassins de vie. Cette approche partenariale vise à dépasser les logiques isolées pour construire des dispositifs durables.
Représentant près de 14 000 médecins libéraux dans la région, l’URPS entend jouer un rôle d’interface entre les professionnels de santé et les institutions. Une position stratégique à l’heure où les politiques de santé se territorialisent de plus en plus.
Un enjeu économique et d’attractivité territoriale
Au-delà de la seule question sanitaire, l’accès aux soins devient un facteur clé d’attractivité économique. Pour les entreprises comme pour les habitants, la présence d’une offre médicale structurée conditionne l’installation et le développement sur un territoire.
Dans un contexte de tensions sur les ressources humaines, les collectivités qui sauront proposer des solutions innovantes en matière de santé disposeront d’un avantage compétitif. À condition, toutefois, d’engager rapidement des dynamiques de coopération entre acteurs publics et professionnels de santé.
La mobilisation des médecins libéraux en Auvergne-Rhône-Alpes s’inscrit dans cette logique. Elle traduit une prise de conscience collective. Celle d’un enjeu devenu central pour les territoires et leur développement.
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