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Face aux tensions sur l’accès aux soins, un nouveau modèle tente de s’imposer. Le Centre de Spécialités Médicales Odon Vallet prépare son implantation en Isère et lance une campagne de financement participatif pour ouvrir début 2027. L’objectif est de mobiliser des médecins retraités pour renforcer l’offre de soins sans dépassement d’honoraires.

Un projet en financement pour ouvrir en 2027

L’association à l’origine du projet lance une campagne de financement participatif afin de réunir les fonds nécessaires à l’ouverture du futur centre, prévu dans l’agglomération grenobloise.

Environ 200 000 euros sont recherchés pour compléter le financement, notamment pour couvrir les premières charges de fonctionnement. Les investissements immobiliers, eux, doivent être en grande partie soutenus par des financements publics.

Le projet est déjà bien avancé. Des locaux ont été identifiés à Échirolles, sur le site du CHU Grenoble Alpes, et l’autorisation d’exercer a été obtenue auprès de l’Agence régionale de santé.

Un modèle basé sur la mobilisation des médecins retraités

Le concept repose sur une idée simple : permettre à des médecins expérimentés, souvent anciens chefs de service ou professeurs de médecine, de poursuivre une activité à temps choisi.

Ces praticiens assurent des consultations en secteur 1, sans dépassement d’honoraires, afin de garantir un accès aux soins plus large. À Paris, où deux centres ont ouvert en 2025, plus de 50 médecins retraités prennent déjà en charge environ 200 patients par jour.

« Ce sont souvent d’anciens responsables de service de CHU, qui veulent continuer à exercer et transmettre leur savoir-faire », explique Jérémy Renard, cofondateur du projet.

À Grenoble, une vingtaine de médecins ont déjà manifesté leur intérêt et entre 40 et 50 praticiens pourraient rejoindre la structure à terme.

Répondre à la pénurie de soins et à la perte de compétences

Au-delà de l’ouverture d’un nouveau centre, le projet s’inscrit dans une problématique plus large. La difficulté d’accès aux soins s’accentue dans de nombreux territoires, y compris dans des zones urbaines.

En parallèle, le départ à la retraite de nombreux médecins pose la question de la transmission des compétences. Le modèle proposé vise précisément à répondre à ces deux enjeux.

En intégrant des médecins retraités dans une organisation souple, le centre cherche à maintenir une capacité de prise en charge tout en valorisant l’expérience médicale accumulée.

Un projet ancré dans l’écosystème santé local

Le futur centre grenoblois ne se limite pas aux consultations. Il ambitionne également de jouer un rôle dans la formation, en accueillant internes et jeunes médecins au contact de praticiens expérimentés.

Le projet entend aussi s’inscrire dans la dynamique locale, notamment en lien avec l’écosystème healthtech du sillon alpin.

À plus long terme, l’association envisage déjà de déployer ce modèle dans d’autres grandes villes françaises, signe d’un intérêt croissant pour ce type d’organisation.

Reste désormais à sécuriser le financement. Un enjeu clé pour transformer cette initiative en solution concrète face aux tensions persistantes du système de santé.