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Le tribunal des affaires économiques a validé la reprise de Polytechnyl par le fonds américain Lone Star. Une décision qui maintient 72 salariés, mais confirme un choc industriel majeur dans la Vallée de la Chimie, où le site employait plus de 500 personnes.

Une reprise validée, mais un lourd impact social

Selon la Préfecture du Rhône, le tribunal des affaires économiques a validé le 27 avril 2026 la reprise de Polytechnyl, filiale française du groupe Domo implantée à Saint-Fons, par le fonds d’investissement américain Lone Star. Il s’agissait de la seule offre de reprise déposée.

Cette solution permet le maintien de 72 salariés sur un site qui employait jusqu’ici plus de 500 personnes. Le dossier confirme donc l’ampleur de la crise traversée par l’entreprise, spécialisée dans les matériaux d’ingénierie en polyamide, au cœur d’un bassin industriel stratégique pour la métropole lyonnaise.

La Préfecture explique les difficultés de Polytechnyl par plusieurs facteurs cumulés : hausse des coûts énergétiques, baisse de la demande de certains clients, notamment dans l’automobile, reprise lente du bâtiment et pression accrue des importations venues de Chine et des États-Unis dans un marché européen devenu surcapacitaire.

L’État indique s’être mobilisé sur le volet économique, avec le déblocage de 6,3 millions d’euros de crédit impôt recherche pour financer la période d’observation et la recherche de repreneurs. Sur le volet social, les salariés concernés par le plan de sauvegarde de l’emploi de juillet 2025 pourraient bénéficier d’une transformation de leur congé de reclassement en contrat de sécurisation professionnelle.

Un signal d’alerte pour la Vallée de la Chimie

Dans un communiqué publié le 28 avril, la Métropole de Lyon dit déplorer une situation critique et assure suivre avec attention le sort des salariés et de leurs familles. La collectivité souligne également l’impact potentiel de cette fragilisation sur l’ensemble de l’écosystème industriel de la Vallée de la Chimie.

La Métropole indique s’être rapprochée des services de l’État depuis l’installation du nouvel exécutif, afin de coordonner les premières mesures d’accompagnement possibles et d’assurer le maintien des activités transverses disponibles sur le site.

Ce dossier intervient dans un contexte où la souveraineté industrielle et la réindustrialisation restent au cœur des débats. Pour la Préfecture, la Vallée de la Chimie constitue l’un des premiers pôles chimiques européens, avec environ 10 600 salariés dans le Rhône, soit 11 % des effectifs industriels manufacturiers du département.

L’État précise avoir engagé depuis plusieurs semaines un cadre de discussion associant industriels, liquidateurs, Métropole de Lyon, Ville de Saint-Fons et CCI, afin d’éviter un effet d’entraînement et de préserver l’attractivité de cette plateforme chimique.

Pour la Métropole, le recours au tribunal intervient souvent à un stade où les marges de manœuvre sont déjà réduites. La collectivité souhaite désormais renforcer la coordination entre acteurs publics, industriels et organisations professionnelles pour mieux anticiper les mutations industrielles avant les procédures judiciaires.