La CAPEB et les architectes plaident pour faire de la réhabilitation une priorité économique
Face aux besoins croissants en logements et aux objectifs de sobriété foncière, la réhabilitation du bâti existant s’impose comme un marché stratégique pour le secteur de la construction. En Auvergne-Rhône-Alpes, la CAPEB et le Conseil régional de l’Ordre des Architectes affichent désormais une position commune pour défendre cette orientation auprès des pouvoirs publics.
La rénovation du bâti ancien s’impose comme un levier de développement
La signature d’un manifeste commun en faveur de la réhabilitation et de la charte « Patrimoine bâti 2100 » dépasse le symbole. Elle traduit un rapprochement entre les artisans du bâtiment et les architectes autour d’une même conviction : l’essentiel des défis de la construction des prochaines décennies se jouera davantage sur la transformation du patrimoine existant que sur l’urbanisation de nouveaux espaces.
Dans une région où l’artisanat du bâtiment représente 82 000 entreprises, soit 98 % des acteurs de la filière, emploie près de 100 000 salariés et génère 10,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, cette orientation concerne directement une large partie de l’économie locale. La rénovation énergétique, la remise en état du patrimoine ancien et l’adaptation des bâtiments aux nouveaux usages constituent déjà une part croissante de l’activité des entreprises artisanales.
Les deux organisations défendent également une évolution des pratiques professionnelles fondée sur une meilleure connaissance des bâtiments existants, le recours à des matériaux adaptés et la valorisation des savoir-faire artisanaux, dans un contexte où la préservation des ressources et la limitation de l’artificialisation des sols deviennent des priorités des politiques publiques.
Un appel à adapter les politiques publiques
Au-delà de leur rapprochement, la CAPEB Auvergne-Rhône-Alpes et l’Ordre des Architectes souhaitent peser dans le débat national sur les futures orientations de la construction. Elles demandent que la réhabilitation bénéficie d’un cadre réglementaire plus favorable, avec des dispositifs mieux adaptés aux contraintes des bâtiments existants et une meilleure reconnaissance de la valeur économique du patrimoine bâti.
Les deux organisations insistent également sur la nécessité de renforcer la coopération entre architectes, entreprises artisanales et maîtres d’ouvrage afin d’améliorer la qualité des projets et de sécuriser les conditions d’intervention sur les chantiers. Une évolution qui pourrait accompagner la montée en puissance du marché de la rénovation, appelé à jouer un rôle croissant dans l’activité du secteur du bâtiment en Auvergne-Rhône-Alpes au cours des prochaines années.
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