HRS s’allie à Baker Hughes pour industrialiser l’hydrogène
Le grenoblois HRS signe un accord de coopération de trois ans avec Baker Hughes afin de développer des infrastructures hydrogène de grande capacité. Les deux industriels veulent combiner stations de ravitaillement, stockage et compression pour répondre aux besoins de la mobilité lourde, des plateformes logistiques et des sites industriels.
Une offre commune pour les projets hydrogène de grande taille
HRS élargit son périmètre au-delà des seules stations de ravitaillement. L’entreprise iséroise va travailler avec Baker Hughes sur des solutions intégrées couvrant la production, le remplissage, la distribution, le stockage et la mise à disposition de l’hydrogène.
L’accord, conclu pour trois ans, associe les compétences de HRS dans l’intégration des infrastructures aux technologies de compression de Baker Hughes. Le groupe américain apportera notamment son compresseur vertical VerHy550, conçu pour les applications hydrogène à forte capacité.
Les premiers développements viseront des centres de remplissage, baptisés « Hydrogen Filling Centers », ainsi que des stations de ravitaillement de nouvelle génération. Les deux partenaires pourront également intervenir sur l’installation, la mise en service et la maintenance des équipements.
Le partenariat reste non exclusif. HRS et Baker Hughes travailleront projet par projet, sans remettre en cause leur indépendance commerciale ou technologique. Aucun montant d’investissement, objectif de chiffre d’affaires ni première commande n’est annoncé à ce stade.
Réduire le coût d’exploitation des infrastructures
La coopération portera autant sur les performances économiques que sur les capacités techniques. Les deux entreprises veulent améliorer l’efficacité énergétique des installations, leur disponibilité et leur maintenance, tout en réduisant leur coût total de possession.
Cette dimension devient centrale pour une filière encore confrontée au coût élevé des équipements, à une utilisation parfois insuffisante des stations et à la difficulté de standardiser les projets. Les infrastructures destinées aux poids lourds, aux plateformes industrielles ou aux hubs logistiques nécessitent par ailleurs des volumes et des niveaux de pression supérieurs à ceux de nombreuses stations existantes.
HRS et Baker Hughes envisagent aussi des projets communs de recherche et développement, notamment dans le cadre de programmes européens de financement de l’innovation. L’objectif consiste à transformer des équipements encore souvent conçus sur mesure en solutions plus reproductibles et plus faciles à déployer.
HRS cherche à changer d’échelle sur les marchés internationaux
HRS dispose aujourd’hui de 31 stations d’une capacité comprise entre 300 kilogrammes et une tonne par jour, représentant plus de six tonnes quotidiennes cumulées. L’entreprise propose des équipements pouvant atteindre quatre tonnes par jour et compte 23 contrats de maintenance.
L’accord avec Baker Hughes doit lui permettre de se positionner sur des installations plus complexes, nécessitant une expertise industrielle mondiale en matière de compression. Pour le fabricant grenoblois, l’enjeu consiste désormais à convertir cette alliance technologique en projets commerciaux, en Europe comme à l’international.
La prochaine étape sera donc la présentation des premiers sites développés en commun. Leur taille, leur financement et leur calendrier permettront de mesurer la capacité des deux partenaires à faire passer les infrastructures hydrogène d’une logique de démonstration à une exploitation industrielle régulière.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)