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FEDERREC et A3M signent un Pacte Acier Vert en Haute-Savoie

Réunis le 9 septembre à La Roche-sur-Foron, FEDERREC et l’A3M ont signé le premier Pacte Acier Vert français. Recycleurs et sidérurgistes veulent augmenter la part de ferrailles recyclées dans la production nationale, sécuriser l’approvisionnement des aciéries électriques et soutenir une production d’acier moins carbonée, avec une ambition de 12 à 14 millions de tonnes produites en France à l’horizon 2035.

Recycleurs et sidérurgistes rapprochent leurs stratégies

La signature est intervenue en Haute-Savoie, à l’occasion de la Journée Technique Nationale de FEDERREC, sous l’égide du ministère chargé de l’Industrie. Elle formalise un rapprochement entre deux filières qui deviennent de plus en plus interdépendantes avec le développement des fours électriques.

Dans certains procédés, la ferraille peut représenter jusqu’à 95 % de la matière utilisée. Les sidérurgistes ont donc besoin de volumes plus importants, mais aussi d’une matière mieux triée, plus régulière et davantage traçable. De leur côté, les recycleurs doivent pouvoir investir dans des équipements capables de produire les qualités attendues par les aciéries.

Le gisement français est conséquent. En 2024, 11,23 millions de tonnes de ferrailles ont été collectées en France et 10,6 millions de tonnes de matières ont été vendues par les entreprises adhérentes de FEDERREC. Le seul recyclage de l’acier représentait 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

La moitié de ces ventes a été réalisée sur le marché français en 2024, contre 42 % un an plus tôt. Cette progression du débouché domestique constitue l’un des points sur lesquels les deux fédérations souhaitent désormais s’appuyer pour réduire les sorties de matière et alimenter davantage les capacités sidérurgiques françaises.

La voie électrique au cœur de la décarbonation de l’acier

L’enjeu industriel tient notamment au mode de production. Selon les données réunies dans le dossier du Pacte, la voie électrique représente environ 37 % de la production française d’acier, contre 45 % en Europe et près de 70 % aux États-Unis.

La France compte actuellement 14 sites sidérurgiques électriques produisant environ 4 millions de tonnes. Pour les aciers carbone, FEDERREC et l’A3M estiment que cette technologie émet entre 0,3 et 0,6 tonne de CO2 par tonne d’acier, contre environ 2,3 tonnes pour un haut-fourneau traditionnel.

Le développement de cette voie repose toutefois sur plusieurs conditions économiques. Les aciéries électriques nécessitent une alimentation importante en électricité à un prix compétitif, tandis que les recycleurs doivent investir dans le tri avancé pour éliminer certains éléments indésirables et produire des qualités adaptées aux aciers à plus forte valeur ajoutée.

Le Pacte prévoit ainsi de travailler sur la standardisation de l’acier bas carbone, la traçabilité environnementale, la commande publique, la qualité des ferrailles, les contrats d’approvisionnement et les outils financiers permettant de réduire le risque pour les industriels.

Les signataires souhaitent également mobiliser davantage les dispositifs publics de financement, notamment ceux de Bpifrance et de l’ADEME, pour accompagner les investissements depuis la collecte des métaux jusqu’à leur réincorporation dans les aciéries.

Une ambition de 12 à 14 millions de tonnes d’acier en 2035

Derrière la décarbonation se joue aussi une question de souveraineté industrielle. La production française d’acier brut est passée d’environ 15 millions de tonnes en 2017 à 10,8 millions de tonnes en 2024, soit une baisse proche d’un tiers.

Le Pacte fixe comme perspective une production comprise entre 12 et 14 millions de tonnes à l’horizon 2035, avec une part accrue des fours électriques et des technologies associées au DRI, le minerai de fer pré-réduit.

FEDERREC et l’A3M veulent notamment mieux identifier les gisements disponibles, améliorer leur collecte et leur traçabilité, encadrer les flux d’exportation lorsqu’ils fragilisent l’approvisionnement national et promouvoir au niveau européen des critères favorisant l’utilisation de matière recyclée issue du continent.

La commande publique figure également parmi les leviers envisagés. Les deux fédérations souhaitent voir intégrer plus systématiquement des critères bas carbone dans les marchés d’infrastructures, de transports ou de bâtiments afin de créer une demande suffisamment prévisible pour justifier les investissements industriels.

Signé à La Roche-sur-Foron, ce Pacte rapproche ainsi deux secteurs représentant des enjeux économiques lourds. FEDERREC fédère 1 200 entreprises, 35 000 salariés et 11,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, tandis que l’A3M représente 70 organisations, 130 sites industriels et environ 20 000 emplois directs. Leur capacité à transformer les engagements du Pacte en investissements concrets conditionnera désormais la montée en puissance d’une filière française de l’acier recyclé.