Entrepreneurs du Rhône : un fonds de 50 M€ pour recapitaliser les petites entreprises
Franck Morize, président des Entrepreneurs du Rhône, ex-CPME, annonce la création d’un premier fonds de 50 millions d’euros pour renforcer le capital des petites entreprises. L’organisation y associe des investisseurs institutionnels et des adhérents ayant cédé leur société. Elle lance aussi deux services de trésorerie et d’intelligence artificielle, dans un contexte budgétaire qu’elle juge défavorable aux TPE.
Un fonds pour des entreprises « sous capitalisées »
Franck Morize explique que les petites entreprises sont sous-capitalisées : à la première difficulté, elles dépendent de leur banque, et à la deuxième, elles risquent le tribunal de commerce. Le fonds doit les aider à ouvrir leur capital et à mener des opérations de haut de bilan, sans s’en remettre uniquement à la relation bancaire.
Il réunit, selon lui, des investisseurs institutionnels et des adhérents qui ont cédé leur entreprise. La transmission est un enjeu central : le journaliste évoque 500 000 entreprises concernées dans les dix ans, chiffre que Franck Morize reprend. Le fonds doit accompagner les repreneurs, surtout lorsqu’ils associent des collaborateurs à l’entreprise. Aucun calendrier de déploiement n’a été donné dans l’entretien.
Deux autres services sont présentés. Le premier porte sur la trésorerie : une assistance au recouvrement disponible 24 heures sur 24, car le dirigeant de petite entreprise gère mal, selon lui, son poste client. Le second concerne l’intelligence artificielle : l’organisation propose de dépasser la formation, avec un campus qui dispense 78 matinées gratuites, pour aider à installer des outils sur mesure.
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Retards de paiement et projet de loi de finances
Sur les délais de paiement, Franck Morize juge anormal que les grandes entreprises se constituent de la trésorerie sur le dos des PME. Il avance un chiffre : « On a dix-sept jours, il nous manque dix-sept milliards. » Il estime aussi qu’un tiers des défaillances de l’année, qu’il situe entre 72 000 et 80 000, viennent de clients qui ne payent pas dans les temps. Ces chiffres sont les siens et ne sont pas étayés dans l’entretien.
Sur le projet de loi de finances (PLF), il conteste l’idée de 54 milliards d’euros d’économies. Selon lui, le pays connaîtra 40 milliards de dépenses supplémentaires et 20 milliards d’impôts nouveaux sur les seules entreprises. Il en conclut : « C’est un pays qui a un problème de dépenses. »
Il s’oppose aussi à la baisse des allègements de charges, qui toucherait les petites entreprises. Pour lui, ce n’est pas un cadeau : « l’État nous casse une jambe et il nous remet une béquille aujourd’hui pour pouvoir marcher ou courir aussi vite que nos concurrents ». Il affirme que ses adhérents ont déjà arrêté d’investir et d’embaucher, faute de budget et avec des taux d’intérêt supérieurs à 5 % sur dix ans.
L’organisation prépare pour la première fois une consultation nationale, destinée à formuler des propositions. Elle s’appuie sur un constat : 98 % des entreprises comptent moins de vingt salariés. Franck Morize note que les députés socialistes ont déposé une motion de rejet du PLF, qu’il pense non votée. Le texte reste donc à débattre au Parlement.
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