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L’acquéreur de Mérial accentue son implantation à Lyon en déménageant son centre de R&D sur la Zone technologique Porte des Alpes à Saint-Priest où se construit également une usine de formulation et de remplissage de vaccins, en attendant un troisième investissement de 200 millions d’euros dans un nouveau site industriel à Jonage…

Le rachat de Mérial, bien sûr, mais aussi la présence à Lyon de la plus grande école vétérinaire au monde, un écosystème autour de la Santé, très dense et une histoire en matière de vaccins animaux très riche : telles sont les raisons que l’Allemand Boehringer Ingelheim met en avant pour expliquer l’important investissement qu’il vient d’opérer sur la zone Porte des Alpes, à proximité de son site de fabrication de vaccins de Saint-Priest.

Il vient d’inaugurer, sur 14 500 mètres carrés son nouveau centre international de Recherche&Développement en vaccins vétérinaires qui s’impose d’entrée comme le plus important du groupe au niveau mondial.

Une bonne nouvelle assurément pour l’écosystème lyonnais de la Santé.

En effet, lorsque le groupe familial allemand Boehringer Ingelheim avait racheté l’un des fleurons de l’industrie de la Santé lyonnais, Mérial, le leader de la santé animal, des craintes s’étaient faites jour sur le risque d’une délocalisation possible d’une partie des compétences acquises au fil des années.

Une crainte vite levée. Et qui n’est vraiment plus du tout de mise aujourd’hui.

Président de Boehringer Ingelheim Santé Animal, Erick Lelouche ne cesse de marteler l’attachement du groupe à Lyon et sa volonté d’y développer ses activités.

Pour preuve, le groupe vient d’investir 70 millions d’euros pour installer son centre de R&D à proximité de son très important centre de fabrication de vaccins sur la zone d’activité Porte des Alpes à Saint-Priest.

Erigé sur quatre niveaux, le nouveau bâtiment a exigé trois ans d’études et de travaux et a été inauguré le 12 octobre.

Un lourd investissement car ce nouveau centre rassemble des matériels et des équipements de pointe « pour gérer des problématiques aussi complexes que le confinement, le traitement de l’air, la décontamination, indispensable lorsque l’on travaille sur des vaccins », selon les explication d’Erick Lelouche.

De nouveaux modes de vaccination

Les deux cents personnes qui travaillaient auparavant dans l’ancien centre de R&D basé à Lyon-Gerland, devenu obsolète, sont en train d’investir le lieu qui, explique Erick Lelouche a le grand avantage d’être contigu à l’unité de fabrication de vaccins située sur le même site. « Les équipes vont pouvoir travailler en liaison plus étroite avec à la clef, des gains de productivité, de réactivité et de performance », se félicite ce dernier.

Les chercheurs travaillent notamment dans ce centre qui représente à lui seule le tiers de toute la recherche de Boehringer Ingelheim en matière de vaccins pour animaux, sur de nouvelles souches vaccinales contre la fièvre aphteuse et le virus de la fièvre catarrhale ovine, ainsi que sur de nouveaux vaccins contre la grippe porcine, actuellement en résurgence : et le mycoplasme, une maladie bactérienne porcine.

Le mode de vaccination fait aussi partie du programme de recherche.

Ainsi, Nigel Swift, le directeur monde de la R&D pour la santé animale explique que « nous travaillons aussi sur d’autres technologies, telles que les vaccins à ADN, les virus génétiquement modifiés ou les vecteurs viraux. » Ainsi, par exemple, on ne vaccine plus les poules, mais les œufs…

Des possibilités d’expansion existent d’ailleurs sur le site de vingt-cinq hectares que les dirigeants de Mérial, visionnaires, avaient acquis en…1995 .

Deux autres investissements pour 265 millions d’euros…

Un nouvel investissement, de 65 millions d’euros cette fois, est en cours sur ce même site de Porte des Alpes : il s’agit en l’occurrence d’un installation de formulation et de remplissage de vaccins qui sera mise en service au printemps 2020.

Il faut y ajouter pour se convaincre de la volonté du groupe germanique de son ancrage lyonnais, un investissement supplémentaire qui a été annoncé au début de l’été, avec la création d’un nouveau site industriel de production de vaccins contre la fièvre aphteuse et la fièvre catarrhale issus de la recherche maison, mais cette fois sur la zone ZAC de Gaulnes à Jonage : 200 millions d’euros mis sur la table, cette fois !

La première pierre devrait être posée cet automne pour une livraison fin 2021. Bref, la présence in situ du centre de R&D a le grand avantage, via ses retombées, d’irriguer l’agglomération lyonnaise…