Auvergne-Rhône-Alpes franchit le cap du térawattheure de gaz vert injecté dans le réseau
La région Auvergne-Rhône-Alpes vient d’atteindre un seuil symbolique dans le développement du gaz renouvelable, avec 1 milliard de kWh de gaz vert injecté dans le réseau de distribution exploité par GRDF. Une performance collective qui illustre la structuration progressive d’une filière énergétique locale, portée par les agriculteurs, les collectivités et les entreprises du territoire.
Un cap énergétique à portée concrète
Annoncé le 7 janvier 2026, ce franchissement du térawattheure représente l’équivalent de la consommation annuelle de 250 000 foyers chauffés au gaz ou de 4 000 bus roulant au BioGNV. Le gaz vert injecté est issu de la méthanisation de déchets organiques et se substitue au gaz fossile pour alimenter logements, industries et mobilités.
Pour GRDF, gestionnaire du réseau de distribution, ce volume témoigne d’une transition énergétique qui s’ancre dans des usages concrets. La région confirme ainsi son rôle moteur dans le développement du gaz renouvelable en France.
Une production diversifiée et territorialisée
En Auvergne-Rhône-Alpes, 73 sites de production de gaz vert sont aujourd’hui en service. Ils se répartissent entre 49 unités de méthanisation agricole, 17 stations d’épuration, trois sites industriels, un site de traitement des déchets ménagers et trois installations de stockage de déchets non dangereux.
Cette diversité de gisements reflète une adaptation de la filière aux spécificités du territoire. Selon GRDF, elle démontre la capacité régionale à développer une production énergétique renouvelable à partir de ressources locales.
Une filière industrielle en croissance
La région se distingue également par une approche présentée comme durable. Les cultures dédiées à la méthanisation y représentent 3 % des surfaces, contre une moyenne nationale de 5 %, bien en deçà du plafond réglementaire fixé à 15 %.
Avec près de 100 projets actuellement en file d’attente, l’objectif régional est d’atteindre 2 TWh de production de gaz vert d’ici 2030. La filière s’appuie sur un tissu d’entreprises innovantes implantées en Auvergne-Rhône-Alpes, parmi lesquelles Waga Energy, Methalac, Seya, Prodeval ou Deltalys.
À l’échelle nationale, les entreprises françaises du gaz renouvelable ont généré un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros en 2024, dont 286 millions d’euros en région. Auvergne-Rhône-Alpes concentre par ailleurs 23 % des emplois de la filière française, avec 6 000 recrutements annoncés à l’horizon 2030.
Vers une montée en puissance de l’injection
Un arrêté publié en septembre 2025 facilite la conversion des sites de méthanisation fonctionnant en cogénération vers l’injection de gaz vert dans les réseaux. Selon les estimations de la filière, cette évolution pourrait permettre d’atteindre entre 4 et 5 TWh de production supplémentaire. En Auvergne-Rhône-Alpes, 65 sites sont concernés par ce potentiel de conversion.
Un levier pour les mobilités décarbonées
À l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2030, la production régionale de gaz vert est également présentée comme un atout pour la mobilité. Selon GRDF, 1 % de la production actuelle en Auvergne-Rhône-Alpes suffirait à acheminer un million d’athlètes et de spectateurs vers les sites des Jeux grâce à des transports au BioGNV, avec des émissions de CO₂ réduites de 80 % et des particules fines de 90 %.
Un signal supplémentaire en faveur d’une filière appelée à jouer un rôle croissant dans la stratégie énergétique et industrielle régionale.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)