Conjoncture 2026 : des TPE-PME toujours sous pression en Auvergne-Rhône-Alpes
Selon le panel de conjoncture publié en février 2026 par la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, les très petites et moyennes entreprises régionales abordent l’année dans un climat marqué par la prudence, la faiblesse de l’activité et un niveau élevé d’inquiétude économique.
Un bilan 2025 toujours contrasté
L’année 2025 apparaît, comme en 2024, très différenciée selon les secteurs. Les entreprises en baisse de chiffre d’affaires restent légèrement plus nombreuses que celles en hausse.
Au total, 16 % des TPE-PME interrogées ont enregistré une baisse supérieure à 10 % de leur chiffre d’affaires. Le solde entre entreprises en hausse et en baisse demeure négatif, confirmant un exercice globalement mitigé.
L’industrie reste particulièrement touchée, avec près de quatre entreprises sur dix concernées par un recul d’activité. Les entreprises exportatrices sont également impactées, dans un contexte international jugé perturbé.
Des perspectives peu optimistes pour 2026
Pour le premier semestre 2026, l’anticipation la plus fréquente reste celle d’une stabilité de l’activité. Toutefois, la balance demeure négative, avec davantage d’entreprises s’attendant à une baisse qu’à une hausse.
Le solde s’établit à -17, un niveau comparable à celui observé un an plus tôt, traduisant un début d’année qualifié de morose par la CCI régionale.
Dans l’industrie, le solde reste défavorable (-16), tandis que le tertiaire tourné vers les entreprises présente une situation un peu moins dégradée. Le commerce de détail, le BTP et les services aux particuliers figurent parmi les secteurs les plus exposés.
Une défiance toujours élevée
Le manque de confiance dans la situation économique générale demeure important. En début d’année 2026, 74 % des TPE-PME expriment une forme de défiance, malgré un léger recul par rapport à mi-2025.
Parmi les motifs les plus cités figurent :
- l’instabilité politique et institutionnelle, jugée déterminante par 93 % des répondants,
- la situation macroéconomique en France,
- l’état d’esprit général de la société.
Les tensions internationales et la pression concurrentielle pèsent également sur la perception des dirigeants, en particulier dans l’industrie et l’export.
L’activité freinée par la faiblesse de la demande et la hausse des coûts
Le manque de vigueur de l’activité reste le premier frein au développement, cité par 50 % des TPE-PME, et par 60 % dans l’industrie.
Les difficultés de recrutement demeurent un obstacle important, évoqué par 32 % des entreprises, notamment dans le BTP et le transport.
La hausse des coûts, hors salaires et taxes, s’affirme également comme un facteur de blocage, mentionné par près d’un tiers des répondants, avec une intensité particulière dans le transport-logistique et l’hébergement-restauration.
Une trésorerie fragile et un attentisme persistant
La situation financière reste tendue pour une part significative du tissu économique régional. En janvier 2026, 30 % des TPE-PME se déclarent en situation de trésorerie difficile, dont 6 % très difficile.
L’insuffisance de chiffre d’affaires demeure la première cause de ces difficultés, citée dans 61 % des cas, devant l’insuffisance de marge.
En matière d’investissement, 31 % des entreprises indiquent ne pas avoir réalisé, en tout ou partie, leurs projets prévus au second semestre 2025. Près de 45 % y ont renoncé partiellement ou totalement.
Des signaux contrastés sur l’emploi
En 2025, l’évolution des effectifs salariés hors intérim s’est révélée défavorable. Le solde entre créations et suppressions d’emplois s’établit à -6.
La stabilité reste toutefois la situation majoritaire, déclarée par près des deux tiers des entreprises.
Pour le premier semestre 2026, les perspectives apparaissent légèrement plus favorables, avec un solde positif (+8), porté notamment par le numérique, l’industrie et les entreprises exportatrices.
Une demande de simplification réglementaire récurrente
Dans le prolongement de l’enquête, 20 % des TPE-PME citent la complexité ou l’instabilité réglementaire comme un frein à leur développement.
Les domaines les plus souvent évoqués concernent l’environnement, la construction-immobilier et le droit du travail.
Plusieurs dirigeants soulignent un poids administratif croissant, réduisant le temps consacré au développement et au conseil.
Un climat encore incertain pour les entreprises régionales
À travers cette enquête réalisée auprès de 379 entreprises entre le 5 et le 21 janvier 2026, la CCI Auvergne-Rhône-Alpes dresse le portrait d’un tissu de TPE-PME confronté à une conjoncture encore fragile.
Entre activité hésitante, tensions sur les marges, prudence en matière d’investissement et défiance persistante, les entreprises abordent 2026 dans un climat d’attentisme, malgré quelques signaux de stabilisation.
Dans ce contexte, la Chambre consulaire appelle à la mise en place de conditions favorables à la reprise, en particulier dans les secteurs industriels et productifs, considérés comme des leviers majeurs pour le redressement régional.
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