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Les réactions et les enjeux pour la ville de Lyon

La structure de l’emploi continue d’évoluer en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon une étude publiée par l’Insee, le nombre d’actifs en emploi a progressé de 11,6 % entre 2006 et 2022, mais cette croissance s’accompagne d’une transformation profonde des catégories socioprofessionnelles. Les cadres gagnent du terrain, tandis que les ouvriers voient leur poids diminuer, notamment dans l’industrie.

Une région toujours plus qualifiée

Avec 3,49 millions d’actifs en emploi en 2022, Auvergne-Rhône-Alpes reste l’une des régions les plus dynamiques du pays. Les professions intermédiaires représentent désormais la première catégorie d’emploi (27,6 %), devant les employés (24,8 %). Les cadres et les ouvriers affichent désormais un poids comparable, autour de 20 % chacun, alors que les cadres étaient nettement moins nombreux seize ans plus tôt.

La progression des cadres est particulièrement marquée. Leurs effectifs ont augmenté de 52,7 % entre 2006 et 2022, faisant d’Auvergne-Rhône-Alpes la région la mieux dotée en cadres après l’Île-de-France. Cette hausse est portée par les fonctions d’ingénierie, les activités scientifiques et techniques, mais aussi les secteurs de la santé, de l’enseignement et de l’administration publique. Trois emplois de cadres sur cinq se concentrent dans les grandes métropoles régionales, notamment Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne.

Les ouvriers quittent progressivement l’industrie

À l’inverse, les emplois ouvriers ont reculé de près de 10 % sur la période, avec plus de 72 000 postes en moins. Cette baisse est essentiellement liée aux mutations de l’industrie, où les effectifs diminuent tandis que les besoins se déplacent vers des métiers plus qualifiés. Désormais, les ouvriers sont plus nombreux dans les activités de services que dans l’industrie, notamment dans la logistique, les transports, le commerce ou la réparation automobile.

L’étude met également en évidence d’autres évolutions de fond. Près de trois actifs sur dix ont désormais plus de 50 ans, signe du vieillissement de la population active. La féminisation de l’emploi se poursuit également : les femmes occupent 48,2 % des emplois régionaux en 2022, contre 46,4 % en 2006, même si les écarts restent marqués selon les métiers. Enfin, le niveau de qualification continue de progresser, avec une hausse sensible de la part des diplômés du supérieur, en particulier parmi les cadres et les professions intermédiaires.

Au-delà de l’évolution statistique, ces tendances traduisent la transformation progressive du tissu économique régional. La montée des métiers qualifiés, le recul des emplois industriels les moins spécialisés et le vieillissement de la main-d’œuvre constituent autant de défis pour les entreprises, confrontées à des besoins croissants en compétences et à des difficultés de recrutement qui touchent déjà de nombreux secteurs.