Toute l’actualité Lyon Entreprises

Bâtiment : les artisans d’Auvergne-Rhône-Alpes sous tension

Selon l’enquête de conjoncture publiée le 29 avril 2026 par la CAPEB Auvergne-Rhône-Alpes, l’artisanat du bâtiment reste fragilisé en ce début d’année. Si quelques indicateurs montrent une légère amélioration, notamment sur les carnets de commandes, la majorité des entreprises évolue encore dans un environnement incertain, avec des marges sous pression et une visibilité limitée.

Une activité toujours difficile malgré un léger mieux

Au 1er trimestre 2026, près d’un artisan sur deux, soit 49 %, juge son niveau d’activité difficile à très difficile. Ce chiffre recule légèrement par rapport au trimestre précédent, mais ne traduit pas encore de véritable reprise. À l’inverse, seuls 18 % des dirigeants estiment leur activité satisfaisante.

Cette fragilité reste particulièrement marquée dans plusieurs segments clés du bâtiment, notamment les entreprises positionnées sur les énergies renouvelables, la plâtrerie-isolation ou encore la plomberie-chauffage. Certains territoires apparaissent également plus exposés, comme le Rhône, l’Isère, la Drôme ou l’Allier.

Seul signal un peu plus encourageant : les carnets de commandes se redressent légèrement. Plus d’une entreprise sur deux dispose désormais d’une visibilité supérieure à deux mois, en progression sur le trimestre. Mais cette amélioration reste relative, puisqu’une part importante des artisans continue de fonctionner avec moins d’un mois d’activité sécurisée.

Des équilibres financiers encore très fragiles

Au-delà de l’activité, c’est surtout la situation financière qui inquiète. Près de 38 % des chefs d’entreprise jugent leur trésorerie faible ou insuffisante, tandis que moins d’un sur cinq la considère confortable. Un niveau qui limite mécaniquement les capacités d’investissement et de développement.

Les marges restent elles aussi sous tension. Si une majorité d’entreprises les déclare stables, elles sont jugées faibles et déjà dégradées. Près d’un tiers des artisans observe même une nouvelle baisse, signe que la hausse des coûts n’est toujours pas totalement répercutée.

Dans ce contexte, le chiffre d’affaires peine à décoller : deux tiers des entreprises font état d’une activité stable, mais plus d’un quart enregistrent une baisse. La dynamique reste donc globalement atone.

Recrutement : des intentions en hausse, mais encore prudentes

Sur le front de l’emploi, les intentions d’embauche progressent légèrement. 15 % des entreprises envisagent de recruter, un niveau en hausse mais encore modeste au regard des besoins structurels du secteur. Une part importante des dirigeants reste en attente, préférant différer leurs décisions dans un contexte jugé trop incertain.

Le CDI reste largement privilégié dans les recrutements, tandis que l’apprentissage continue de jouer un rôle important dans le renouvellement des compétences.

Pour les dirigeants du secteur, la situation reste marquée par une forme d’usure après plusieurs années de crises successives. Entre instabilité des dispositifs publics, notamment dans la rénovation, et manque de visibilité sur le marché du logement, la capacité à se projeter reste limitée. Dans ce contexte, la reprise, même amorcée, apparaît encore trop fragile pour enclencher un véritable cycle de croissance.