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BTP, préférence régionale, relocalisation, greentech : le plan Wauquiez à 1 milliard d’euros pour relancer l’économie régionale

Laurent Wauquiez n’a pas attendu le plan de relance économique du gouvernement pour lancer le sien, à l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec de l’argent de la région, mais aussi d’autres acteurs, il s’établit à près d’1 milliard d’euros, en s’appuyant sur quatre principaux leviers.

La secousse va être forte, il faut s’y préparer sans attendre. Telle est la philosophie du plan de relance économique que Laurent Wauquiez, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes a présenté jeudi 4 juin.

Un plan de relance truffé de chiffres s’étageant de dizaines à des centaines de millions d’euros, selon les secteurs, constituant à l’arrivée une somme globale et particulièrement évocatrice d’un milliard d’euros n’émanant par ailleurs pas que de la région.

Le président LR d’Auvergne-Rhône-Alpes prend donc la compétence économique de la région à bras le corps, avec pour objectif : “sécuriser et donc préserver et/ou créer de 50 à 100 000 emplois”, précise-t-il.

Pour ce faire, Laurent Wauquiez compte utiliser quatre leviers principaux : la relance des grands chantiers du BTP ; la préférence régionale, mais aussi les relocalisations ; pour enfin appuyer sur l’accélérateur de l’économie verte.

Pas question de tergiverser : ce plan est destiné à être mis en œuvre “tout de suite”.

La relance par les grands travaux

Dans un premier temps, de “gros travaux structurants” seront lancés ou relancés ( à l’instar du projet de campus à Grenoble, d’internat à Clermont-Ferrand, du déploiement de la fibre, de nombreux chantiers routiers et ferroviaires…) sur des projets “mûrs” et inscrits dans les contrats Etat-Région.

“Certains sont prêts, il ne faut pas attendre, il faut les sortir tout de suite “, insiste le président de la région.

En complément, la région financera 50 % des travaux engagés par les communes et les collectivités locales à condition que les chantiers se mettent en route dès le début de l’année 2021.

Ce plan instaure également un système de “bonus relance” pour stimuler la commande publique locale.

Pour quelles retombées ? Cette mesure devrait générer, selon la région, “environ 500 millions d’euros de travaux”.

Préférence régionale

Deuxième volet : la préférence régionale.

“Il faut donner de l’argent à nos entreprises, nos artisans, nos commerces. Cela doit devenir un réflexe, j’en suis et j’en reste convaincu malgré les critiques”, assume-t-il.

Cela se traduit par 80 millions d’euros d’aides pour les commerçants, les artisans ou encore l’hôtellerie-restauration.

Mais surtout par un engagement des collectivités aidées “sur la clause du mieux disant” – de ne pas systématiquement “penser prix bas” selon l’élu -il s’agit de privilégier les entreprises régionales.

Autant de mesures qui visent à préserver, voire même à créer des emplois régionaux.

Relocaliser

Troisème volet : les relocalisations, thème porteur ces dernières semaines, suite aux déficits de production rencontrés en France en matière de masques, d’équipements de protection divers, de médicaments, etc.

C’est ainsi que Laurent Wauquiez se fixe pour objectif, tout bonnement, “de faire d’Auvergne-Rhône-Alpes la première région d’Europe pour la production de matériels de protection.” Un vœu pieux ? La région n’est pas en effet la seule à avoir eu cette idée…

Mais pour tenir cet objectif, Laurent Wauquiez met sur la table 100 millions d’euros de plus.

Autre idée également à 100 millions d’euros : le lancement “d’un grand fonds régional d’investissement pour éviter à certaines entreprises de se faire racheter dans cette période incertaine et renforcer ainsi leur compétitivité.”

Verdissement accéléré de l’économie

On l’a aussi suffisamment martelé : “le monde d’après sera vert”. Laurent Wauquiez le pense aussi en jouant comme l’Europe la carte du “green deal”, en accentuant l’aide à la filière hydrogène ; les investissements dans les mobilités propres, les filières circulaires…

Pour faire bonne mesure, ce plan est complété par un plan de formation doté de 500 millions d’euros.

Beaucoup de chiffres étourdissants sur lesquels Laurent Wauquiez ne s’est guère étendu. On ne sait ce qui, dans ces chiffres est déjà budgété ou nouveau, les apports extérieurs et l’argent investi directement par la région.

La volonté est en tout cas là : reste à mettre tout cela en musique. Un plan qui ressemble plus à un orchestre symphonique par son ampleur qu’à une formation de musique de chambre…