Chauffage au fioul : un ménage sur dix encore concerné en Auvergne-Rhône-Alpes
En 2022, 391 000 ménages d’Auvergne-Rhône-Alpes se chauffent encore principalement au fioul, soit un ménage sur dix. Si l’usage recule nettement depuis quinze ans, il reste très présent dans les territoires ruraux et concerne plus souvent les maisons anciennes et les retraités, selon une étude publiée par l’Insee.
Un recul marqué mais un niveau encore élevé dans la région
Le chauffage au fioul poursuit son déclin en Auvergne-Rhône-Alpes. En 2006, un ménage sur cinq y avait recours, contre un sur dix en 2022. Malgré cette baisse, la région demeure la cinquième de France métropolitaine la plus équipée, avec une part supérieure à la moyenne nationale, où un ménage sur douze utilise encore ce combustible.
Cette situation s’explique notamment par la structure du parc de logements. Les maisons individuelles, plus nombreuses dans la région, concentrent l’essentiel des installations au fioul et représentent 80 % des logements concernés.
Un usage concentré dans les zones rurales
Les disparités territoriales sont marquées. Dans les communes rurales, près d’un ménage sur cinq se chauffe au fioul, contre seulement 6 % dans les communes urbaines. Dans certaines intercommunalités très rurales, la proportion dépasse largement la moyenne régionale.
À l’inverse, le chauffage au fioul reste marginal dans les grandes métropoles. Il concerne 3 % des ménages dans la Métropole de Lyon, 4 % dans celles de Clermont-Ferrand et de Grenoble, et 7 % dans celle de Saint-Étienne. Le Rhône est ainsi le seul département de la région à afficher un taux inférieur à la moyenne métropolitaine.
Maisons anciennes et accès limité aux réseaux
Le recours au fioul est plus fréquent dans les logements anciens, construits avant les années 1970, période où les produits pétroliers étaient plus économiques. En 2022, 15 % de ces logements sont chauffés au fioul, contre 8 % de ceux construits après 1970. Les logements récents en sont désormais quasi dépourvus.
Dans les zones rurales, le raccordement au gaz reste souvent impossible. Des dérogations à l’interdiction d’installer des chaudières au fioul existent encore lorsque le logement ne peut être relié à un réseau de gaz ou de chaleur, ou lorsque l’installation électrique nécessite un renforcement du réseau local.
Les retraités plus exposés
Les retraités figurent parmi les populations les plus concernées. En Auvergne-Rhône-Alpes, 16 % d’entre eux se chauffent au fioul. Ils vivent plus fréquemment en maison et en zone rurale, et occupent souvent leur logement depuis longtemps.
Cette situation peut les rendre plus vulnérables aux hausses de prix du fioul, directement liées aux fluctuations du marché pétrolier et aux tensions géopolitiques. Toutefois, certains facteurs atténuent cette vulnérabilité, comme l’absence de charges de logement pour les ménages propriétaires ou la possibilité de limiter le chauffage à certaines pièces.
Un enjeu de transition énergétique
La diminution progressive du chauffage au fioul s’inscrit dans les objectifs de transition écologique. Ce combustible est à la fois coûteux et fortement émetteur de gaz à effet de serre. L’interdiction d’installer de nouvelles chaudières au fioul depuis juillet 2022 participe à cette stratégie, accompagnée par des dispositifs d’aide à la rénovation énergétique.
Si la tendance est clairement à la baisse, l’étude montre que la sortie du fioul reste un enjeu majeur pour de nombreux territoires ruraux d’Auvergne-Rhône-Alpes, où les contraintes techniques et économiques rendent la transition plus complexe.
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