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Coronavirus : déjà en chute de 20 %, le trafic aérien confronté à la pire crise de son histoire

Le coronavirus ne cesse d’impacter le trafic aérien, français, européen voire mondial. Pourtant, 2019 avait signé le record du nombre de passagers accueillis dans les aéroports français. L’Union des Aéroports Français tire la sonnette d’alarme.

Il en est ainsi de certaines conférences de presse. Ça démarre dans la quasi-euphorie, ca finit dans le cauchemar annoncé. Exemple, cette semaine. L’Union des Aéroports Français présentait comme chaque année les résultats de l’activité aérienne française de l’an passé. « C’est un record », souligne en préambule Thomas Juin, président de l’UAF. 214 millions de passagers accueillis au cours des 12 mois de 2019. Soit une croissance moyenne de trafic de 3,8% sur l’année. Un record en effet.

Comme à l’habitude, les plates-formes parisiennes engrangent la moitié du trafic (108 millions de passagers, soit 50,4% du total), soit une maigre croissance de 2,5%. On devine le reste : la croissance du trafic passagers l’an passé est surtout venue des 17 grands aéroports régionaux (plus de 5 millions de passagers) dont la croissance a été de +6,9%.

Parmi ces aéroports, Marseille a progressé de 8,1%, Lyon Saint-Exupéry de 6,4% et Bâle Mulhouse de 5,3%. Certains ont fait beaucoup mieux, surtout à l’ouest : Bordeaux s’est envolé de 13,3% et Brest Bretagne de 11,9%. Mais le champion toutes catégories a été Nantes-Atlantique, saturé, obsolète, dont le trafic a progressé de 16,6%, à 7,22 millions de passagers, confirmant au passage les prédictions de l’Aviation Civile et de divers experts qui estimaient la construction de Notre-Dame-des-Landes indispensable.

L’activité low-cost une fois de plus tire le trafic

Une fois encore, cette croissance provient pour une grande part de l’activité low-cost. Si le trafic passagers traditionnel a en effet progressé de 2,3% en 2019, le trafic low-cost a continué de croître pour atteindre 6,9% (soit un total de 70, 5 millions de passagers). Désormais, ce trafic représente près de 50% de l’activité des grands aéroports régionaux (49% précisément) alors qu’il ne pèse que 22,3% sur les aéroports de la capitale et 35,6% sur les aéroports régionaux.

Le low-cost est d’ailleurs désormais le trafic principal de plusieurs aéroports : 69,1% du trafic de Bâle-mulhouse, 60,6 % de Bordeaux, 63,7% de Nantes Atlantique et même, 99,9 % du trafic de Paris-Beauvais. (A Lyon Saint-Exupéry, le trafic low-cost a représenté 36,1% du total, soit un des plus petits scores réalisés par les grands aéroports régionaux).

Coronavirus : déjà une chute de 20 %

Voilà pour les bonnes nouvelles. Mais actualité oblige, c’est un véritable cri d’alarme qu’a poussé Thomas Juin. « Le secteur aérien est en crise ». Aux dernières nouvelles (au 10 mars, soit il y a près de 10 jours), le trafic aérien des aéroports français avait en effet chuté de 20%. Du jamais vu. Certes, plusieurs faillites de compagnies expliquent pour une part cette récession. Mais l’aérien est particulièrement touché par la psychose née du coronavirus. « Et cette situation pourrait s’aggraver » souligne Thomas Juin qui affirme que, quoi qu’il en soit, « tout ce qui est perdu ne sera jamais rattrapé ».

Trois éléments inquiètent tout particulièrement l’UAF : la chute des réservations, le retrait de certaines compagnies qui, comme Lufthansa, mettent de plus en plus d’avions au sol, et, surtout, d’éventuelles défaillances à venir de plusieurs compagnies.

Ces inquiétudes s’ajoutent à la fragilité persistante du transport aérien en raison de marges limitées et d’une position concurrentielle défavorable, les taxes françaises étant beaucoup plus élevées que chez les voisins. « Le transport aérien mettra du temps à s’en remettre », précise Thomas Juin qui appelle le gouvernement à protéger en urgence le secteur par « des mesures fortes et spécifiques » (telles que le report des charges sociales et une exonération de la fiscalité).

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles : après Aigle Azur et XL Airways, Air France a annoncé, il y a quelques heures l’annulation de nombreuses lignes et la mise au chômage partiel de 80% de ses salariés. On évoque d’ores et déjà des risques de faillite imminents. C’est dire la menace qui plane sur diverses compagnies plus fragiles et qui se retrouvent avec des avions inutilisés.
C’est dire aussi combien les prochains jours vont être déterminants.

Fret avionné : Lyon Saint-Exupéry stable

C’est une constante du fret avionné : la quasi totalité de ce trafic transite par Roissy Charles de Gaulle. 2019 n’a pas échappé à la règle. Le hub d’Air France a fini l’année avec 1,927 million de tonnes, en recul tout de même de 2,4% sur l’année précédente.

Si Orly est en deuxième position, il reste loin derrière (88 609 tonnes). Derrière, l’ordre demeure pratiquement inchangé : Toulouse (66 299 tonnes), Bâle-Mulhouse (61 545 tonnes) et Marseille Provence (59 694 tonnes) en croissance de 5,3% et qui en profite pour ravir la 5ème place à Lyon-Saint-Exupéry (57 278 tonnes, en léger recul de 1,1%).