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Il y a quinze mois, les trois Banques Populaires engageaient une fusion qui devrait permettre à la banque coopérative d’occuper tout le terrain de la région Auvergne-Rhône-Alpes et même un peu au-delà. Un an après, si les effectifs et le nombre d’agences ont un peu fondu, le résultat net a gagné 14 %, de même que le produit net bancaire, en hausse de 18,5 %.

Fusionner une banque avec une autre c’est déjà lourd, mais trois ! C’est pourtant la tâche à laquelle se sont attelé les trois banques populaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes : « un sacré chantier », se remémore Daniel Karyotis qui a été placé à la tête de l’ensemble, comme directeur général.

 Le premier véritable exercice complet depuis la fusion vient d’être présenté. Ses résultats permettent aux auteurs de la fusion d’affirmer qu’ils avaient vu juste : elle a porté ses fruits.

 « La fusion nous a permis d’obtenir une taille critique qui nous a donné la possibilité de développer nos moyens d’action », explique Daniel Karyotis.

La fusion : un processus long et complexe

 Rappelons les faits : les trois Banques Populaires du territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes (*) ont effectivement fusionné en novembre 2017. Un processus long et complexe, long à mettre en place : il avait été lancé le 7 décembre 2016.

 Cette fusion s’est révélée bénéfique, comme en témoignent les chiffres du premier exercice, celui de 2018, se déroulant sur une année entière.

 Alors que l’environnement économique n’était pas à l’aune de la belle année 2017 ; 2018 a vu le produit net bancaire progresser de 18,7 % à près de 700 millions d’euros.

 De même les crédits d’équipement des entreprises ont crû de 6 %, ce qui a permis un production globale de crédits de 5,3 milliards d’euros.

 A l’arrivée, cette dynamique se retrouve dans le dernier chiffre en bas à droite, celui du résultat net qui, en hausse de 14 % s’affiche à 122,5 millions d’euros.

 Cette croissance s’explique aussi par une baisse des charges d’exploitation de 1 %, conséquence de la fusion qui a permis de mutualiser un certain nombre de services. Les effectifs ont ainsi diminué, passant à 3 600. Ils étaient de 3 840 salariés pour les trois anciennes entités, il y a trois ans. La barre des 3 600 personnes devrait d’ailleurs être bientôt franchie à la baisse.

Trente-neuf agences fermées

 Le nombre d’agences est aussi à la baisse : elles sont désormais au nombre de 335, après fermeture de 39 agences .

 Mais Daniel Karyiotis de préciser aussitôt : « attention, diminuer le nombre d’agences n’est pas pour nous un objectif, une fin en soi. Nous savons qu’il est important de mailler notre territoire. Cette baisse est due à des raisons de sécurité et à cet égard une agence de deux personnes présente des risques. De même les clients veulent retrouver le maximum de compétences au sein d’une même agence, ce qui nous a amené à regrouper des agences pour leur donner une taille critique, en conservant et regroupant les salariés. »

 Un exemple à Lyon : la nouvelle agence qui ouvrira sous peu, près de la place Bellecour, dans la Presqu’île lyonnaise, rue Auguste Comte est le fruit du regroupement de deux agences, celles de la rue des Archers et de la rue Victor Hugo.

Des agences de centre-ville qui, déplore le directeur général sont par ailleurs régulièrement depuis plusieurs semaines la cible des manifestations des Gilets Jaunes, « ce qui met en danger la sécurité de nos collaborateurs. »

« Après la fusion, nous aurons investi dans le réseau, entre fin 2018 et fin 2019, près de 40 millions d’euros dans le cadre de notre plan stratégique », précise Daniel Karyotis.

 Et de se lancer un satisfecit en ce qui concerne ce plan stratégique  : « Nous sommes plutôt en avance… », explique Daniel Karyotis.

 Reste à savoir ce qu’il en sera de 2019, exercice qui, selon le directeur général débute sous de bien moins bons auspices…

(*) La Banque Populaire des Alpes, la Banque Populaire Loire et Lyonnais et la Banque Populaire du Massif Central.