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Ce sera certes un magasin, mais aussi un lieu de fabrication de piéces en soie, foulards, étoles ou cravates, avec un métier Jacquard en activité, ainsi qu’une planche d’impression ; le tout sur 220 mètres carrés au sein d’un Grand Hôtel-Dieu qui trouve là une activité qui fait référence à l’histoire lyonnaise.

Les routes de la Soie ouvertes par le président chinois Xi Jinping ne pouvaient qu’inspirer les soyeux lyonnais.

Un monde en pleine renaissance, comme en témoigne l’organisation du Silk Festival dans le cadre du Palais du commerce, le week-end dernier. Et comme en témoigne également l’ouverture par la société lyonnaise Brochier Soieries d’une grande boutique de 220 mètres carrés au sein du Grand Hôtel-Dieu, lui aussi en pleine renaissance.

Une boutique qui contrairement à certaines autres sur ce même site se coule parfaitement sous les voûtes des 17ème et 18ème siècle donnant sur les quai du Rhône.

« Un lieu magique »

La société qui commercialise les espaces commerciaux du Grand Hôtel-Dieu avait d’abord proposé à Cédric Brochier, Pdg de l’entreprise éponyme, de s’installer sous la grande verrière, ce qui l’avait laissé dubitatif. En revanche, il a eu, explique-t-il, le coup de cœur pour ce local- « un lieu magique », s’enflamme-t-il-dans lequel il a fait installer un métier à tisser Jacquard datant de 1870, ainsi qu’une planche d’impression pour soie. Pas seulement pour le décorum, mais pour y fabriquer directement, in situ, devant les clients foulard, étoles ou cravates en soie. Attraction assurée !

En fait ce nouvel antre du Grand Hôtel-Dieu dédié à la soie est séparé en quatre espace distincts, selon la description faite par Cédric Brochier. Au niveau de la partie dévolue au métier Jacquard, on trouve des foulards tissés en velours de soie. A côté, dans l’espace où est installée la planche d’impression sur soie, on y déniche des cravates en soie imprimée.

Enfin, côté quais du Rhône, un espace-galerie est consacré aux foulards utilisant l’importante collection de dessins-maison provenant des plus grands artistes à l’instar de Miro, Braque ou Chagall ; voire d’autres plus contemporains, comme Jeff Koons ou des auteurs de Street art.

Et enfin l’espace par lequel le public pénètre dans les lieux est dévolu à une collection spécifique dédiée au Grand Hôtel-Dieu.

2,5 millions d’euros de chiffre d’affaire

Cinq personnes vont travailler dans cette boutique qui devrait booster le développement de Brochier Soieries qui compte à l’heure actuelle vingt salariés pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros.

Brochier Soieries possédait déjà deux petites boutiques à destination des touristes à Saint-Jean dans le centre historique de Lyon, avec cette grande boutique, la petite entreprise de soierie lyonnaise passe à la vitesse supérieure.

Cette première grande boutique qui a représenté un investissement de 400 000 euros, avec son métier à tisser et sa table d’impression, devrait attirer les touristes en nombre.

 En fonction des retombées économiques de ce nouveau concept de boutique, Cédric Brochier, 57 ans, n’exclut pas d’aller encore plus loin et de développer d’autres boutiques ailleurs sur le même concept que celui du Grand Hôtel-Dieu. Il se donne ainsi six mois pour tirer un premier bilan.

Ce qui permettrait à cette entreprise qui tient haut le flambeau de la soierie lyonnaise de renouer encore plus avec son glorieux passé : elle a été fondée en 1890…

Elle a même possédé une branche spécialisée dans les textiles techniques, fabriquant alors même le nez du Concorde ! Cette branche a été cédée et reprise in fine par le groupe américain Hexcel qui, juste retour des choses, vient d’ouvrir une grande usine de fibres de carbone, au Sud de Lyon…

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