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Deux cents salariés concernés : l’usine Bosch de panneaux solaires de Vénissieux mise en vente

Destinée à remplacer la fabrication de pompes à injection automobile, l’usine de modules solaires Bosch de Vénissieux sera vendue ou fermée. Le géant Allemand abandonne presque complétement le secteur qui fait travailler trois mille personnes en Europe. Mais qui voudra bien reprendre ce site, pourtant un des plus grands et un des plus modernes d’Europe ?

Le 20 mars dernier, le dépôt de bilan du géant chinois du solaire, Suntech était un signal fort de l’accentuation de la crise dans le solaire. L’annonce d’un autre géant, allemand, cette fois, Bosch, qu’il quittait lui aussi l’industrie photovoltaïque, n’a pas été une surprise.

C’est néanmoins un choc pour les deux cents salariés qui, avec l’appui de la CFDT, avaient réussi depuis très précisément un an, la reconversion de l’usine Bosch de Vénissieux des pompes à chaleur « common rail » vers le solaire.

« Notre objectif est de faire partie des leaders du marché du photovoltaïque » avait lancé Jürgen Pressl, membre du directoire de Bosch Solar Energy, division solaire du groupe le 15 mars 2012, lors de l’inauguration des deux lignes de production.

La division solaire de Bosch a perdu un milliard d’euros

Les chiffres sont pourtant implacables : en 2012, cette division qui fait travailler en France et en Allemagne un total de trois mille personnes a perdu un milliard d’euros.

En novembre, Bosch s’était retirée du projet géant d’énergie solaire en Afrique du Nord et au Moyen-Orient Desertec. En janvier, la direction du groupe avait fait savoir qu’elle étudiait “toutes les possibilités envisageables” quant à l’avenir de ce segment.

Rien d’étonnant : face au peu de visibilité dans cette industrie du solaire aux énormes surcapacités, le groupe industriel allemand Bosch a annoncé vendredi 22 mars qu’il mettait fin à toutes ses activités dans le photovoltaïque. Il a décidé de vendre ou de fermer toutes ses unités.

“L’usine de modules de Vénissieux sera vendue. Le projet de production en Malaisie sera abandonné. Bosch prévoit de vendre ses parts dans Aleo Solar“, une filiale qu’il détient à 90,7%, a annoncé le groupe à l’issue d’un comité central d’entreprise.

Bosch ne conserve que les activités de développement concernant la technologie des couches minces, assurées par la société CISTech GmbH, située à Brandebourg-sur-la-Havel, en Allemagne.

Un avenir sombre pour les salariés

“Ce n’était pas soutenable à long terme”, a commenté le patron de la division Solar Energy, Volkmar Denner lors d’une conférence de presse téléphonique.

Il a évoqué les “immenses surcapacités” de production auxquelles fait face le secteur. “Aujourd’hui, presque tous les grands fabricants enregistrent des pertes, même les Chinois”, a-t-il souligné. Le dépôt de bilan de Suntech n’est sans doute que la préfiguration d’autres faillites dans l’Empire du Milieu, le nouveau gouvernement chinois étant décidé à ne plus accompagner des entreprises qui perdent des milliards.

Quel avenir pour les deux cents salariés de Vénissieux ? Il est sombre. Le solution choisie par Bosch est de vendre l’unité de fabrication des modules. Il est donc à la recherche de repreneurs, mais on voit mal dans la situation actuelle les propositions affluer.

Volkmar Denner indique nénamoins que certains salariés pourraient être reclassés dans d’autres divisions du groupe.

La débandade générale

En 2012, le marché du photovoltaïque a chuté de 18 % en valeur, à 77,5 milliards de dollars.

Un autre allemand, Siemens, a d’ailleurs, lui aussi, tourné la page, en octobre dernier, en cédant toutes ses activités solaires . D’autres acteurs du secteur ont dû mettre la clé sous la porte, l’an dernier, en Allemagne.

Les deux lignes de fabrication Bosch à Vénissieux avaient nécessité 40 millions d’euros : elle était la plus grande usine de production de modules de France, capable de produire jusqu’à 2 000 panneaux par jour, soit 600 000 par an, représentant l’équivalent de 150 Mégawatts, soit encore la consommation électrique de 51 000 foyers français. Les panneaux étaient destinés aux marchés de l’Hexagone, du Bénélux et du bassin méditerranéen.

Interrogé lors de l’inauguration en mars 2012 sur l’avenir du photovoltaïque alors qu’à cette époque une autre usine, Photowatt à Bourgoin-Jallieu, était en grande difficulté, Jürgen Pressl avait affirmé : « Il faut passer un certain temps et au final, nous pensons gagner grâce à une qualité plus élevée de nos produits ». L’usine était pourtant spcialisée non pas dans les grandes séries, mais dans les commandes dites « particulières », à plus haute valeur ajoutée. Malgré tous ces atouts, elle est emporté dans la débâcle de l’industrie solaire.

Photo (AFP)Ouvriers de l’usien Bosch de Vénissieux maniant des panneaux solaires sortant des chaînes de fabrication.