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Photovoltaïque : DIMÉO déploie 36 centrales en toiture sans apport des propriétaires

La société lyonnaise DIMÉO Invest, filiale du groupe DIMÉO Énergie, vient de boucler le financement de sa première opération en tiers investissement, structurée avec la Caisse d’Epargne Rhône Alpes et Bpifrance. Trente-six centrales solaires en toiture, soit 12,05 mégawatts-crête, seront raccordées d’ici début 2027, dont près de la moitié en Auvergne-Rhône-Alpes. Derrière le montage financier, c’est surtout un modèle économique qui rebat les cartes pour les propriétaires de bâtiments.

Un premier portefeuille de 12 MWc financé sans capital des hôtes

Concrètement, DIMÉO Invest a sécurisé le financement bancaire nécessaire à la construction et à l’exploitation d’une première grappe de 36 installations photovoltaïques posées sur des toitures. L’ensemble représente une puissance installée de 12,05 mégawatts-crête, avec une mise en service échelonnée jusqu’au début de l’année 2027. Près de la moitié de ces centrales seront implantées en Auvergne-Rhône-Alpes, le reste se répartissant sur d’autres territoires. L’entreprise lyonnaise conservera l’exploitation et la maintenance de ces sites sur toute leur durée de vie, soit plusieurs décennies.

Le chiffre de 12 MWc mérite d’être ramené à l’échelle de chaque site : avec 36 centrales, la puissance moyenne avoisine 335 kilowatts-crête par toiture. On est loin des grandes fermes solaires au sol de plusieurs dizaines de mégawatts ; il s’agit ici de toitures de bâtiments tertiaires et agricoles de taille intermédiaire. C’est précisément la logique de la grappe : agréger une trentaine de petites installations pour atteindre un volume suffisant à financer dans des conditions bancaires, là où chaque toiture prise isolément resterait trop modeste pour intéresser un prêteur.

L’opération a été montée avec la Caisse d’Epargne Rhône Alpes et Bpifrance. Leur intervention n’a rien d’anecdotique : un portefeuille photovoltaïque mobilise des capitaux lourds en amont, pour des revenus qui s’étalent ensuite sur vingt à trente ans. Sans un partenaire bancaire capable de structurer ce type de financement long, le modèle ne tient pas. La Caisse d’Epargne, qui accompagne DIMÉO Invest depuis sa création, met en avant son rôle de banque régionale sur le financement de projets liés à la transition énergétique ; elle décrit cette première opération comme le prolongement naturel d’une relation déjà installée avec l’entreprise.

Pourquoi le tiers investissement accélère en région

L’intérêt de l’annonce tient moins au nombre de panneaux qu’au schéma retenu. Dans le tiers investissement, le propriétaire d’un bâtiment met sa toiture à disposition mais ne sort pas un euro : DIMÉO Invest finance l’installation, la réalise, puis l’exploite. L’hôte valorise une surface jusque-là inutilisée et bénéficie d’une production locale d’électricité, pendant que l’opérateur se rémunère sur la vente de l’énergie. Pour un dirigeant de PME, un exploitant agricole ou un gestionnaire de site logistique, cela lève l’obstacle qui freine la plupart des projets solaires : l’investissement initial et la mobilisation de trésorerie qu’il suppose.

Ce déblocage tombe à un moment où la pression réglementaire et économique pousse dans le même sens. La loi d’accélération des énergies renouvelables de 2023 impose progressivement l’équipement solaire des grandes toitures et des parkings, tandis que la volatilité des prix de l’électricité incite les entreprises à sécuriser une part de leur approvisionnement. Beaucoup de propriétaires veulent profiter de ces surfaces sans détourner leurs capacités d’investissement de leur cœur de métier : le tiers investissement répond directement à cet arbitrage.

L’ancrage régional de l’opération n’est pas qu’un argument de communication. En conservant l’exploitation et la maintenance de ses centrales, DIMÉO Énergie installe des revenus récurrents et des compétences techniques durables sur le territoire, là où l’installation d’un parc se mesure aussi en emplois de suivi, de dépannage et de supervision sur le long terme. Le fait même que deux financeurs régionaux acceptent de soutenir un portefeuille de toitures agrégées en dit long : il signale que le solaire en toiture devient finançable à l’échelle, et plus seulement sur des coups isolés.

Cette première grappe ouvre la voie à d’autres. DIMÉO Invest indique vouloir élargir son offre et enchaîner de nouveaux portefeuilles, ce qui suppose de répliquer le montage avec d’autres bâtiments et, à terme, de peser davantage dans la production d’énergie renouvelable décentralisée de la région. Pour les propriétaires de bâtiments, le message est clair : une toiture qui dormait peut désormais devenir un actif productif sans mobiliser de capital, et les financeurs sont prêts à suivre.