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Un baromètre réalisé par OpinionWay pour Forvis Mazars auprès de 506 dirigeants dans cinq grandes métropoles françaises révèle un paradoxe saisissant : si les chefs d’entreprise restent confiants dans leurs propres structures, leur regard sur les territoires qui les accueillent est bien plus sombre.

Une confiance à deux vitesses

C’est le chiffre qui résume tout : 76 % des dirigeants interrogés estiment que la situation économique de leur entreprise est bonne, mais ils ne sont plus que 59 % à porter ce jugement sur la métropole dans laquelle ils sont implantés. Un écart de 17 points qui dit beaucoup sur l’état d’esprit du patronat local en ce début 2026.

Cet écart se retrouve, à des degrés divers, dans chacune des cinq métropoles étudiées, Aix-Marseille, Bordeaux, Lille, Lyon et Nantes. À Lyon, la fracture est particulièrement marquée : 70 % des dirigeants jugent leur entreprise en bonne santé, mais seulement 51 % portent le même verdict sur leur territoire, le score le plus faible de l’étude. À l’opposé, Lille affiche 83 % pour les entreprises contre 67 % pour la métropole, soit un écart plus contenu.

La dynamique temporelle confirme cette prudence. Comparée à il y a cinq ans, la confiance dans les métropoles s’est érodée : seulement 23 % des dirigeants se déclarent plus confiants dans leur territoire qu’en 2020, contre 40 % qui le sont davantage pour leur propre entreprise. Et depuis 2020, l’attractivité des métropoles est jugée en recul par 31 % des répondants, contre 28 % qui estiment qu’elle s’est améliorée.

Fiscalité et bureaucratie, les deux irritants majeurs

Quand on interroge les dirigeants sur les politiques municipales des six dernières années, les lacunes perçues convergent sur deux axes. La fluidité des démarches administratives est citée par 41 % des répondants parmi les domaines les moins bien pris en compte, et la fiscalité locale par 39 %. Ces deux items caracolent en tête du palmarès des insatisfactions, loin devant d’autres enjeux comme la disponibilité de locaux (26 %) ou la qualité de vie (22 %).

À l’inverse, les dirigeants reconnaissent des progrès sur la qualité des infrastructures de transport (46 % l’identifient comme un domaine bien traité) et sur le soutien à la transition écologique (35 %). Ces résultats traduisent une demande claire : moins d’obstacles au quotidien, plus de prévisibilité fiscale et réglementaire.

Un marché du travail sous tension

Le volet emploi de l’étude révèle des tensions persistantes. Toutes métropoles confondues, 39 % des entreprises déclarent rencontrer au moins une difficulté de recrutement. Le manque de candidatures (21 %) et le déficit d’expérience des postulants (16 %) arrivent en tête des obstacles cités.

Aix-Marseille se distingue avec 46 % d’entreprises confrontées à des difficultés de recrutement, soit le taux le plus élevé de l’étude. Bordeaux s’en sort mieux avec 32 %. Côté perspectives, les dirigeants restent prudents : 19 % anticipent une hausse de leurs effectifs dans les douze prochains mois, mais 10 % prévoient une réduction. À Lyon, cette proportion atteint 15 %, un signal d’alerte que les élus locaux ne pourront ignorer.

Un message fort à l’adresse des futurs élus

À quelques jours des élections municipales, ce baromètre prend une résonance politique particulière. Les attentes vis-à-vis du prochain mandat sont élevées et largement partagées. Toutes métropoles confondues, 89 % des dirigeants estiment que la concertation avec les entreprises doit constituer une priorité pour les futures équipes municipales. Ce score monte à 94 % à Lyon, le plus haut de l’étude.

Les autres attentes sont tout aussi nettes : 81 % souhaitent que leur métropole favorise l’implantation de nouvelles entreprises et le développement de zones d’activités économiques, et 74 % appellent à un engagement plus fort dans la transition écologique, avec un accompagnement concret des entreprises dans leurs démarches environnementales.

Ce que demandent les dirigeants n’est pas révolutionnaire, mais structurant : de la lisibilité, de la stabilité et un dialogue institutionnel renforcé. Un programme que les candidats aux municipales auront tout intérêt à intégrer.


Méthodologie : Étude réalisée par téléphone du 11 au 23 février 2026 auprès de 506 dirigeants d’entreprises (au moins 1 salarié) implantées dans les métropoles d’Aix-Marseille, Bordeaux, Lille, Lyon et Nantes, selon la méthode des quotas. Marges d’incertitude : 1,9 à 4,4 points.