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Données personnelles : le consentement devient un levier de performance

Longtemps cantonnée à une obligation réglementaire, la gestion des données personnelles change de nature. Selon le dernier benchmark publié par Didomi, le consentement s’impose désormais comme un actif stratégique pour les entreprises, à la croisée du marketing, de la data et de la rentabilité.

Le consentement, dernier signal fiable pour les entreprises

La transformation est nette. Avec la disparition progressive des cookies tiers et la montée en puissance des bloqueurs de publicité, les entreprises font face à une raréfaction des données exploitables. Aujourd’hui, 52 % des consommateurs dans le monde utilisent un adblocker, ce qui fragilise directement les stratégies d’acquisition et de ciblage.

Dans ce contexte, les données propriétaires, collectées avec le consentement des utilisateurs, deviennent centrales. Elles sont plus fiables, plus qualitatives et surtout directement activables dans les outils marketing.

Le rapport montre que ce basculement est déjà engagé. En 2025, plus de 21,7 milliards de choix utilisateurs ont été collectés via les plateformes de gestion du consentement, preuve d’un usage désormais massif.

Une performance mesurable, notamment dans les médias

Contrairement à une idée encore répandue, le consentement ne freine pas la performance. Il peut au contraire l’améliorer, à condition d’être bien intégré dans l’expérience utilisateur.

Les données du benchmark sont claires. En Europe, les taux de consentement restent élevés, entre 75 % et près de 90 % selon les régions. Certains secteurs se démarquent particulièrement, notamment les médias et éditeurs, qui atteignent un taux d’opt-in de 64,4 %.

Ce niveau s’explique par une proposition de valeur plus lisible pour l’utilisateur. Lorsque la contrepartie est claire, accès à un contenu, personnalisation ou service, les internautes acceptent davantage de partager leurs données.

À l’inverse, les entreprises qui se contentent d’une approche purement réglementaire peinent à transformer ce moment en opportunité business.

De la conformité à une véritable architecture de revenus

Le changement le plus structurant concerne le rôle même de la privacy dans l’entreprise. Elle ne relève plus uniquement des équipes juridiques, mais devient un sujet transverse, impliquant marketing, data et technologie.

Le consentement alimente directement plusieurs leviers clés. Il améliore la qualité des données analytiques, permet un meilleur pilotage des campagnes et renforce la personnalisation des parcours clients.

Il devient aussi un facteur clé dans la performance des algorithmes publicitaires et des modèles d’intelligence artificielle. Des données consenties et qualifiées offrent des signaux plus précis, donc plus rentables.

Le rapport parle d’une véritable “architecture de revenus”, où la capacité à collecter et activer des données conformes devient un avantage concurrentiel décisif.

Un enjeu stratégique pour les entreprises en 2026

Cette évolution intervient dans un contexte de mutation profonde du marché de la donnée. Entre pression réglementaire, montée de l’IA et disparition des signaux tiers, les entreprises doivent repenser leur stratégie.

Le défi n’est plus de collecter plus de données, mais de collecter mieux. Cela suppose de créer une relation de confiance avec l’utilisateur, d’expliquer la valeur de la donnée et de l’intégrer dans une logique globale de parcours client.

Les organisations les plus avancées vont plus loin. Elles unifient le consentement sur tous les canaux, web, mobile, CRM, et l’activent en temps réel dans leurs outils marketing. Cette capacité d’orchestration devient un facteur de différenciation.

À l’inverse, celles qui restent sur une approche défensive de la conformité risquent de perdre en performance et en compétitivité.

Et après ? Vers une nouvelle économie de la donnée

La tendance devrait s’accélérer dans les prochains mois. L’essor de l’intelligence artificielle renforce encore la nécessité de disposer de données fiables et traçables.

Dans ce nouveau paradigme, la qualité prime sur la quantité. Le consentement devient le socle d’une data exploitable, durable et rentable.

Pour les dirigeants, l’enjeu est désormais clair. La privacy n’est plus un sujet juridique. C’est un sujet de croissance.