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Emploi : l’Auvergne-Rhône-Alpes reste la deuxième région la plus dynamique en 2025 malgré un ralentissement du marché

Selon le baromètre publié par Hellowork, le marché de l’emploi en France s’est ajusté en 2025 après plusieurs années de forte dynamique. Plus de 10,1 millions d’offres d’emploi, tous types de contrats confondus, ont été diffusées sur l’année. Si ce volume marque un recul par rapport à une année 2024 exceptionnelle, il demeure à un niveau élevé, proche de celui observé en 2023 et nettement supérieur aux standards d’avant-crise.

Dans ce contexte, l’Auvergne-Rhône-Alpes confirme son rôle moteur au niveau national. La région concentre 14 % des offres publiées en 2025, se positionnant comme la deuxième région la plus dynamique derrière l’Île-de-France, qui en concentre 15 %.

Un marché qui se normalise après plusieurs années exceptionnelles

Après la forte accélération observée à la sortie de la crise sanitaire, le marché de l’emploi est entré en 2025 dans une phase de normalisation. Le ralentissement de la croissance économique, un contexte géopolitique toujours incertain et des contraintes budgétaires plus fortes ont conduit les entreprises à ajuster leurs politiques de recrutement.

Au total, le volume d’offres publiées recule de 9,8 % sur un an. Cette baisse s’est principalement concentrée sur les périodes traditionnellement sensibles aux arbitrages économiques, notamment au printemps et en fin d’année, traduisant une gestion plus prudente des recrutements plutôt qu’un arrêt brutal du marché.

Le quatrième trimestre 2025 confirme cette tendance, avec une baisse de 15 % par rapport à la même période de l’année précédente. Malgré ce recul, 2,2 millions d’offres ont été publiées sur les trois derniers mois de l’année, illustrant la résilience du marché de l’emploi dans un environnement économique moins favorable.

Une baisse homogène sur l’ensemble des territoires

La géographie de l’emploi reste globalement stable en 2025. Toutes les régions enregistrent un recul du volume d’offres, dans des proportions proches de la moyenne nationale. En Auvergne-Rhône-Alpes, la baisse atteint 10 %, un niveau comparable à celui observé en Île-de-France.

Certaines régions résistent toutefois mieux, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, portée notamment par les besoins en santé et en services à la personne. À l’inverse, des ajustements plus marqués sont observés en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Pays de la Loire, en lien avec le ralentissement de l’industrie, du BTP et des recrutements dans les services numériques.

Dans les grandes métropoles, le ralentissement apparaît plus prononcé que la moyenne nationale. Le volume d’offres recule de 11 % à Lyon et de 12 % à Paris, tandis que certaines villes comme Toulouse, Bordeaux ou Lille enregistrent des baisses plus significatives. Strasbourg se distingue par une quasi-stabilité sur l’année.

Des recrutements plus prudents sur les contrats longs

L’année 2025 est marquée par un décrochage progressif des offres en CDI. Après un basculement dans le négatif à partir de l’automne 2024, le repli s’est poursuivi tout au long de l’année. En cumulé, les offres de CDI reculent de 11 %, avec 4,4 millions d’offres publiées.

Les contrats à durée déterminée suivent une trajectoire comparable, avec une baisse de 10 % sur l’année. Après un début d’année hésitant et un léger rebond estival, la dynamique s’est à nouveau dégradée à l’automne, traduisant un recours plus opportuniste aux contrats courts, fortement dépendant des cycles d’activité.

L’intérim joue son rôle d’amortisseur

Dans ce contexte, l’intérim confirme son rôle de variable d’ajustement du marché du travail. Avec 4,2 millions d’offres diffusées en 2025, le recul reste plus limité que pour les autres types de contrats. L’intérim demeure particulièrement mobilisé dans le BTP et l’industrie, notamment dans certains segments comme l’agroalimentaire et l’aéronautique.

Les offres en alternance reculent également sur l’année, avec une baisse plus marquée que pour les autres contrats. Cette évolution s’explique en partie par les effets de la réforme du financement de l’apprentissage et la réduction des aides, qui ont freiné certains projets de recrutement.

La santé et les services à la personne restent des piliers

Dans un marché globalement moins porteur, la santé et les services à la personne confirment leur rôle central. Ces filières concentrent une part importante des offres et affichent une quasi-stabilité sur un an, portées par des besoins structurels durables sur l’ensemble du territoire.

À l’inverse, certaines fonctions enregistrent des reculs significatifs, notamment les ressources humaines, la formation, le marketing, la communication, ainsi que plusieurs spécialités de l’ingénierie et de l’industrie.

Les métiers de la santé et de l’aide à la personne restent parmi les plus recherchés en 2025, avec en tête les infirmiers, aides-soignants et aides-ménagers. Les tensions de recrutement demeurent également fortes dans la construction, l’enseignement et certains segments industriels, malgré le ralentissement général du marché.

Un marché toujours actif malgré le ralentissement

Selon Hellowork, 2025 marque une phase d’ajustement logique après plusieurs années exceptionnelles. Les entreprises continuent de recruter, notamment pour remplacer les départs, mais de manière plus ciblée et plus sélective.

Ce mouvement dessine un marché de l’emploi plus équilibré, dans lequel les besoins en compétences restent élevés, en particulier dans les secteurs essentiels, à l’approche des enjeux démographiques des prochaines décennies.