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En pointe dans la consigne des bouteilles de vins : la start-up lyonnaise Oé reçoit le Prix de l’innovation environnementale décerné par la RVF

Cela fait des années qu’on en parle dans le monde du vin, mais on ne voyait rien venir. Il s’agit du réemploi des bouteilles consommées et donc du retour de la consigne. Oé, une start-up lyonnaise de vins bio, végan et sans pesticides, vient, une première en France, de franchir le pas, ce qui lui a valu à sa grande surprise de recevoir le Prix de l’innovation environnementale 2021 par la Revue du Vin de France (RVF).

Dans le cadre de sa stratégie environnementale, le gouvernement est actuellement en train de travailler à retour de la consigne des bouteilles de vin, une pratique qui existait encore il y a trentaine d’années et qui a totalement disparu.

75 % d’économies d’énergie

Une bonne raison à cela : « Une bouteille lavée nous coûte deux à trois fois plus cher qu’une bouteille classique, mais elle permet d’économiser 33 % d’eau et 75 % d’énergie », explique Thomas Lemasle, co-fondateur de la start-up lyonnaise Oé avec François-Xavier Henry, il y a quatre ans.

Une idée œno/écolo les taraudait depuis plusieurs années.

“Tout le monde nous disait : c’est impossible, vous n’y arriverez pas : tout le monde s’est cassé les dents !”, se rappelle Thomas Lemasle qui ajoute : “Et pourtant nous y sommes arrivés, alors que nous sommes une petite société.”

Oé dont le siège est situé à Gorge-de-Loup n’emploie en effet que quatorze personnes et a produit l’année dernière 200 000 bouteilles.

“Notre concept : nous allons voir des vitilcuteurs bio, pour certains également en biodynamie, nous mettons leurs vin en bouteille. Puis, nous les distribuons par différents canaux : notre site Internet, des magasins bio comme l’Eau vive ou Biocoop, des épiceries en vrac, des restaurants”, explique Thomas Lemasle.

Comment le système de consigne mis en place pour toutes les bouteilles fonctionne ? “ Le commerçant stocke les bouteille vides dans des casiers. Quand il a plusieurs casiers pleins, il fait appel à une société lyonnaise spécialisée dans le nettoyage des bouteilles, Rebooteille, qui nous les revend ensuite…”

Deux à trois fois plus chère

Et de reconnaître : “ Nous les rachetons effectivement deux à trois plus chères qu’une bouteille neuve, soit de 20 à 30 centimes, contre 10 à 12 centimes, mais cela nous permet d’être cohérent avec nos valeurs bio”…

Les deux co-créateurs d’Oé ont l’impression d’être sur ce créneau des précurseurs. “Un jour, tout le monde nous suivra”, assure Thomas Lemasle.

A savoir qu’une bouteille nettoyée peut être réemployée jusqu’à quinze fois…

Outre le surcoût il existe tout-de-même deux autres inconvénients : le fait que de facto, les bouteilles doivent être normalisées et donc doivent avoir la même forme et ne brillent donc pas par leur originalité ; et enfin le fait que le verre peut être usé, un peu moins brillant que pour une bouteille neuve, reconnaît Thomas Lemasle.

 

Pour autant, ce choix ne semble pas leur porter préjudice : leur entreprise connaît chaque année une croissance à deux ou trois chiffres ; une croissance qui les avait amené à opérer une levée de fonds de 2,5 millions d’euros en 2020. En 2021, malgré la pandémie et la fermeture des restaurants et des lieux d’événementiel qui sont de gros clients, ils ont malgré tout été en croissance.

Ce prix de la prestigieuse “Revue des Vins de France”, un magazine spécialisé prisé des œnophiles, leur permet de se retrouver dans les projecteurs. La consigne constitue pour eux un coût assumé, mais assurément et largement compensé en termes d’image…

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