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Créée il y a douze ans dans un labo de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Lyon, la société Genoway lancée par d’anciens élèves voit son horizon s’élargir. Cette entreprise qui fournit aux gands laboratoires publics et aux Bigs Pharmas mondiales des souris transgéniques pour mener à bien leurs recherches est devenue rentable et a trouvé son modèle économique. Son objectif est désormais de bénéficier du mouvement de sous-traitance généralisé des labos de recherche dans le monde entier pour figurer dans le trio de tête.

Le développement des biotechnologies à Lyon, a créé dans son sillage un certain nombre de sociétés de services pour répondre aux besoins des laboratoires, des grandes sociétés pharmaceutiques.

Genoway qui effectue 95 % de son chiffre d’affaires à ‘linternational est le prototype de la société de services qui a réussi dans ce créneau et ce, dans un domaine très précis : celui de la création de souris et de rats transgéniques.

L’entreprise lyonnaise a trouvé une formule permettant de modifier le patrimoine génétique des rongeurs pour le rapprocher de celui de l’homme et offrant la possibilité aux laboratoires de tester leurs futurs médicaments. Il faut savoir que les labos utilisent dans le monde, plus d’une dizaine de millions de rongeurs par an.

La société créée par Alexandre Fraichard est devenue un grand du genre. Installée à Gerland, elle compte désormais soixante-dix salariés. Et ayant choisi de s’installer dès le début sur le marché des souris transgéniques « à façon », c’est-à-dire correspondant aux besoins très précis des recherches auxquelles elles sont destinées, la société est rentable.

Cette entreprise cotée sur le marché Alternex des valeurs de croissance de la Bourse a ainsi réalisé l’année dernière, un résultat net de 500 000 euros pour un chiffre d’affaires de 7,74 millions d’euros.

Cette entreprise qui a connu à ses débuts une croissance fulgurante avec des taux de 20 à 30 % par an, s’était assagie pour privilégier la rentabilité à une croissance à tout crin qui pouvait se révéler dangereuse pour sa pérennité.

Pour Alexandre Fraichard, cette phase est terminée. Il sonne le retour à la croissance à deux chiffres. « Nous nous engageons dans une nouvelle phase d’accélération de notre développement avec la réalisation d’investissements technologiques majeurs, le développement de partenariats stratégiques d’envergure et le renforcement de notre structure pour accompagner notre croissance », lance-t-il.

Ce plan stratégique vise à doubler l’activité de Genoway, à l’horizon de trois ans.

Genoway est, selon lui, en ordre de marche pour répondre à l’évolution d’un marché qui s’ouvre de plus en plus. « Comme à Lyon où quatre labos sont dans ce cas, dans le monde entier, des labos de recherche ou des entreprises pharmaceutiques avaient conservés leur propre plate-formes de souris transgéniques. Elles se rendent compte que cela leur coûte cher. Et la tendance générale est à la sous-traitance : des sociétés Pfizer et GSK ont annoncé qu’elles allaient fermer leurs plates-formes. Il y a là pour nous un gros potentiel de développement. »

Or, seules deux à trois sociétés dans le monde sont capables de répondre à cette opportunité. Outre Genoway, il s’agit de ses deux principaux concurrents : les sociétés américaines Artemis et Xenogen. C’est la raison pour laquelle, Alexandre Fraichard entend accélérer le mouvement.

Ce retour à la croissance destinée à rester rentable passe par des contrats cadre sur plusieurs années avec des Bigs pharmas ou de prestigieuses universités.

Les signatures de tels contrats se succèdent. Suite à une compétition internationale, l’un d’entre eux a été paraphé en décembre 2011 avec deux universités américaines phares, basées au Texas et dans le Massachussets. Les axes de recherche s’orienteront là vers les neurosciences (maladies d’Alzheimer et de Parkinson) et la génétique humaine.

Un autre contrat a été signé en février dernier avec une université européenne, cette fois, classée parmi les meilleurs établissements mondiaux dans le domaine de la recherche scientifique. Les projets de recherche portent là sur l’immunologie, les neurosciences et la génétique. Il faut savoir qu’un seul lot de souris génétiquement modifiées peut valoir entre 30 000 et 110 000 dollars !

Alexandre Fraichard annonce la signature d’autres contrats similaires en cours d’année. Cela, sera-t-il suffisant pour ranimer le cours de Bourse qui se traîne à 2, 80 euros, en hausse tout de même de près de 20 % depuis le début de l’année ? Les souris vont-elles enfin sourire aux cambistes ?

Photo (DL) : Alexandre Fraichard, Pdg de Genoway.