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Destiné à favoriser l’orientation des jeunes, des collégiens aux étudiants, en les confrontant à la réalité de centaines de professions, le Mondial des Métiers qui se déroule du 2 au 5 février à Lyon-Eurexpo n’est pas que cela. Il peut aussi permettre aux chercheurs d’emploi ou à des salariés désireux de se reconvertir, de trouver un job. Cette manifestation recèle une particularité rare : la quasi-totalité des filières professionnelles rhônalpines participe à cette manifestation qui reste unique en France. Bénédicte Zambo, la directrice générale de l’Arom, l’association qui organise ce grand show des métiers explique pourquoi. Entretien.

Avec chaque année plus de 100 000 visiteurs, le Mondial des Métiers possède une forte image, mais on ne sait pas toujours ce qu’il recouvre. A quoi sert d’abord cette imposante manifestation ?

Bénédicte Zambo-Elle sert à s’informer et à découvrir un métier. Elle permet de visualiser les parcours professionnels, mais aussi des parcours de formation que l’on peut, pendant quatre jours, toucher du doigt en les découvrant sur place. Sa particularité est de constituer un événement au sein duquel chacun n’est pas seulement passif, mais acteur. Ce n’est pas un salon destiné à vendre quelque chose. Depuis l’origine, il est organisé par une association, l’Arom, en partenariat et c’est ce qui fait son originalité, avec les filières professionnelles, mais aussi l’Etat, ainsi que l’Education Nationale et la Région. C’est ce partenariat qui le rend efficace.

Le Mondial des Métiers est-il exclusivement dédié aux jeunes à la recherche d’une orientation ?

Non, il est aussi dédié aux personnes, aux adultes, à la recherche d’un emploi ou d’une reconversion. Celles-ci représentent près de 10 % des visiteurs, soit plus de 12 000 personnes, ce qui est loin d’être négligeable. Ce public tend d’ailleurs chaque année à augmenter, qui plus est avec l’actuelle croissance du chômage.

Ce public a la recherche d’un emploi a t-il quelque chance de trouver un job au Mondial des Métiers ?

C’est fort possible, dans la mesure où pratiquement toutes les filières auront sur leurs stands des offres d’emploi à destination de ce type de public. Leurs offres seront d’autant plus nombreuses dans les métiers dit en tension, c’est-à-dire ces filières qui ont beaucoup de mal à recruter, même actuellement, comme dans le bâtiment ou la restauration, mais bien d’autres encore. Il pourra également assister aux nombreuses conférences qui se déroulent sur le Mondial.

De nouvelles filières seront-elles présentes cette année au Mondial des Métiers ?

Douze nouvelles filières ou métiers s’exposeront cette année : de la justice, au journalisme et à la communication, en passant par l’expertise-comptable, le jeu ou jouets, sans oublier la restauration collective, l’assurance, l’aide à la personne ou encore les métiers vétérinaires.

Organiser un tel salon qui se déploie sur trois halls d’Eurexpo, soit 30 000 m2 et a attiré l’année dernière 124 500 visiteurs, nécessite, on l’imagine une logistique et une équipe importante ?

L’Arom, l’association organisatrice à l’origine de ce Mondial dont je suis la directrice générale, est une vraie petite PME. Nous sommes cinq permanents à temps complet. Pendant le salon lui-même, près de trois mille personnes se mobilisent pour présenter les métiers et les dispositifs de fomation ! Notre budget global s’établit à 880 000 euros. Outre le Mondial des Métiers, nous sommes également chargés de la sélection régionale des Olympiades des Métiers et de la supervision des Forums locaux des Métiers qui, dans les départements de la région Rhône-Alpes, constituent des déclinaisons locales du Mondial.

Cette initiative qui constituera cette année la seizième édition, est la seule en France à connaître une telle ampleur. Pourquoi ce succès et pourquoi n’a t-il pas réussi à se dupliquer ailleurs ?

Il est vrai que le Mondial des Métiers reste une initiative totalement orginale. Aucune autre région n’a réussi à le développer, à cette échelle du moins. La raison tient sans doute à l’écosystème rhônalpin qui a permis de monter un vrai partenariat avec l’Etat, l’Education Nationale, la Région et l’ensemble des filières professionnelles. C’est le fruit de ce travail collectif, de cette volonté commune, qui a permis de le développer et de le hisser à son stade actuel.

Tout ceci semble fort positif, mais peut-on appréhender les retombées concrètes de cette manifestation dont le budget, plutôt élevé, est financé pour une bonne moitié par la région Rhône-Alpes, c’est-à-dire par les deniers des contribuables ?

Nous avons une équipe de statisticiens de l’Université Lyon 2 qui élabore des questionnaires et interroge les visiteurs.

Je viens pour ma part du monde des salons professionnels. En général, le taux de satisfaction, quand vous interrogez les visiteurs lors d’un salon grand public ou professionnel, s’établit aux alentours de 80 %. Chaque année, le taux que nous mesurons au Mondial des Métiers, s’établit, lui, entre 92 et 96 %. Ce qui signifie que la très grande majorité des visiteurs réussit à valoriser sa visite.