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Lyon Parc Auto (LPA) a fait le pari, il y a maintenant 10 ans, de croire en l’autopartage dans la ville de Lyon. Cette initiative avait été matérialisée par la création du service de voiture de location Citiz en 2008, puis de Yea ! en 2017. Aujourd’hui, La ville se veut comme un exemple dans ce type de service conçu dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des lyonnais. Un choix qui s’est fait au détriment du chiffre d’affaires de LPA, soutenu notamment par la mairie et la Métropole.

Dans un contexte où les pics de pollution qui voient les travailleurs véhiculés parfois interdits de circulation, les dirigeants de LPA insistent encore davantage sur l’autopartage comme étant la solution à ce problème.

Cette initiative est aujourd’hui fortement soutenue par la mairie de Lyon ainsi que par la Métropole de Lyon dans l’objectif annoncé d’améliorer la qualité de vie des lyonnais à travers une « mobilité durable ».

Lyon, une ville dite d’avant-garde

 Gérard Collomb, maire de Lyon, a voulu souligner que la ville a agi en tant que précurseur dans la promotion de ce type de mobilité. Ces propos ont été illustrés par une comparaison des deux services d’autopartage avec la location des vélos citadins Vélov’, exemple repris plus tard par la ville de Paris avec le réseau Vélib’.

Le maire de Lyon a rappelé que les autres grandes villes de France ont une par une adopté ce type de services qu’il a qualifié comme étant une « révolution sociétale ».

 Ces termes ont été développés par Louis Pélaez, président de Lyon Parc Auto, qui s’est attardé sur l’idée de l’autopartage comme un vecteur du changement d’état d’esprit de la part des habitants de la métropole lyonnaise.

« Dans les années 70, la mentalité des habitants de la ville était celle de la nécessité d’une voiture, plus on avait une grande voiture mieux on était perçus. Désormais on privilégie l’usage à la possession ».

Un service qui s’est fait connaître par une clientèle variée

Durant l’année 2017, LPA a connu une baisse importante dans son chiffre d’affaires qui avoisinait les 60 millions d’euros en 2016, perdant près de 5 millions d’euros.

Un investissement proche des 9 millions d’euros a été consacré à l’amélioration des services d’autopartage, un choix que Louis Pélaez dit ne pas regretter.

« On me posait la question de savoir si cela valait vraiment la peine de perdre de l’argent pour ce projet, j’ai répondu que oui car l’autopartage représente l’avenir ».

L’usage proposé n’est pas uniquement basé sur le simple trajet entre son domicile et son lieu de travail, LPA évoque des cas comme l’usage des voitures pour le transport de meubles récemment achetés ou encore des usagers qui partent en weekend, parfois en famille.

Didier Vullierme, adjoint au maire de Villeurbanne, a nié l’idée que la clientèle des services d’autopartage serait en grande partie des personnes de classes plus huppées.

« L’autopartage n’est pas, comme j’ai pu l’entendre, un service réservé à ce qu’on appelle les ”bobos’’, cette clientèle est variée, allant des familles nombreuses, des salariés habitant des communes quelque peu éloignées du centre de Lyon et même des jeunes de 24 ans. »

 L’objectif présenté par Louis Pélaez au début du projet était celui d’atteindre les 2000 usagers, à présent le PDG de Lyon Parc Auto indique l’usage de 3000 utilisateurs réguliers des services d’autopartage dans le Grand Lyon et se félicite des commandes qui parfois doivent se faire à l’avance. En 2018, certains mois ont enregistré un usage proche des 4000 utilisateurs.

Même si certains observateurs manifestent leur scepticisme, LPA assure que ces deux services d’autopartage seraient en fin de compte plus économique que l’entretien d’une voiture qui restera la plupart du temps à l’arrêt.

Si l’autopartage à Lyon est en voie de progression, la récente augmentation des taxes sur l’essence pourrait elle aussi attirer encore davantage d’utilisateurs dans les années à venir.