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« L’autre rive » : la société de pompes funèbres qui à Lyon veut renouveler le métier

Les pompes funèbres ne sont pas un marché où l’innovation prédomine, c’est le moins que l’on puisse dire ! Possible néanmoins ? Brigitte Lardy, une ancienne styliste qui a fait une partie de sa carrière au sein de la marque Manoukian en est persuadée, tant en termes d’esthétique que de relations avec les familles en deuil. Elle vient d’ouvrir son magasin de pompes funèbres à la Croix Rousse qui tranche avec ses confrères.

Au pied de l’hôpital de la Croix-Rousse, le début de la Grande Rue aligne, comme à la parade, côte à côté, cinq sociétés de pompes funèbres.

On y trouve bien sûr l’ancêtre, les PFG (Pompes Funèbres Générales), mais aussi une petite dernière : « L’autre rive » née au printemps dernier dont l’enseigne, inspirée d’un tableau du peintre Magritte signale d’emblée la différence.

Sa créatrice, Brigitte Lardy, a un parcours atypique dans ce métier des pompes funèbres. Cette ancienne étudiante de La Martinière de Lyon a travaillé de nombreuses années en France et à l’international comme styliste pour la marque de prêt-à-porter, Manoukian.

Elle a quitté Manoukian, lorsque l’enseigne, en perte de vitesse, a été rachetée par un groupe américain. Elle était alors responsable de la collection hommes.

Pourquoi s’être alors tournée vers les pompes funèbres ? « J’ai eu l’occasion lors d’obsèques de personnes proches de constater que l’on ne retrouvait pas toujours l’esprit du défunt. J’ai fortement ressenti un manque de personnalisation, d’humanité et de modernité, pour tout dire. »

 Et d’ajouter : « C’est un secteur qui n’a pas beaucoup évolué lors des dernières décennies. Je me suis dite que je pouvais peut-être apporter du neuf dans ce secteur, en intégrant à ma démarche les enjeux sociaux, écologiques, esthétiques et psychologiques de ce métier. »

Un métier repensé

 Elle a d’abord envisagé de créer ex-nihilo sa propre société, en développant les concepts qui lui sont chers quand elle a découvert à Paris, une société de pompes funèbres, « L’autre rive » totalement en adéquation avec sa propre vision d’un métier repensé.

C’est le premier établissement en région de cette société créée par Franck Vasseur, qu’elle a ouvert à la Croix Rousse dans le cadre d’une licence de marque, après une formation au sein de cette jeune enseigne.

D’emblée, lorsque l’on ouvre la porte de « l’autre rive », on n’a pas l’impression de rentrer dans un magasin de pompes funèbres. Rien n’y est justement funèbre : les tons sont très clairs, l’ambiance est apaisante, chaleureuse, les objets exposés, telles que les urnes funéraires, ressemblent plus à des œuvres d’art ou issues des mains d’artisans très créatifs.

Une autre façon de concevoir les obsèques (photo “l’autre rive”)

Sa grande expérience du textile a développé chez elle une sensibilité aux matériaux et à tout un aspect esthétique qu’elle a décidé de mettre à profit dans son nouveau métier.

Pas de « raquettes », mais des lianes

Ainsi, en matière de fleurs, elle ne propose par les traditionnelles gerbes ou « raquettes », mais des lianes de fleurs. « Nous proposons des ensembles floraux plus légers, plus fins », décrit Brigitte Lardy.

De même, les urnes funéraires qu’elle propose attirent l’attention par leur originalité : certaines sont recouvertes de laine, d’autres intriguent par leur forme, leur originalité.

Urne miroir (photo l’autre rive)

Pour les monuments funéraires, elle travaille avec un marbrier qui élabore « des tombes simples et sobres ; et pas seulement en marbre : nous en proposons aussi en résine de synthèse ». 

Les relations avec les familles figurent aussi au cœur de sa démarche : « La plupart des familles sont perdues, Elles ont besoin qu’on les guide, qu’on les aide. »

Et d’ajouter : «  ll y a actuellement de la part des familles une demande de revalorisation des obsèques et de personnalisation de la cérémonie ; elles veulent être davantage responsables et impliquées dans la préparation des funérailles. Ainsi, je leur donne un petit livret pour les aider à préparer la cérémonie, ainsi qu’une liste d’associations qui les accompagneront dans leurs démarches pour l’accomplissement du deuil. »

Brigitte Lardy développe sa philosophie: « C’est la richesse et la qualité des rapports humains qui m’intéressent pour les accompagner avec discrétion dans ces moments difficiles, du premier jour, jusqu’aux obsèques. »

« De nouvelles formes de ritualisation  pour faire sens»

Elle ajoute : « Dans notre démarche, nous voulons proposer une personnalisation des obsèques et englobant leur environnement : des urnes, du cercueil, des monuments funéraires, tout ce qui peut contribuer à répondre au choix de la famille et du défunt et permettre l’élaboration de nouvelles formes de ritualisation, afin que les obsèques fassent sens. »

Une démarche assurément ambitieuse. Quel accueil ce nouveau concept reçoit-il ? « J’attire vers « l’autre rive » les gens qui ont la même sensibilité  que moi : les débuts sont très encourageants », assure l’ancienne styliste de Manoukian.