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L’échec de Copenhague, une chance pour Rhône-Alpes…

On a beaucoup glosé sur l’échec de Copenhague, les responsabilités des uns (Onu, Danois) et des autres (Nicolas Sarkozy, les Européens).

Ce qui s’est passé est en fait à l’image du changement d’époque que nous vivons. Le bilan du Sommet climatique signe en effet la défaite des Européens, des scientifiques du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat). Il marque la prise de pouvoir du G2, c’est-à-dire des deux super-puissances qui dominent le monde, les Etats-Unis et la Chine.

On sait que l’accord final a d’abord été négocié par Barack Obama et Wen Jiabao, rejoints ensuite par le Brésilien Lula, l’Indien Singh et le Sud-Africain Zuma. Telle est la nouvelle carte du pouvoir du 21ème siècle, sans les Européens qui, eux, jouaient avec le système onusien qui a fait naufrage. On peut signer un Grenelle de l’Environnement réussi dans une France jacobine, mais on ne peut pas mettre d’accord 183 pays dans un monde multipolaire.

La victoire de Barack Obama et de Wen Jiabao, c’est la remise de l’économie au dessus de l’écologie, ou plus exactement l’émergence de l’idée que la solution ne peut que venir du mariage des deux. La clé d’un accord mondial sur le climat passe par l’abandon de l’esprit de Kyoto, imposé par le malthusianisme européen, au profit d’une autre croissance, assurément, obligatoirement, verte, celle rendue possible par les sciences et les technologies. Et cela ne pourra se faire que par un énorme effort mondial de Recherche&Développement.

Et ça, on peut le faire, on sait déjà le faire. On sait par exemple qu’en France 40 % des gaz à effet de serre sont émis par l’habitat. Un habitat moyen du siècle dernier consomme 160kwh/m2 d’énergie. On sait actuellement construire des maisons ou des appartements qui ne consomment que 15 à 20 kwh/m2, soit huit fois moins. Certains spécialistes affirment même que l’on peut y arriver sans surcoût. Nous avons les technologies, les connaissances. Mais pour mettre tout cela en route, il faudra un immense effort de formation en direction des professionnels et des méga-investissements.

L’avenir de la planète ne passe pas par le rationnement, la décroissance. Les pays émergents n’en veulent pas et on les comprend. A Copenhague, Chinois, Indiens et Américains viennent de dire non à cette vision européenne. Ils ont dit : ils nous faut des solutions alternatives. Et c’est là où l’échec de Copenhague qui répond à cette nouvelle vision peut constituer une chance pour Rhône-Alpes. Cet effort de R&D en matière de technologies vertes est ici palpable. Il existe déjà sur le territoire régional qui accueille trois pôles de compétitivité dédié aux cleantechs -Tenerrdis, Axelera et Lyon Urbain Trucks ans Bus-, l’Institut de l’énergie solaire, des clusters spécialisés.

D’ici quelques semaines, un quatrième pôle « Ecotech » pourrait être annoncé. Du côté de l’habitat durable, les initiatives se multiplient, à l’instar de l’Ecotech Tour que veut mettre en place en 2010 la CCI de Lyon pour montrer aux délégations étrangères les avancées en la matière des entreprises de la région lyonnaise. Ça bouillonne de partout.

La science, les technologies sont à l’origine du dérèglement climatique. A condition d’investir massivement, elles peuvent remettre la planète à l’endroit. Après Copenhague, la voie est désormais tracée. Nous n’avons de toute façon pas le choix. C’est sur ce constat que se termine ce dernier édito de 2009. Rendez-vous au lundi 11 janvier 2010. Et d’ici là, très bonne année !