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L’ambition : investir 150 millions d’euros pour faire évoluer la vallée de la chimie lyonnaise vers la chimie verte. Le projet d’Institut National pour le Développement des Écotechnologies et des Énergies Décarbonées, baptisé INDEED, est sur les rails. Les sept partenaires de ce projet, dont Rhodia, Arkema ou GDF-Suez viennent d’envoyer leur dossier en réponse à l’appel d’offre lancé dans le cadre du Grand Emprunt. Il faudra ensuite attendre juin pour savoir s’il est labellisé. Mais vu la quantité et la qualité des parrains, la réponse a de fortes chances d’être positive. D’autant que Rhône-Alpes est la première région chimique de France.

Décidément, le Grand Emprunt fait éclore bien des projets en Rhône-Alpes. Après l’Institut de Recherche Technologique LyonBio Tech, la dernière réponse en date concerne l’appel à projet d’Institut d’Excellence en Énergies Décarbonées (IEED) lancé par l’État.

Derrière ce nouveau dossier, rebaptisé localement INDEED, en forme de clin d’œil, on trouve sept acteurs industriels et académiques de Rhône-Alpes et non des moindres, dont Rhodia, Arkema, GDF-Suez ou l’Institut Français du Pétrole (*). C’est Sophie Jullian, la directrice scientifique de ce dernier qui est le pilote de ce projet dont la gouvernance aura la forme d’une SAS (Société à Actions Simplifiée). Le budget global a été estimé à près de 150 millions d’euros sur dix ans.

Destiné à être implanté au cœur de la Vallée de la chimie, ce projet d’Institut d’Excellence vise à développer « un pôle d’innovation de niveau mondial sur le thème de l’usine décarbonée du futur ». En clair : un important pôle de chimie verte.

L’objectif des sept promoteurs est pour le moins ambitieux : édifier l’usine du futur, en transformant la Vallée de la chimie « en un pôle d’innovation doté d’un leadership mondial dans le domaine des procédés éco-efficients et éco-conçus. »

Trois types de technologies vertes seront privilégiées : les procédés pour les bioénergies, ceux consommant un minimum de carbone et éco-efficients, ainsi que les technologies de recyclage.

Les programmes de Recherche&Dévelopement s’appuieront sur trois plateformes technologiques d’innovation : « Axel’One » (matériaux innovants et procédés propres), « Gaya » (développement de bioénergies) et « Provademse » (gestion durable des ressources en eau, matières premières et énergies).

Le projet a également pour but de créer un campus d’innovation technologique international. L’ensemble est destiné à être installé sur le site du CNRS de Solaize, le Centre National de la Recherche Scientifique ayant prévu de déménager en 2012.

Sophie Jullian (IFP) qui pilote le projet estime qu’INDEED «  ne pourra qu’avoir des retombées économiques importantes et permettre de réduire l’importation de matières premières et de ressources fossiles. » Mieux encore, précise-t-elle, « implanté au cœur du site emblématique de la vallée de la chimie, il est destiné à devenir la vitrine des écotechs lyonnaises. Lorsqu’on parle de nano-technologies, on pense aussitôt Minatec à Grenoble. Nous voulons créer le même réflexe pour les écotechnologies, avec INDEED à Lyon ! »

Parmi les nouveaux marchés que ce projet doit développer : la production de biogaz à partir de bois, les énergies renouvelables liées à l’utilisation de la biomasse, les matières premières renouvelables via la chimie biosourcée, le recyclage des déchets en matières réutilisables, et enfin, la gestion de l’énergie.

Dans le cadre de cet appel d’offre du Grand Emprunt une vingtaine de dossiers ont été déposés pour une dizaine de sites destinés à être labellisés. Le choix sera opéré par un jury international : le premier oral a lieu le lundi 11 avril à Paris, pour une réponse définitive en juin. Personne au sein d’INDEED n’imagine que ce projet sera retoqué. Il ne reste plus qu’à attendre dans la sérénité le feu (bien évidemment) vert, du ministère…

Photo (DR) : Le projet INDEED est destiné à s’implanter au cœur de la vallée de la chimie lyonnaise. Il vise à devenir la vitrine internationale des écotechs lyonnaises et rhônalpines.

(*) Les acteurs d’INDEED sont : Arkema, GDF SUEZ, PEP-Centre technique de la plasturgie, Rhodia et trois organismes publics de la recherche et de l’enseignement supérieur (CNRS, IFP Energies nouvelles, Université de Lyon). INDEED est d’ores et déjà labellisé par quatre pôles de compétitivité de la région Rhône-Alpes : Axelera, Plastipolis, Tenerrdis et Trimatec.