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La Cité de la Gastronomie du Grand Hôtel-Dieu met la clef sous la porte : un échec sur toute la ligne…

Sous prétexte de Covid-19, la Cité de la Gastronomie qui avait ouvert ses portes il y a moins d’un an au Grand Hôtel-Dieu, à Lyon, annonce sa fermeture définitive.

Que va-t-il désormais se passer ? Le nouveau président de la Métropole annonce une concertation avec les Lyonnais pour relancer une nouvelle “Cité”. Reste à savoir si cette fois les mécènes qui avaient été si difficiles à trouver, suivront…

 

 

 

“ La Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon a subi les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus : devant ces difficultés, face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique, nous avons pris la décision de pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitation”, annonce la Cité dans un communiqué en forme d’épitaphe…

En fait, le coronavirus a bon dos dans cette affaire et ce site qui devait servir de locomotive au Grand Hôtel-Dieu a plutôt fait office de boulet.

En fait, il est apparu très vite que le choix de l’opérateur, l’Espagnol Magma Cultura, n’était pas le bon.

Trop cher, sans attrait…

                                   Trop carton pâte…

La scénographie très basique s’est révélée peu enthousiasmante, malgré le cadre valorisant du Grand Hôtel-Dieu.

Les tarifs sont vite de surcroît apparus prohibitifs vu la petite taille du musée ( 4 000 m2) : 12 euros la visite par personne, avec l’obligation de rajouter 12 euros supplémentaires pour la dégustation indispensable pour conclure la visite d’une telle Cité consacrée à la Gastronomie. Et ce, malgré le fait que le facette culinaire de la “Cité” était pilotée par le chef trois fois étoilé, Régis Marcon.

On comprend donc qu’avant même le Covid-19, la foule ne se pressait pas pour visiter la “Cité”.

Parmi les erreurs à mettre au passif de ce dossier, on peut mettre en avant le fait que la gastronomie locale n’avait pas été consultée dans le processus de création de la “Cité”, les Toques Blanches lyonnaises ayant même pour cette raison, boycotté l’inauguration des lieux.

Que va-t-il désormais se passer ? La Métropole de Lyon qui avait piloté ce projet en partenariat avec la Ville, devra d’abord trouver un nouvel exploitant si elle souhaite relancer la Cité, qui a représenté un investissement de 20 millions d’euros.

“Nous sommes persuadés qu’un bel avenir se dessinera pour les espaces que nous quittons et que de nouvelles belles intentions se profileront pour faire de cette Cité un lieu incontournable du patrimoine gastronomique à Lyon, en France et à travers le monde”, conclut le communiqué de l’équipe partante.

“Se réapproprier ce lieu emblématique du territoire”

« L’avenir du lieu sera étudié en lien étroit avec les parties prenantes du projet dont les mécènes. La réouverture rapide au public du Grand Dôme est par ailleurs en cours d’étude », expliquait aussitôt la Métropole à l’annonce de cette fermeture, tandis que son nouveau président, le Vert Bruno Bernard, parle d’opportunité pour les Lyonnais « de se réapproprier ce lieu emblématique du territoire ».

En espérant que cette fois, les acteurs de la gastronomie locale seront consultés…

Pour Christophe Marguin, le président des Toques Blanches lyonnaises, « il y a eu un manque de concertation totale avec les métiers de bouche. Les politiques ont agi seuls dans leur coin. Ils n’ont pas su écouter ».

Les nouveaux venus à la tête de la Métropole et de la Ville de Lyon vont-il réparer de gâchis qui porte tort à l’image de la gastronomie lyonnaise..?

Des différentes “Cités de la Gastronomie” qui devaient ouvrir leurs portes en France, celle de Lyon a été la première à ouvrir… mais aussi à fermer.

Photo (Dominique Largeron)-Régis Marcon à l’œuvre