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La crise met à mal les finances de la Métropole lyonnaise : le recours annoncé à un endettement accru

Si Laurent Wauquiez estime que la Région, grâce aux économies réalisées au cours de ses cinq premières années de mandat, a les moyens de financer les fortes dépenses dues à la crise du Covid-19, il n’en est pas de même au sein de la Métropole lyonnaise.

La Métropole lyonnaise effectuait lundi 14 décembre son débat d’orientations budgétaires 2021 qui a permis de faire le point sur le coût de la crise, très important. Et son financement qui devra passer par un endettement accru. “Prenez garde à ne pas faire exploser la dette” a lancé Gérard Collomb, l’ancien président de la Métropole.

En effet, comme toutes les collectivités, la Métropole de Lyon doit faire face aux nombreuses conséquences de la crise du Covid-19 et assumer les pertes économiques liées à cette crise.

Il faut bien dire que les dépenses de la collectivité ont explosé de près de 50 millions d’euros entre les budgets 2019 et 2020 avec une hausse des dépenses sociales obligatoires de l’ordre de 33 %.

Les prévisions de dépenses pour le versement du seul RSA ont progressé de plus de 10 %. Ceci pour 2020. La facture de 2021 risque d’être encore plus salée.

Dans le même temps, les recettes, suite à une situation économique vacillante, en bonne logique, piquent du nez !

Ainsi, par exemple, une des importantes ressources de la Métropole, les Droits de Mutation à Titre Onéreux qui représentaient l’année dernière 367 millions d’euros sont revus à la baisse.

Reste que “malgré cette situation budgétaire contraignante, la Métropole de Lyon fait le choix de jouer pleinement son rôle dans la relance de l’économie locale en engageant une politique budgétaire volontariste et en augmentant son budget de fonctionnement bien au-delà des dépenses obligatoires”, a réaffirmé son président, Bruno Bernard.

Un revenu de solidarité pour les jeunes

Cette augmentation miserait principalement sur le développement de politiques sociales ambitieuses avec 10 millions d’euros en faveur de la mise en œuvre d’un revenu de solidarité en direction des jeunes de moins de 25 ans “qui ne bénéficient pas du revenu de solidarité active.”

L’exécutif met également en avant “les efforts qui seront également déployés en matière d’hébergement et d’accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap via la tarification des établissements et services habilités à l’aide sociale. La Métropole abondera aussi les fonds d’urgence liés aux impayés de loyers ainsi que le dispositif « Zéro remise à la rue ».”

Tout ceci mis bout à bout risque de gonfler la facture : “ En 2020, au regard des conséquences de la crise sanitaire et économique, une très forte dégradation de l’autofinancement brut de la collectivité est attendue : il pourrait s’avérer inférieur à 300 millions d’euros”, détaille le projet d’orientation budgétaire. L’autofinancement représente l’argent qu’une collectivité peut dégager par ses ressources propres pour ses investissements.

D’où nécessité, ce que l’exécutif ne cache pas, d’un recours accru aux emprunts.

“ Dans cette perspective, et au-delà des cofinancements que la Métropole de Lyon pourrait

rechercher et mobiliser, les ressources d’emprunt et donc la dette offrent un levier adapté pour amortir sur la durée le choc budgétaire généré par la crise sanitaire et réaliser les investissements dans des biens et services publics permettant de réduire les inégalités et de donner aux habitants de la Métropole les moyens d’une transition écologique exemplaire”, explique l’exécutif.

“Vous avez l’intention de faire exploser la dette de 8 à 10 ans”

Ce dernier d’ajouter : “ De ce point de vue, la Métropole de Lyon dispose de marges de manœuvre significatives, avec un stock de dette qui s’inscrivait en diminution depuis plusieurs années…”

Très bien, merci de le préciser, signifia lors du débat, dans la foulée Gérard Collomb, l’ancien président de la Métropole, désormais dans l’opposition qui tient à mettre en garde le nouvel exécutif : “Vous avez l’intention de faire exploser la dette de 8 à 10 ans. Mais attention ! C’est l’année prochaine que nous allons supporter le coût économique et social de la crise et qui nous dit que les taux d’intérêt seront toujours aussi bas..?”

Et d’exprimer le souhait que “le recours à l’emprunt soit limité dans le temps, qu’il serve à financer des investissements, pas du fonctionnement…”

Et ce, avant d’enjoindre Bruno Bernard “à revoir ses priorités”.

Une certitude, le Covid-19 a fortement réduit les marges de manœuvre de l’actuel exécutif ; au plus mauvais moment, dès le début du mandat…

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