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Le salon Eurobois qui se déroulera du 15 au 18 novembre à Lyon-Eurexpo se sent pousser des ailes. Cet événement international biennal-40 % d’exposants étrangers- ne sera cette année pas accompagné par d’autres salons connexes. Il devrait refléter la bonne santé et surtout l’important potentiel d’un secteur en pleine croissance, vu les ambitions régionales et nationales.

Actuellement 18 % des maisons individuelles d’Auvergne-Rhône-Alpes sont en ossature bois, contre 10 % à l’échelon national. Le phénomène ne pourra que s’accentuer : on sait désormais aussi construire en bois des immeubles de huit à dix étages.

 On ne qualifie pas à tort la forêt qui recouvre 36 % (2,5 millions d’hectares) de la région Auvergne-Rhône-Alpes d’or vert, puisque le potentiel exploité de manière durable, sans restriction de sa superficie, n’est pour l’heure que de 40 % !

 La forêt et toutes les industries du bois font vivre actuellement dans la région en direct 60 000 personnes dispersées dans 18 000 entreprises. La région compte ainsi près de 900 exploitations forestières et scieries, soit le quart du total français.

 Demain, si la forêt était mieux exploitée, cela pourrait être beaucoup plus. Avec cet avantage : ces emplois de proximité ne sont pas délocalisables.

 La majorité de la récolte régionale de bois est utilisée pour le bois d’œuvre ou de construction (72 %) : parquets, charpentes, meubles…), en plein essor donc, vu la mode des maisons en bois.

 Derrière, arrive le bois énergie (16 % : bûches, bois déchiquetés, granulés), lui aussi en croissance vu la multiplication par les collectivités de chaufferies bois.

 Le reliquat est utilisé pour le « bois industrie » (12 % : panneaux, pâte à papier, cagettes).

 On comprend dès lors pourquoi le gouvernement a débloqué plusieurs millions d’euros pour accompagner le développement de la filière.

 Celle-ci a en effet été reconnue « filière d’avenir » dans le Programme de la France industrielle.

 8 millions d’euros par an

 Au niveau régional, forte de sa densité de forêts, la région, actuellement troisième région forestière française, s’est fixé un objectif ambitieux : devenir en 2020 la première région d’exploitation forestière de France. Ainsi 8 millions d’euros par an ont été alloués à la filière bois par la Région pour parvenir à cet objectif.

 Et cela semble bien parti : six des vingt-six candidatures à l’appel à projet national sur les immeubles de grande hauteur en bois, émanent d’Auvergne-Rhône-Alpes.

 Qui plus est, le bois peut prendre une grande place dans le marché de la réhabilitation car diverses techniques permettent l’utilisation du bois, par l’intérieur, l’extérieur ou des surévélations en bois. Il répond parfaitement à la recherche d’une économie bas carbone prônée par le Grenelle de l’Environnement.

 400 000 propriétaires de moins d’un hectare

 Mais pour ce faire, il faudra débloquer le principal verrou : la propriété des forêt régionales est très-trop-morcelée.

 La forêt d’Auvergne-Rhône-Alpes est en effet privée à 80 %.

 Si les 20 % de forêts publiques,en général gérées par l’ONF sont bien exploitées, c’est loin d’être le cas pour le privé : on compte 600 000 propriétaires dont 400 000 possèdent une parcelle… de moins d’un ha. Difficile dans ce cas de rentabiliser une exploitation.

 Des stratégies ont été mises en place pour contourner ce principal goulot d’étranglement de la filière, mais elles sont longues à mettre en place.

 Trois cents exposants

 Toutes ces perspectives expliquent que le salon biennal Eurobois qui se déroulera du 15 au 18 novembre à Lyon-Eurexpo connaîtra cette année une ampleur nouvelle : rassemblant 300 exposants dont 25 % nouveaux et 40 % européens, il s’apprête à drainer selon ses organisateurs près de 20 000 visiteurs professionnels.

 Preuve de ce poids grandissant. Il était auparavant accompagné d’autres salons : il sera seul cette année.

 Organisé alternativement, une année sur deux, avec son homologue allemand plutôt tourné vers l’Europe du Nord et de l’Est, Eurobois entend être le salon de l’Europe du Sud et du Maghreb.

 Pour accompagner cette croissance attendue de la filière, le salon se repositionne cette année. « Nous revenons à notre positionnement historique qui est celui de le rendez-vous des techniques de transformation du bois et du bois matériau, nous, nous voulons devenir le rendez-vous fédérateur de toute une filière », explique Florence Mompo, directrice du salon.

 A noter la création cette année de « Wood Meetings », des rendez-vous destinés à faciliter le business entre les acteurs de la filière bois. Cette croissance annoncée et ces perspectives ne devraient pas les laisser de bois…