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Ruche Industrielle industrie futur

Après sept mois d’activité, la Ruche Industrielle a été officiellement inaugurée ce jeudi 17 octobre sur l’ancien site de l’usine Bosch. Près de 2000 m² dédiés aux industriels qui souhaitent travailler ensemble pour trouver des solutions à leurs problématiques. Bosch, EDF, SNCF ou encore Renault Trucks/Volvo : tous ces grands noms se trouvent à la base du projet. L’objectif sera de faire entrer dans la 4e révolution industrielle le secteur lyonnais. Usine intelligente, interconnexion des machines et ère du numérique en sont les piliers.

La Ruche Industrielle, site pilote de l’industrie du futur

Convivialité, collaboration, pragmatisme, audace et approche durable. Telles sont les valeurs de la Ruche Industrielle pour construire l’industrie du futur.

Jeudi, ses initiateurs, parmi lesquels le président de la Ruche Stanislas Lacroix (Aldes) et Caroline Felix (ex-Bosch), ont présenté au public le concept. Située en plein coeur de l’ancien site de Bosch, la Ruche Industrielle et ses 2000 m² fait office de “lieu totem” pour lancer le futur site USIN, à Lyon Parilly.

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La Ruche Industrielle et ses 2000 m² de surface.

Les petits plats avaient été mis dans les grands pour l’occasion. La centaine de personnes présentes ont pu apprécier la présentation des projets de l’année en cours, le cocktail ou encore les saynètes théâtrales sur scène pour lancer les interlocuteurs.

David Kimelfeld, président de la Métropole, institution fondatrice du projet, avait aussi fait le déplacement pour découvrir ce lieu.

Un endroit où les entreprises pourront échanger autour de leurs problématiques communes pour trouver, ensemble, des solutions afin d’innover.

Neuf membres fondateurs pour un projet en construction

A l’initiative du projet, on retrouve neuf mastodontes du territoire. De grandes entreprises comme Aldes, EDF, Bosch, Fives SNCF, Vicat et Renault Trucks/Volvo. Mais aussi une institution avec le Grand Lyon et une école avec l’INSA.

Cette association d’entreprises loi 1901 compte aussi déjà deux adhérents : MIOS et PTC, deux entreprises expertes en transformation numérique.

De quoi imaginer l’arrivée prochaine de nouveaux membres ? C’est en tout cas la volonté de Caroline Félix, directrice générale de la Ruche Industrielle.

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Caroline Félix, directrice générale de la Ruche Industrielle

“On a des visions, mais on ne fait pas que des plans sur la comète”, explique-t-elle. “Ce qu’on sait, c’est que c’est très important que les nouveaux adhérents qui rentrent partager une volonté de se transformer et une envie de s’épauler”, ajoute-t-elle.

Pour ce faire, comme dans toute association, les aspirants adhérents devront s’acquitter d’un droit d’entrée. “On ne sait pas encore le montant, c’est en construction, mais ça se fera en fonction de la taille de l’entreprise”, confesse Caroline Félix.

En revanche, les membres fondateurs, eux, ont déjà mis la main à la poche. Une adhésion allant de 20 000 à 100 000 €, selon l’importance de l’entreprise, là aussi.

La Ruche Industrielle et ses trois projets en 2019 pour l’industrie du futur

En six mois de fonctionnement, la Ruche Industrielle a déjà eu le temps de faire plancher ses collaborateurs.

Avec un budget de 600 000 €, trois projets ont été notamment initiés. C’est le cas du programme Boost Start. “Chaque industriel arrive avec son propre sujet pour créer une combinaison de points de vue”, développe Corinne Arpin, directrice marketing du groupe Vicat.

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Le programme Boost Start

Des sujets pouvant aussi bien concerner le marketing, l’industrie, la maintenance ou le commercial. “Cela permet à tout le monde d’avoir un prisme différent sur une même problématique”, précise-t-elle.

Autre projet d’intérêt, celui de la supervision connectée. L’objectif : connecter les équipements anciens et récents d’une entreprise entre eux pour mieux anticiper les pannes en production.

Des équipes de 15 à 20 personnes se réunissent dans ce but. “Cela donne une vision à 360° d’une problématique”, s’en félicite de son côté Caroline Félix.

Enfin, la Ruche a aussi présenté un projet de réalité augmentée et d’affiches d’instructions 3D. Une façon pour les entreprises de lutter contre la diversité produit sur la ligne de montage.

Un lieu pour répondre à une demande des industriels

Annoncée lors du salon Global Industries en début d’année, la Ruche Industrielle se veut novatrice. “Nous n’avons pas trouvé d’endroit similaire ailleurs, si ce n’est à Göteborg en Suède”, détaille Caroline Félix.

Un programme pionnier, unique en son genre, donc, et qui devrait en appeler d’autres en France. C’est en tout cas la conviction de la cofondatrice de la Ruche.

“Cela répond à un véritable besoin”, explique-t-elle. “Il y a eu un alignement assez rapide entre les institutions et les entreprises privées. L’initiative est partie du terrain”, ajoute cette ancienne salariée de chez Bosch.

Le programme de réalité augmentée en 3D

Il ne faudra pas être trop pressé pour autant. La Ruche Industrielle se donne trois ans, grâce à ses membres fondateurs, pour se lancer.

“Aujourd’hui il y a des injonctions de tout transformer en deux jours, et à la Ruche on dit que c’est pas possible”, affirme Caroline Félix. “Ce qui est important c’est le cadencement. Savoir se donner du temps en ayant un rythme plus rapide”, conclut-elle.

Outre de nouveaux membres et un budget qui devrait être revu à la hausse, la Ruche Industrielle a déjà défini ses grandes lignes.

Elle compte recruter un chef de projet et articuler sa feuille de route autour de trois axes : la technologie, l’organisationnel et l’humain. Avec l’aide du cabinet Flow et Architecture, la Ruche envisage aussi d’aménager le bâtiment et ses espaces pour favoriser la collaboration.