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L’un des plus discrets des patrons lyonnais, Christian Latouche, Pdg de Fiducial, spécialiste des services aux entreprises vient de rajouter une corde à son arc : la sécurité en reprenant cet été à la barre du Tribunal de Commerce de Paris, la société Neo Security, en graves difficultés. Son ambition, devenir leader du gardiennage France : les synergies avec ses actuelles activités sont évidentes.

Hormis la hausse surprise de la Bourse, l’information économique de cet été a été marquée par l’heureuse conclusion d’un dossier socialement explosif : la reprise de la société Neo Security, l’un des plus grands de la profession du gardiennage en France avec 4 800 salariés susceptibles de se retrouver au chômage.

 Parmi les quelques candidats à la reprise à la barre du Tribunal de Commerce de Paris figurait la société lyonnaise Fiducal dont le Pdg, Christian Latouche expert-comptable et commissaire aux comptes de formation est réputé pour sa grande discrétion et ses très rares interventions publiques.

 Il s’est retrouvé cette fois dans le faisceau des projecteurs puisque sa société a été choisie in fine par les juges consulaires pour reprendre Neo Sécurity.

 Pourquoi ce choix de Fiducial ? Parce que sa proposition était socialement la mieux disante. Christian Latouche s’engageait à reprendre 3 320 salariés dont 124 administratifs. Un chiffre susceptible d’évoluer pendant l’été.

 Cette décision de reprise appuyée par un avis favorable des sept organisations syndicales de l’entreprise, étant effectives dès fin juillet, Fiducal s’engageait auprès du Tribunal, à reprendre contact, pendant le mois d’août, avec chaque client (parmi lesquels Ikea, Disney, Dassault Aviation, l’ambassade des Etats-Unis à Paris ou la Bibliothèque Nationale de France) pour leur proposer une nouvelle tarification qu’ils auraient la possibilité d’accepter ou non. Ainsi, entre 300 et 400 emplois supplémentaires étaient suceptibles d’être repris à l’issue de ce processus.

 Mais pourquoi donc une entreprise comme Fiducial qui pèse 750 millions d’euros de chiffre d’afffaires, à l’origine axée vers l’expertise-comptable en direction des TPE et PME, s’est-elle intéressée à Neo Security ?

 La raison tient au fait qu’elle s’est au fil des ans diversifiée en direction des services aux entreprises, de l’immobilier à la fourniture de systèmes logiciels et matériels informatiques, voire de mobilier ou de fournitures de bureau. Vu sa cible, les entreprises, le développement d’un pôle gardiennage apparaît pertinent.

 Les équipes de Fiducial ont analysé les points faibles de Neo Security. Elles en ont tiré la conclusion que l’un de ses points faibles était constitué par une mauvaise maîtrise dans les affectations de personnel auprès de ses clients.

 Or, il s’agit d’un aspect que connaît particulièrement bien le groupe lyonnais : 2 800 de ses 6 300 collaborateurs français travaillent en missions commandées chez leurs clients.

 Autre élément qui a pesé dans le choix des juges du Tribunal de Commerce de Paris : Fiducial a les moyens d’injecter les 40 millions de liquidités nécessaires pour remettre à flot la société.

 Pourtant si l’on en croit l’un des candidats malheureux à la reprise, Patrick Thélot, Pdg de Phone Régie qui a jeté l’éponge avant même l’audience du Tribunal de Commerce, le redressement de Neo Security ne devrait pas être un chemin de rose. Il avait expliqué alors : « Redresser cette entreprise est mission quasi-impossible : le risque opérationnel est trop grand : image détériorée, marge brute inférieure à celle présentée, climat syndical tendu et sytème informatique obsolète… »

 Pourtant, Christian Latouche entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’il envisage même de procéder à d’autres acquisitions dans le secteur pour devenir un acteur majeur du gardiennage en France, voire même le n°1. Un objectif loin d’être hors de sa portée dans la mesure où avant son dépôt de bilan, Neo Security était le n°2 du gardiennage en France derrière le Suédois Securitas.

 Photo (Neo Security)