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 Un plongeon impressionnant. Le 26 avril, la société lyonnaise Amoeba, spécialiste du traitement de l’eau a révélé que l’Agence européenne des produits chimiques n’approuvait pas son produit, entrainant une très forte chute de l’action.

 Amoeba a développé une amibe non pathogène, la Willaertia magna c2c maky, capable de détruire les bactéries présentes dans l’eau.

Le groupe utilise cette amibe pour traiter l’eau des tours aéroréfrigérantes et supprimer les dangereuses légionelles.

Sa technologie a été testée, avec succès, auprès de plusieurs grands industriels.

Il ne lui manquait plus que l’autorisation de mise sur le marché pour débuter une commercialisation qui s’annonçait enthousiasmante.

Las ! Le 26 avril, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) mettait en cause ce scénario rose.

Le comité des produits biocides de l’ECHA n’a pas en effet approuvé l’utilisation du produit Amoeba.

A cette annonce, le titre de la société lyonnaise plongeait à la Bourse de Paris, amenant en deux jours, une division de sa valeur par plus de quatre. Elle est tombée de 26 euros à moins de 6 euros.

Dans un communiqué paru suite à cette décision europénene, le Pdg de l’entreprise, Fabrice Plasson jugeait cette décision « incompréhensible », mettant notamment en cause l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses) qui, malgré «énormément d’éléments positifs en faveur de notre dossier est restée campée sur sa position».

Et le Pdg d’Amoeba de prévoir «d’ores et déjà la soumission d’une nouvelle demande auprès d’un autre État membre convaincu par notre technologie et qui supporterait l’approbation de la substance active, comme aurait dû le faire l’Anses».

L’évaluation du dossier était en effet conduite par l’Anses pour la France en tant qu’État membre rapporteur.

Contactée par notre confrère « le Revenu », l’Agence a répondu à ces mises en cause.

Elle a indiqué qu’il s’agissait d’un «processus contradictoire impliquant l’ensemble des États membres européens ainsi que le demandeur, qui a eu l’opportunité de répondre aux questions des évaluateurs et apporter un certain nombre d’éléments complémentaires au dossier».

 L’Anses a aussi justifié la décision du comité des produits biocides de l’ECHA. Selon elle, ce comité a conclu «que Willaertia magna c2c maky ne peut être approuvée comme substance active de produits biocides de type 11 (produits de protection des liquides utilisés dans les systèmes de refroidissement et de fabrication)» pour deux raisons. :

-Le comité a estimé que des «risques inacceptables pour la santé humaine ne peuvent être exclus, en lien avec un effet «cheval de Troie» par lequel l’amibe agirait comme un réservoir pour des bactéries pathogènes».

 -Le comité des produits biocides a également jugé que «l’efficacité pour contrôler le développement des légionnelles [était] insuffisamment démontrée».

 On en est donc là. Il va falloir que l’entreprise réagisse vite pour se sortir de cette mauvaise passe.

 La chute du cours est d’autant plus cruelle que l’entreprise était habituée aux podiums des plus fortes croissances boursières ces dernières années.

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