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Le déremboursement de l’homéopathie précipite Boiron dans la crise : annonce de 646 suppressions d’emplois

Une cure de rigueur qui n’a rien d’homéopathique : le Lyonnais Boiron, leader mondial de l’homéopathie va devoir tailler dans ses effectifs pour survivre au déremboursement total de ses granules et de des doses. Tous les sites vont être touchés. Cette réorganisation amenant dans le même temps la création de 134 nouveaux postes, au final, le bilan devrait s’établir à la suppression de près de 500 emplois et la fermeture d’une des quatre unité de fabrication du groupe, près de Tours.

Lorsque Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé avait enclenché le mécanisme de déremboursement de l’homéoptahie, les Laboratoires lyonnais Boiron avaient agité le chiffon rouge, craignant un millier de suppressions d’emplois suite à cette décision.

« Depuis deux ans, les attaques virulentes, injustifiées et réitérées contre l’homéopathie en France, pèsent lourdement sur notre entreprise qui voit son activité et ses résultats économiques reculer fortement », dénonce la direction de Boiron.

Les premiers effets des décisions de la ministre de la Santé se sont rapidement fait sentir : en 2019, le chiffre d’affaires a reculé de 7,8 % à 557 millions d’euros. Le bénéfice net décroche lui aussi de près de 30 %, passant de 57 millions d’euros à 40 millions d’euros.

Une production 100 % française

En France, l’activité a chuté de 12,6 %.

Alors que d’ici moins d’un an, l’homéopathie ne sera plus du tout remboursée, l’offensive allopathique à l’égard de l’homéopathie a désormais un prix : 646 suppressions d’emplois : c’est ce que vient d’annoncer le leader mondial du médicament homéopathique.

Sachant que Boiron produit exclusivement en France, ce ne sont que des sites français qui sont touchés.

Le site de production qui est le plus concerné est celui de Montrichard près de Tours qui emploie 69 salariés : il va être fermé.

Dans le même temps 12 établissements de préparation-distribution sur les 27 que possède Boiron en France fermeront aussi : Avignon, Belfort, Brest, Grenoble, Limoges, Niort, Paris-Bois d’Arcy, Paris-Ivry, Pau, Rouen, Strasbourg et Toulon.

Le groupe annonce enfin « le redimensionnement des équipes de production et de préparation-distribution sur les sites conservés et la réorganisation des équipes commerciales. »

« Amertume »

Ce plan va entraîner la suppression de 646 postes, sur les 2 500 que représente la groupe en France. A noter aussi dans le même temps, la création de 134 postes. Au bilan, donc, la suppression est de près de 500 emplois.

Pour Valérie Lorentz-Poinsot, il n’y avait pas d’autres alternatives.

Pour la directrice générale de Boiron, « C’est avec beaucoup d’amertume que nous devons aujourd’hui présenter ce projet de réorganisation sans précédent chez Boiron. Dans un contexte d’activité en forte baisse en France, nous devons réagir sans attendre et prendre des décisions, certes très difficiles, mais qui seront à même d’assurer la pérennité de notre entreprise. »

Pour autant, la directrice général de Boiron ne baisse pas les bras : «  nous poursuivrons avec détermination toutes les démarches et actions pour obtenir le maintien du remboursement des médicaments homéopathiques ».

Boiron est rhônalpin, tout comme le nouveau ministre de la Santé, l’Isérois Olivier Véran qui a succédé à Agnès Buzyn. Au vu des chiffres qui viennent d’être annoncés, le ministère de la Santé va-t-il tenter d’amortir les conséquences de sa potion amère..?

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