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La région Rhône-Alpes qui a la compétence de l’apprentissage est d’accord avec le gouvernement qui veut développer les formations en alternance. Mais pas à n’importe quel prix. Le ministère avait mis la barre à 60 000 apprentis dans la région d’ici 2015 contre 42 000 actuellement.Souhaitant qu’une croissance trop rapide ne se fasse pas au détriment des principaux concernés, le Conseil régional Rhône-Alpes a réussi à minorer cet objectif à 53 000 en 2015. Ce qui déjà représente tout de même une hausse du nombre d’apprentis de près de 20 % en cinq ans. Pour parvenir à cet objectif, la Région va toucher 40 millions d’euros, avec une obligation de moyens, mais pas de résultats…

Les déclarations de tous les acteurs le prouvent amplement : l’apprentissage a le vent en poupe. Il n’existe peu de sujets aussi consensuels. Le gouvernement, mais tout autant, les syndicats patronaux que de salariés (hormis celui des enseignants, la FSU), tous ont les yeux de Chimène pour l’apprentissage.

Il faut ajouter à cette liste le Conseil régional qui a la compétence sur tous les rouages de l’apprentissage. Cette belle unanimité se retrouvera à la rentrée scolaire lors de la signature d’une charte de l’apprentissage en Rhône-Alpes qui ne devrait rassembler pas moins de vingt signataires, du rectorat, à la CGT, en passant par le Medef, la CGPME ou encore la Chambre d’agriculture. Une première en France.

Cette charte vise à « border le parcours des élèves ». Elle sera présentée lors de la session du Conseil régional qui se déroule vendredi 1er juillet, au sein de son nouveau siège à la Confluence à Lyon.

Cette charte ne sera pas la seule délibération concernant l’apprentissage proposée aux élus régionaux. Les élus devront également voter le « contrat de plan régional de développement des formations professionnelles en Rhône-Alpes ». Un texte signé entre l’Etat et la région qui a donné lieu à un petit bras de fer entre les deux signataires. Désireux de juguler par l’apprentissage le chômage des jeunes, le gouvernement prévoyait au niveau national de passer à 800 000 apprentis, et de 60 000 en Rhône-Alpes, à l’horizon 2015.

Pas question d’aller si vite a rétorqué la Région par la bouche de Philippe Meirieu, vice-président chargé de la formation, « Nous tenons à conserver un bon équilibre entre les formations scolaires et les différentes formations professionnalisantes : il faut que ces trois voies (apprentissage, contrats de professionnalisation et voie scolaire), se déroulent de façon harmonieuse. Nous ne voulons pas mettre en péril le tissu scolaire déjà fragilisé par les suppressions de postes et les baisses de crédits. »

Pour être encore plus clair : « Il ne s’agit pas de siphonner le système scolaire pour faire du chiffre. Nous ne voulons pas que le stage en entreprise devienne un sous-contrat de travail », insiste l’ancien directeur de l’IUFM de Lyon.

La Région a fini par avoir gain de cause : ce contrat de plan des formations fixe en définitive l’objectif rhônalpin à 53 000 apprentis à l’horizon 2015, et non à 60 000, pour 42 000 actuellement (et 32 500 en 2005), soit une progression de 20 %. « Et encore-précise Philippe Meirieu-ce chiffre comprend à la fois les apprentis, les pré-apprentis et les élèves des Ecoles de production ». Ces dernières sont des établissements qui ont l’originalité d’accueillir sous le même toit études et formation professionnelle. Il en existe huit en Rhône-Alpes.

Qui plus est, cet objectif est théorique dans la mesure où l’Etat a accepté de verser pour ce faire 40 millions d’euros à la Région, « avec une obligation de moyens, mais pas de résultats », s’empresse d’ajouter Philippe Meirieu.

Il précise : « Notre souci est avant tout qualitatif : pour nous, l’accompagnement des élèves est primordial. »

Il est vrai aussi que le grand Emprunt devrait aussi jouer un rôle dans cette croissance annoncée puisqu’il devrait financer la création d’internats à destination des apprentis, et ce afin de répondre à un véritable manque.

Philippe Meirieu a également fixé à la région un autre objectif : que le pourcentage d’élèves qui décrochent en cours d’apprentissage (11 % actuellement en Rhône-Alpes, contre 20 % dans l’Hexagone), diminue encore. Dur, mais encore possible !